MONDE/ POLITIQUE/ SOCIAL-ECONOMIE : plus de justice, plus d’égalité, plus de vivres

Publié le 14 mars, 2017 0 Commentaire »
MONDE/ POLITIQUE/ SOCIAL-ECONOMIE : plus de justice, plus d’égalité, plus de vivres

 

0.1 – « AFRIQUE/ INÉGALITÉS ET CHÔMAGE/ Les dirigeants africains toujours indifférents en 2017 ? L’Afrique subsaharienne abritant 40 % de la population pauvre du monde risque de connaître un accroissement de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et des inégalités en 2017 du fait de nouveaux défis non budgétisés…

Mais la réalité est que les violences des inégalités tuent en Afrique. Il va falloir en 2017 réapprendre à vivre ensemble et non pas comme le souhaitent certains dirigeants africains autocrates. Il n’est pas admissible qu’avec les niveaux élevés de croissance économique en Afrique, les inégalités se sont installées durablement. Aussi les Africains devront penser à s’organiser collectivement pour imposer le fait de « rendre des comptes » (accountability). Mais pour positiver, stopper les inégalités, c’est d’abord promouvoir l’employabilité et créer des emplois décents. »

 

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0.2 – « Afrique/ pas de démocratie sans justice fiscale : Dans un rapport intitulé « En Afrique, comme ailleurs, pas de démocratie sans justice fiscale », rendu public ce 12 janvier, le collectif Tournons la page, réuni toute la semaine à Bamako en marge du sommet Afrique-France, pointe du doigt le rôle joué par les multinationales dans le maintien des dictatures au pouvoir. Rien qu’en 2010, elles ont été responsables de 40 milliards de dollars de fuite illicite de capitaux en Afrique. De fait, le continent africain est victime d’un détournement de ses recettes fiscales et seul un pacte fiscal au service de l’intérêt général permettrait d’obtenir une véritable alternance démocratique. Tournons la page prône dès lors un contrôle citoyen des questions fiscales, ainsi que plus de transparence et de régulation. »

 

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1 – La famine menace à nouveau l’Afrique de l’Est

 

Vingt millions de personnes ont besoin d’assistance en raison de la sécheresse mais aussi des guerres. L’ONU lance un cri d’alarme pour éviter « une catastrophe ». Triste constat et sombres souvenirs : la famine est bel et bien de retour en Afrique de l’Est. La sécheresse frappe depuis fin 2016 plusieurs pays de la région (Somalie, Kenya, Ethiopie, Djibouti, Ouganda, Soudan du Sud, et dans une moindre mesure Tanzanie), où 20 millions de personnes auraient aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire d’urgence, selon les chiffres rendus publics par l’ONU.

 

Les plus affectés demeurent la Somalie – 2,9 millions de personnes en état de crise alimentaire – et le Soudan du Sud – 4,9 millions, soit respectivement un quart et la moitié de la population des deux pays. L’état de famine a même été officiellement déclaré par le gouvernement sud-soudanais dans deux comtés de l’Etat de Unity (nord), où 100 000 personnes pourraient mourir de faim si rien n’est fait.

 

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Le « F-Word » a donc été prononcé, et le branle-bas de combat déclaré. Mercredi 22 février, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a tenu une conférence de presse, pointant le risque de famine dans plusieurs pays du monde et soulignant en particulier la gravité des cas somaliens et sud-soudanais. « Nous sommes face à une tragédie ; nous devons éviter qu’elle devienne une catastrophe », a-t-il lancé, rappelant que tout est encore « évitable si la communauté internationale prend des actions décisives ».

 

« Comme des mauvais fantômes, chacun a en mémoire les grandes famines d’Afrique de l’Est, comme dans les années 1980 en Ethiopie, mais surtout celle de 2011 dans la Corne de l’Afrique », note Jordi Raich Curco, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Somalie. La sécheresse avait fait plus de 260 000 victimes en Somalie. « La communauté internationale avait mis un temps invraisemblable à réagir. Quand l’état de famine avait été déclaré, tout le monde était déjà mort. Personne ne veut que ça se reproduise », rappelle M. Raich Curco.

 

Mais la situation en 2017 paraît plus préoccupante qu’en 2011. La sécheresse dépasse de loin les frontières de la Somalie, elle s’abat sur l’ensemble de la région et ce pour la troisième année consécutive, ravageant les cultures, abattant les dernières têtes de bétail et fragilisant terriblement les communautés locales. En plus du réchauffement climatique, qui frappe le continent plus durement que le reste du monde, l’Afrique de l’Est a subi les conséquences des phénomènes météorologiques El Niño et La Niña.

 

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_ « Grand cirque humanitaire »

Face à l’urgence, l’ONU, par son Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a lancé courant février deux appels pour lever des fonds afin de récolter 825 millions de dollars (780 millions d’euros) pour venir en aide aux plus vulnérables en Somalie et 1,6 milliard de dollars pour le Soudan du Sud. « Des montants complètement délirants, s’offusque un agent humanitaire travaillant à Nairobi. C’est le grand cirque humanitaire ! Personne ne se pose la question de l’accès aux populations ou de la logistique. Tout le monde a peur de reproduire les erreurs de 2011. C’est la politique du “zéro regret”. Mais si on s’y prend mal, tout cet argent peut finir dans les poches de responsables corrompus et avoir nombre d’effets pervers. »

 

En attendant, tout le monde se prépare au pire. « Le meilleur des scénarios, c’est qu’il se mette à pleuvoir en avril-mai. Mais les experts sont pessimistes. Cette année, il est possible que la pluie ne vienne qu’en juillet – voire même pas du tout », estime M. Raich Curco. La sécheresse déstabilise déjà profondément les sociétés est-africaines. Cent trente cinq mille personnes auraient déjà quitté leur domicile en Somalie, fuyant vers l’Ethiopie ou venant grossir les morbides camps de déplacés qui ceinturent les grandes villes du pays.

Le prix des denrées explose – de 10 % à 25 % en moyenne au Kenya par rapport à la moyenne des cinq dernières années selon Nairobi ; le gouvernement a placé la moitié du pays en état de « désastre national ». Le manque d’eau potable fait craindre une recrudescence des maladies infectieuses, notamment du choléra dans le nord de la Somalie. Enfin, selon l’Unicef, la sécheresse a entraîné la fermeture temporaire de 578 écoles éthiopiennes et risque de pousser 110 000 Somaliens à quitter le système scolaire.

 

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Dans les pays plus solides, comme le Kenya ou l’Ethiopie, les gouvernants tentent tant bien que mal de faire face, organisant la distribution de nourriture. Mais en Somalie et au Soudan du Sud, Etats faillis sans infrastructures et ravagés par les guerres, la tâche est autrement plus délicate. Côté somalien, où se situe l’épicentre de la sécheresse, le CICR a certes commencé à distribuer de la nourriture à 140 000 personnes et prévoit d’en toucher 100 000 de plus sous peu. Mais le groupe Al-Chabab, allié à Al-Qaida, contrôle encore l’essentiel des campagnes et refuse leur accès à la quasi-totalité des organisations humanitaires.

 

Au Soudan du Sud, la situation semble plus désespérée encore. Malgré la sécheresse qui frappe le Sud-Est, la famine est d’abord d’origine humaine, fruit d’un conflit meurtrier qui ravage le pays depuis quatre ans. Le gouvernement y a certes promis un accès au terrain pour les ONG. « Mais [il] n’est pas le seul acteur de ce conflit, déplore George Fominyen, porte-parole du Programme alimentaire mondial au Soudan du Sud. Une multitude de groupes armés incontrôlables aux alliances mouvantes sont impliqués. Cela nous empêche de nous rendre dans plusieurs régions où nous sommes encore obligés de larguer les vivres par avion. »

 

Le réchauffement climatique implique des investissements de long terme. « La situation actuelle en est le résultat direct. Et à l’avenir, les sécheresses seront plus nombreuses, plus régulières et plus intenses, rappelle Ibrahim Thiaw, directeur adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Cette région a un besoin critique de mécanismes d’alerte et de prévention, d’infrastructures hydrauliques mais aussi de transformation de fond des méthodes agricoles pour s’adapter à un contexte d’aridité permanent, à l’image du Sahara central. » Autant de mutations que ni la Somalie ni le Soudan du Sud n’ont aujourd’hui les moyens d’entreprendre.

 

LE MONDE/ 27.02.2017/ Mis à jour le 27.02.2017/ Par Bruno Meyerfeld (Nairobi, correspondance)

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/02/27/une-famine-tragique-menace-l-afrique-de-l-est_5086026_3244.html

 

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2 – En Ethiopie, la colère des familles qui pleurent leurs proches ensevelis sous une montagne d’ordures

 

A Koshe, dans la banlieue d’Addis-Abeba, un pan entier des trente hectares de la plus grande décharge du pays s’est effondré, tuant au moins 72 personnes. Quand Baye est rentré du travail ce soir-là, il n’avait plus rien. Plus de maison, plus de femme. Un seul de ses trois enfants a réussi à s’enfuir en courant lors du gigantesque éboulement d’ordures qui a eu lieu, samedi 11 mars, dans la plus grande décharge d’Ethiopie, en périphérie de la capitale, Addis-Abeba. Les deux autres ont été tués avec plusieurs dizaines d’habitants.

 

Selon le dernier bilan officiel donné mardi, au moins 72 personnes sont mortes et des dizaines d’autres blessées. « Des habitations ont été ensevelies sous les déchets, les gens étaient chez eux », explique Tsegue, un habitant qui n’a pas souhaité donner son vrai prénom. Un flanc de la montagne de détritus s’est détaché dans la soirée, emportant des dizaines de baraques de fortune faites de bois, de tôle et recouvertes de bâches. La famille de Tsegue, un trentenaire corpulent, est saine et sauve, mais son meilleur ami a perdu deux enfants. Son visage se rembrunit quand il évoque cette dizaine d’élèves de l’école primaire qui révisaient ensemble dans la même maison. Aucun n’a survécu. Ou cette famille de neuf personnes décimée par l’avalanche d’ordures, dont les causes ne sont pas encore déterminées.

 

_ Usine transformation

Non loin de la décharge au-dessus de laquelle tournoient les oiseaux, certains habitants se recueillent sous une tente, et des pleureuses gémissent. « Enat, enat ! », crie une jeune fille, réclamant sa mère en amharique, l’une des langues éthiopiennes. A côté d’elle, des femmes dansent, se cognent la poitrine et brandissent la photo encadrée d’un enfant, d’un parent, d’un ami. Dans le quartier Koshe, les habitants sont tristes, et en colère. « Ce sont des gens qui vivent ici, pas des pierres sur lesquelles on peut jeter ses ordures », crache une mère de famille. « On a demandé au gouvernement d’arrêter de déverser les déchets ici, ils ont arrêté pendant un moment et puis ils ont recommencé », raconte Tsegue, dégoûté.

 

Ce dépotoir complètement saturé d’ordures, vieux de cinquante ans, était censé fermer au profit d’une nouvelle décharge à Sendafa, dans la région Oromia. Mais le projet, soutenu financièrement par l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique), est au point mort : en 2016, alors que des manifestations antigouvernementales secouaient le pays, des contestataires ont bloqué les camions-bennes et protesté contre le projet. C’est donc dans la décharge de Koshe, qui s’étend sur une trentaine d’hectares, que des tonnes et des tonnes de détritus des 4 millions d’habitants de la capitale ont continué d’être déversés. « Ils auraient pu construire un mur de béton pour retenir les ordures », lâche un résident. Mais le chantier entrepris par la municipalité d’Addis-Abeba – et toujours en construction – consistait plutôt à bâtir une usine de transformation des déchets en énergie.

 

_ Trier les dechets pour gagner trois sous

« Nous avons essayé de les faire déménager de nombreuses fois », explique au Monde Afrique Dagmawit Moges, porte-parole de la municipalité. Ce que ces familles extrêmement pauvres n’ont pas fait. « Ils ne voulaient pas car ils considèrent que leur vie est directement liée aux déchets », poursuit-elle. Les travailleurs informels triant les ordures pour gagner trois sous sont nombreux parmi les victimes. « On nous avait dit qu’on nous relogerait, mais rien n’a été fait », lâche un père de famille, ajoutant qu’il ne pouvait se permettre d’habiter ailleurs. Il devra pourtant déménager.

 

Les habitations de la décharge sont désormais vides. La police interdit aux badauds de se rendre sur le lieu de l’éboulement. Pour ne pas perturber le travail de fouille, dit un agent. Les pelleteuses continuent de soulever des tas d’ordures pour tenter de retrouver des corps. Michael, la vingtaine trapue, les cheveux frisés, a donné un coup de main en transportant « beaucoup beaucoup » de corps dimanche, dit-il, et un lundi matin. « Il y a encore beaucoup de gens là-bas », pense une grand-mère à la mâchoire tatouée. Les familles des victimes identifiées, elles, n’ont pas encore récupéré les corps.

 

Tous les résidents qui vivaient sur la décharge devraient être prochainement réinstallés ailleurs. La porte-parole de la municipalité d’Addis-Abeba précise que près de 300 personnes à risque l’ont déjà été dans un refuge du quartier. « Il n’y a plus personne qui vit là-bas maintenant, lâche un adolescent sur un ton ironique en jetant un regard vers le dépotoir. Enfin, sauf ceux qui sont encore enterrés… » Pour beaucoup, les travaux d’excavation ne font que commencer.

 

Par Emeline Wuilbercq (contributrice Le Monde Afrique, Addis-Abeba) / LE MONDE Le 14.03.2017/ Mis à jour le 14.03.2017/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/14/en-ethiopie-la-colere-des-familles-qui-pleurent-leurs-proches-ensevelis-sous-une-montagne-d-ordures_5094062_3212.html

 

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3 – INÉGALITÉS ET CHÔMAGE… : Les dirigeants africains toujours indifférents en 2017 ?

 

L’Afrique subsaharienne abritant 40 % de la population pauvre du monde risque de connaître un accroissement de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et des inégalités en 2017 du fait de nouveaux défis non budgétisés…

L’Afrique subsaharienne abritant 40 % de la population pauvre du monde risque de connaître un accroissement de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté et des inégalités en 2017 du fait de nouveaux défis non budgétisés à savoir : les changements climatiques avec leurs conséquences sur une amplification de la sécheresse, une augmentation des inondations surtout dans les zones côtières, les hausses de température, les irrégularités dans l’arrosage par les pluies en leur temps, et par conséquent une diminution de la productivité liée à une faible capacité de résilience et d’anticipation des dirigeants africains pris collectivement.

 

2017 doit servir à mettre en place, si possible en faisant participer les Africains de la Diaspora, des systèmes d’alerte et d’anticipation pour promouvoir le « vivre ensemble ». Les transferts de risques de l’État vers le secteur privé pour couvrir tous ces risques pourraient aider car l’efficacité de la gestion publique n’est pas optimale, ceci étant un euphémisme. Les accompagnements transitoires et des incitations pour la création de valeur ajoutée devraient permettre une meilleure protection sociale, si ceux-ci sont octroyés sur des bases de transparence et de signature de contrat de performance et d’excellence.

 

Mais la réalité est que les violences des inégalités tuent en Afrique. Il va falloir en 2017 réapprendre à vivre ensemble et non pas comme le souhaitent certains dirigeants africains autocrates. Il n’est pas admissible qu’avec les niveaux élevés de croissance économique en Afrique, les inégalités se sont installées durablement. Aussi les Africains devront penser à s’organiser collectivement pour imposer le fait de « rendre des comptes » (accountability). Mais pour positiver, stopper les inégalités, c’est d’abord promouvoir l’employabilité et créer des emplois décents.

 

  1. LA VIOLENCE DES INÉGALITÉS EN AFRIQUE

L’Afrique prise dans une mondialisation subie ne finit pas de trouver des solutions innovantes pour exister. Mais entre exister en étant extrêmement pauvre et faire partie des nouveaux milliardaires en dollars américains, il y a là une inégalité fondamentale qu’il n’est plus possible d’occulter. Pourtant, au cours des cinq dernières décennies, la gouvernance politique, économique, sociale et culturelle des dirigeants africains, mais aussi des principaux conseillers d’office extérieurs (africains comme non-africains), occidentaux pour l’essentiel, ont dans leur grande majorité considéré les inégalités comme un mal nécessaire, un dysfonctionnement de l’économie du laisser-faire, ou encore une fatalité.

 

Cette inégalité touche plus les femmes et les jeunes. Mais c’est surtout au niveau de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de l’accès aux opportunités de créer des richesses que le fossé se creuse. Toutefois il est vrai que le taux d’activité des hommes et des femmes s’est amélioré ces dernières années en Afrique. Mais pour quel salaire et que de maltraitances sociales et psychologiques, sans compter la pénibilité du travail !

 

Mais comme culturellement les Africains n’arrivent toujours pas à promouvoir leur propre africanité en valorisant une culture afrocentrique positive, le mimétisme culturel (souvent calqué sur l’Occident) dans un cadre de globalisation d’une pensée unique tend à transformer l’Africain en un objet migrant sans identité et principes. Les dégâts de 500 ans et plus d’exploitation et de colonisation ont laissé des traces psychologiques, sociales, économiques et même politiques indélébiles. Alors lorsqu’il s’agira de « parler » d’Afrique en 2017, il faudra systématiquement distinguer entre ceux qui dirigent et les autres.

 

En effet, ils et elles sont nombreux qui, dès qu’ils ont acquis un pouvoir, choisissent, volontairement ou involontairement, d’accentuer les inégalités déjà existantes, quand il ne s’agit pas de les augmenter. Il suffit de rappeler les accaparements dans le foncier, les injustices quant à l’accès à des postes publics ou des emplois dans le secteur privé, les différenciations en matière de santé entre celui qui peut payer et celui qui ne le peut pas, le transport dit commun sans sécurité laissé aux mains de véritables réseaux se souciant que très peu du confort et de la sécurité des passagers, etc. L’autocritique en ce début de 2017 est un passage obligé pour s’apercevoir que le culte de la différenciation du « grand » sur le « petit », de celui (celle) qui a sur celui (celle) qui n’a pas pas, n’est pas toujours au rendez-vous. Le respect des droits humains en Afrique par les  dits « grands 1 » est une illusion.

 

Bien sûr, le tam-tam de la bouche contribue encore à faire croire que les nombreuses atteintes à l’égalité de traitement d’un Africain par un autre Africain ne sont pas légions. C’est se tromper lourdement que de continuer à croire les médias d’État ou leur relais-partenaires de communication et moins d’information. D’ailleurs, Radio-trottoir se contente de ne voir ces atteintes que chez l’étranger. La musique, la danse et les échappatoires religieuses servent de relais en boucle d’absurdité, annihilateurs du goût et de la culture du combat pour les principes de droit et de bon sens. Ce qui ne veut pas dire que les pays occidentaux ou autres qui maintiennent encore certains pays africains, surtout en zone francophone, sous mainmise postcoloniale ou économique ont cessé de le faire. Ils le font discrètement et autrement, souvent par Africains interposés. C’est d’ailleurs cette approche de la servitude volontaire qui contribue à accentuer les inégalités en Afrique.

 

  1. VIVRE ENSEMBLE : OUI, SI « JE » DICTE TOUT !

La servitude volontaire ne se pratique pas uniquement entre blanc et noir, mais entre noir et noir et apparemment entre jaune et noir. Pour les dirigeants africains, c’est une façon bien commode de se soustraire de leurs responsabilités propres et collectives. Bref, les Africains, dirigeants ou pas, devraient s’interroger sur leur conception du vivre-ensemble en 2017 et au-delà, car c’est justement, cette conception inhibée, souvent extravertie, parfois cruelle, qui tend à renforcer les inégalités sous toutes leurs formes. La faillite de la gouvernance nationale qui rappelle les endettements structurels sans désendettement a conduit à un nombre de plus en plus croissant d’exclus, de chômeurs et de sous-employés, ce qui n’a pas manqué de créer de profondes instabilités sociales, avec des radicalités violentes de type Boko Haram.

 

L’État africain et ses dirigeants ne sont pas neutres dans cette histoire. Au lieu de construire une gouvernance du vivre ensemble, ils et elles ont préféré opter pour une gouvernance de la différentiation entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Les risques collectifs comme la prolifération de maladies infectieuses créées en laboratoire comme la maladie de « Marburg 2 » dite « Ébola », les migrations anarchiques sud-nord ou sud-sud, les conséquences des changements climatiques, la dégradation de l’environnement couplée avec l’urbanisation non régulée, la montée des populations vieillissantes 3, les disparités auto-récurrentes dans la distribution des richesses et le terrorisme de l’Islam radical ne sont pas de nature à faciliter les visions stratégiques du vivre-ensemble d’émerger et d’être budgétisées.

 

Avec une baisse des recettes de l’État et une augmentation des dépenses publiques au cours de la dernière décennie en Afrique, la croissance économique constante depuis 9 ans en Afrique et supérieure à l’Union européenne mais doublée par une corruption institutionnelle ne désenfle pas. Le bilan de la gouvernance africaine au cours des 10 dernières années, malgré des progrès ici et là, se ramène au mieux à un status quo. Mais en réalité, c’est bien une augmentation du chômage et des inégalités qui a caractérisé ces dernières années de croissance économique sur le continent. Bien sûr d’un pays à l’autre, les nuances sont perceptibles. Mieux avec les pays qui ont respecté la vérité des urnes et moins avec les pays postcoloniaux qui n’ont pas pu travailler en paix sans ingérence extérieure discrète, mais tout aussi abusive parfois totalement assumée comme une servitude volontaire pour conserver le pouvoir politique à tous prix.

 

Alors, il ne faut pas s’étonner que les inégalités et le chômage, de moins en moins comptabilisés ou souvent largement sous-estimés dans les statistiques officielles nationales et internationales sont en croissance précipitée malgré la croissance économique africaine en mode décroissant pour 2017. L’Afrique subsaharienne n’est pas en position de retrouver la moyenne de 6,6 % de croissance entre 2004-2008. Entre 2014-2017, la moyenne de 3,2 % de croissance économique est pronostiquée, si des catastrophes naturelles, migratoires, environnementales ou sanitaires ne viennent pas modifier à la baisse ce rythme 4.

 

Avec l’autosatisfaction ambiante des dirigeants africains et cette manie des Africains pris collectivement d’être trop souvent « contents » pour ce qu’il convient d’appeler la fatalité du « moins pire », il n’est pas sûr que des changements disruptifs pourraient intervenir au cours de 2017. Car changer la mentalité des Africains pour passer d’un formatage de type rigide vers l’agilité ancestrale d’avant la colonisation n’est pas une tâche facile. L’initiative entrepreneuriale et l’organisation collective sans les turpitudes de la trahison encore trop souvent systématique dans la construction de ce continent demeurent toujours une tâche difficile, mais non impossible.

 

Alors, les dirigeants africains sont-ils toujours indifférents aux inégalités qu’ils ou elles ont contribué à accentuer au cours des années passées ? La réponse est oui pour les années précédentes, ce qui demeure d’ailleurs masqué par les techniques de clientélisme politique, ethnique et autres racolages fondés sur la loi du silence. Cette forme d’omerta empêche de dénoncer les innombrables non-respects des principes du vivre-ensemble, à commencer par ceux occasionnés par les dirigeants africains. Alors, 2017 sera-t-elle une année du changement vers la réduction des inégalités ? Rien n’est moins sûr car les dirigeants africains, pris collectivement demeurent fondamentalement des autocrates. Leur volonté du vivre-ensemble existe, mais est conditionnée par l’acceptation que celui qui dirige fait la pluie et le beau temps.

 

Bref le dirigeant africain n’accepte les démocraties et autres formes du vivre-ensemble que si les termes sont dictés par lui et ses affidés. Les institutions et les Constitutions ne sont là que pour satisfaire les exigences de façade de la « dite » communauté internationale. D’ailleurs, les modifications des textes fondamentaux ou les transitions politiques suite à un refus de quitter le pouvoir sont légions dès lors qu’il y a contestation et moins de trahison de certaines élites africaines adeptes de la ventrologie alimentaire. Aussi, le « vivre ensemble si j’en dicte les termes » s’est transformé en un « vivre avec et sous moi ». Cette dernière définition du vivre ensemble est bien sûr incompatible avec les droits humains, la démocratie et la bonne gouvernance économique. Faut-il rappeler le Burundi, le Congo démocratique, la République du Congo, le Gabon, le Togo  pour ne citer que les plus évidents en espace francophone ?

 

  1. AFRIQUE : CROISSANCE ECONOMIQUE ET INEGALITÉS CROISSANTES

Lorsque sur plusieurs années, les 20 % de la population africaine la plus riche s’arrogent en principe plus de 30 % des revenus alors que les 10 % de la population la plus pauvre ne reçoivent que 2,5 %, il y a lieu de constater que les inégalités aux seins des sociétés et économies africaines sont structurelles.  Selon les écoles de pensée, les inégalités tendent à s’aggraver en Afrique. Le paradoxe tient dans le fait que les décideurs politiques et économiques africains ont trop souvent considéré ce phénomène comme une fatalité.

 

La croissance économique élevée autour de 4,4 % entre 2009-2016 en Afrique ne s’est pas traduite par une transformation structurelle du mode de gouvernance. L’efficacité de la dépense publique n’est pas avérée. Au contraire, ce sont des déficits structurels qui tendent à servir de gages à une forme de servitude volontaire face à la dite « communauté internationale » qui s’en accommode pour mieux accéder aux matières premières africaines. Cette croissance est restée fondamentalement arrimée à l’exploitation des matières premières sans une véritable création de valeur ajoutée par la transformation, l’industrialisation et l’introduction de la digitalisation.

 

De ce fait, il s’avère difficile de trouver une corrélation positive entre la croissance économique enregistrée ces dernières années et l’amélioration de la création d’emplois marchands, ceux qui sont créés par le secteur privé. Rien d’étonnant d’ailleurs lorsqu’il s’agit de constater que les politiques fiscales et les incitations diverses de l’État africain ne favorisent que très rarement la création d’emplois décents. Il n’est pas rare de constater que ces mêmes politiques ont malheureusement contribué non pas à réguler les inégalités, mais à les renforcer sous des formes de plus en plus diversifiées.

 

La prise de conscience ne se fait plus au niveau des décideurs mais dans la rue avec les conséquences sur la radicalisation de la violence, elle-même contenue selon que le régime politique repose sur l’appui occidental extérieur, la force militaire, et le non-respect des Constitutions quand il ne s’agit pas de la contre-vérité des urnes.

C’est donc très rarement que les inégalités résultantes des gouvernances politiques et économiques passées des dirigeants africains sont considérées comme une conséquence directe des mentalités africaines du « vivre ensemble », des politiques économiques et politiques mises en œuvre depuis la fin des dépendances effectives ou encore de la hiérarchisation des rapports salariaux dans le secteur privé, ceux-ci fondés sur une conception pyramidale de l’autorité, du travail et de la performance économique.

 

Sur la base des dernières statistiques disponibles, il est possible de rappeler le niveau de l’indice (ou coefficient) de Gini qui mesure pour une année de référence donnée le niveau des inégalités de revenus et de niveau de vie dans un pays choisis. L’indice de Gini est un nombre variant de 0 à 100, où 0 signifie l’égalité parfaite et 100 signifie une inégalité parfaite. Deux pays sont donnés en référence parce que le niveau d’inégalité est en constante augmentation et estimé par l’indice Gini de la Banque mondiale en 2012 au niveau suivant : la France : 33,1, et la Chine : 42,2. Les pays africains suivants sont donnés en exemple : Burundi (33,4/2006), le Congo démocratique (42,1/2012), la République du Congo (48,1/2011), le Gabon (42.2/2005), le Rwanda (50.4, 2013), le Togo (46/2011 et l’Afrique du sud (63,4/2011).

 

  1. S’ORGANISER COLLECTIVEMENT POUR IMPOSER LE FAIT DE « RENDRE DES COMPTES »

De nombreux dirigeants africains refusent d’accepter la vérité sur les inégalités créées par leurs politiques. Ces dernières se conjuguent souvent avec l’autosatisfaction et le déni des constats indépendants par les Africains eux-mêmes, qu’ils résident en Afrique ou dans la diaspora. De plus historiquement, les modèles économiques importés utilisés pour fonder les politiques économiques africaines ont régulièrement fait l’impasse sur les inégalités. Certaines grandes institutions financières du développement issues de Bretton-Woods ont même considérer que les inégalités sont « consubstantielles » des politiques libérales, néo-libérales voire des dérives de ces politiques qui ont abouti à la crise financière de 2007/8.

 

Aussi, les dirigeants au pouvoir et ceux qui détiennent le savoir économique en Afrique ont failli d’abord pour n’avoir pas fait l’effort de reconsidérer leur modèle de gouvernance économique et politique à partir de l’histoire du « vivre ensemble » héritée de l’histoire précoloniale africaine. À ce titre, la gouvernance économique de l’Égypte ancestrale pourrait servir de point de repère.

 

Cette erreur stratégique a favorisé la valorisation de la concurrence dite « libre et non distordue » qui a conduit en Afrique, comme ailleurs dans le monde grâce au processus de mondialisation de l’économie, à la destruction graduelle, parfois violente et sans pitié, des modèles sociaux et humains des Africains. La prise de conscience, volontairement ou involontairement, n’étant pas toujours au rendez-vous et une forme moderne de la corruption entre élites au pouvoir ont contribué à faire oublier que les inégalités ont été faites par des humains qui ont choisi de donner une priorité au capital sur le travail.

 

La difficulté à générer des valeurs ajoutées et réguler une distribution moins inégalitaire a conduit à une bipolarisation de l’Afrique dans un monde en changement constant du fait des évolutions technologiques et des mentalités des consommateurs :

. il y a d’une part, ceux, souvent détenant un pouvoir économique et/ou politique, qui considèrent  la contrainte du libre-échange comme un système où les rapports de force doivent rester aux mains de ceux qui détiennent le « capital » aux dépens de ceux qui n’ont que leur force de travail à offrir sur un marché de l’offre et de la demande ;

. il y a d’autre part, ceux, ne détenant que la capacité à s’organiser collectivement pour influencer les décisions, qui considèrent qu’ils sont exclus de manière structurelle des opportunités d’accéder à un niveau de vie décent, de préserver leur capital collectif ou encore d’être associés au capital compte tenu des systèmes institutionnels et des rapports de force établis.

 

Les formes de servitude que le capital impose au travail et donc à l’emploi génèrent des inégalités structurelles que les dirigeants africains n’ont pas —pour la plupart d’entre eux— voulu voir. C’est ainsi que la propriété et les configurations institutionnelles choisies par les pays africains et fondées pour l’essentiel sur les « lois fondamentales du capitalisme » sont focalisées sur le taux de profit maximum et rapide si possible sans efforts.

Lorsque la priorité a été donnée à ce taux de profit en période de croissance faible, les inégalités se sont accrues. Lorsque ce taux de profit se conjugue avec une croissance soutenue et élevée, ce sont ceux qui détiennent le capital et ses dérivées qui sont les gagnants dans les échanges. Les inégalités se sont alors décuplées en silence car l’industrialisation intelligente et non polluante n’est toujours pas au rendez-vous malgré les effets de manche à l’Union africaine.

 

Le peuple africain est prié d’accepter le principe de la fatalité, quand il n’y est pas incité avec la prolifération des entités religieuses officielles ou officieuses, voire douteuses, censées détourner l’attention des injustices et inégalités au profit des cultes de neutralisation des actions. C’est le principe de rendre des comptes (accountability) qui demeure le vrai perdant. Autrement dit, il ne fallait surtout pas mettre l’accent sur les rapports sociaux et de production, encore moins sur les modes de production inégalitaires et fondés sur la subordination hiérarchique. Cette conception du vivre ensemble des Africains est un crime contre le peuple africain.

 

  1. POUR STOPPER LES INÉGALITÉS, PROMOUVOIR L’EMPLOYABILITÉ

Une prise de conscience africaine par les Africains sur les inégalités en Afrique ne relève pas de la fatalité. Ce n’est plus une option, mais une obligation pour tracer les voies de l’émergence économique et du bien-être des populations. La croissance économique se doit d’être inclusive. Aussi, il est proposé de se recentrer sur la création d’emplois décents en incitant à plus de productivité et à la valorisation de l’employabilité.

Les Ministères de l’emploi ou du travail en Afrique doivent être convertis en Ministère de l’employabilité avec un soutien pour le renforcement  et l’indépendance des structures organisées de la société civile africaine. Ne pas y associer les Africains de la Diaspora revient à se priver de talents, d’expertise, de financement mais aussi d’esprit d’indépendance.

 

Des indicateurs régionaux d’amélioration des inégalités doivent permettre de mesurer les progressions. Les défiscalisations systématiques au profit des entreprises augmentant leurs contenus technologiques et créant des emplois pérennes devraient permettre de refonder les rapports entre le  capital et le salariat. La préférence ira à la création de valeur ajoutée aux dépens du capital et de la rente non productive. La modernisation de la propriété commune de la terre, du capital et des moyens de productions nécessitera un effort collectif qui permettra de mettre fin à la fatalité des inégalités structurelles. Les institutions de contrôle du pouvoir et les agglomérations d’entreprises sont à promouvoir. Mais encore faut-il avoir le goût de s’organiser collectivement et de travailler sans trahison interne vers les objectifs afrocentriques d’un mieux vivre ensemble.

Toutefois en 2017, les dirigeants africains devraient néanmoins être moins indifférents aux inégalités structurelles qu’ils et elles ont contribué à faire perdurer. Un vœu pieux ? Une voix dans le désert ? YEA.

 

6 janv. 2017/ Par François FABREGAT/ Blog : AfrOuest-Actu François Fabregat

 

Sources : https://blogs.mediapart.fr/francois-fabregat/blog/060117/inegalites-et-chomage-les-dirigeants-africains-toujours-indifferents-en-2017

 

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4 – Présidentielle 2017: plus de liberté pour plus de justice

 

Et si les citoyens avaient aussi leur programme politique à défendre en 2017, le débat politique ne pourrait en être qu’enrichi. La complexité des sujets dans un monde de moins en moins prévisible pourrait rebuter a priori tout exercice prospectif individuel. Au contraire, c’est dans ces périodes où la réflexion participative est la plus précieuse. Voici ce qui nous semble être les enjeux essentiels pour la campagne de 2017.

 

 

_ L’émergence d’un nouveau monde

Notre pays a connu ces trente dernières années une évolution radicale de son environnement technologique, écologique et international. La révolution numérique transforme notre façon de vivre, notre façon de travailler mais aussi l’exercice du pouvoir. Le nouveau monde qui émerge est un monde en réseau où le pouvoir ne s’exerce plus verticalement, à partir d’une hiérarchie, mais horizontalement, au cœur d’un réseau. Cette évolution touche toutes les organisations de la société: Etat, entreprise, associations, famille.

 

La détérioration de notre planète a atteint un niveau sans précédent, qui aura des conséquences dramatiques sur notre humanité si on ne réagit pas maintenant et à grande échelle. Le projet européen, de plus en plus flou pour les citoyens, et les nouveaux risques internationaux, qui menacent directement notre sécurité, sont des enjeux stratégiques qui vont perdurer au cours des prochaines années.

 

A ces défis s’ajoute le défi démographique: la France aura une population de plus de 70 millions d’habitants en 2050, et la part des plus de 60 ans représentera un tiers contre un cinquième de la population au début des années 2000. C’est dès maintenant que nous devons préparer notre société et notre système de protection sociale à cette nouvelle donne. Sur cet aspect aussi, nous n’avons pas anticipé et préparé l’avenir.

 

Face à l’émergence de ce nouveau monde, les pouvoirs publics ne sont pas restés inertes mais force est de constater que les réponses n’ont pas été à la hauteur des enjeux. Le plus souvent conçue en réaction à des crises financières ou sociales, la politique de ces dernières années en France n’a visé qu’à faire survivre des modèles surannés d’organisations économiques et sociales. Nous n’avons pas construit l’avenir mais colmaté le passé. Nous n’avons pas préparé la France aux défis du nouveau monde.

 

_ La France paie au prix fort son impréparation à ce nouveau monde

Nous payons au prix fort l’absence de réformes structurelles ces dernières décennies. La crise de confiance touche toutes les composantes de la société et la rupture entre les gouvernants et les citoyens est à son comble. Malgré ses atouts exceptionnels, La France n’a plus confiance en elle. La crise de notre jeunesse illustre ce malaise profond dans notre société. Dans la génération des 18 à 30 ans, deux millions de personnes ne sont ni en formation, ni à l’école ni au travail. Cette génération est la plus touchée par le chômage et la précarité.

 

Non seulement notre pays ne sait plus garantir un avenir prometteur à sa jeunesse mais il leur laisse un fardeau financier colossal avec plus de 2000 milliards de dettes publiques, dont 150 milliards d’euros de dettes sociales, moralement scandaleuses. La crise de confiance de la jeunesse de France est la marque de fabrique des politiques menées depuis 30 ans.

 

Pour être gagnant et largement partagé par nos concitoyens, un projet global de réforme en France doit s’articuler autour de deux valeurs fondamentales: la liberté et la justice. La liberté est au service de la justice mais il n’y a pas de justice sans liberté. C’est en créant des espaces de libertés plus étendus pour tous les citoyens que nous construirons une France plus juste.

Il faut libérer les énergies créatrices de notre pays. Quelle que soit sa profession -artisan, commerçant, agriculteur, médecin, artiste, entrepreneur, ouvrier- quel que soit son statut -salarié, professionnel libéral, étudiant, retraité, chômeur en recherche d’emplois, mère de famille, membre d’une association-, notre idéal républicain fondé sur cette idée de liberté pour une France plus juste doit retrouver un sens et redevenir réalité.

 

Ce n’est pas la liberté au bénéfice des plus forts mais la liberté au service de tous. Cette autonomie n’est pas un repli sur soi mais « un respect pour l’humanité » comme le disait Rousseau. Alors que la société industrielle avait quelque peu brisé cet élan humaniste et cette école de l’émancipation, la troisième révolution industrielle doit nous permettre de relancer cette vision humaniste et autonome.

Cette France libre et juste est la France d’Alexis de Tocqueville, dont l’idéal démocratique est garant d’égalité et de mobilité sociale; c’est la France de Jules Ferry avec la double quête de l’autorité de l’Etat et de l’autonomie de l’individu; c’est aussi la France de Charles Péguy et de sa cité harmonieuse qui protège l’individu de toute forme d’asservissement du singulier au collectif.

 

 

_ Quatre chantiers prioritaires pour réformer la France

L’Etat français est à repenser dans son organisation et son fonctionnement, à l’intérieur de notre territoire comme à l’étranger. Plus décentralisé, plus agile, plus connecté et plus mobile, l’Etat est à recentrer prioritairement sur ses fonctions régaliennes et ses rôles de stratège et de régulateur pour préserver l’intérêt général. Plutôt que de prôner plus ou moins d’Etat, c’est un Etat restructuré et adapté au nouveau monde qu’il nous faut. La vie politique est à régénérer en rapprochant la sphère politique de la société civile, grâce à des mandats politiques à renouvellement limité et un recrutement élargi des gouvernants au sein de la société civile. La politique ne doit pas être une profession ouverte uniquement à un clan mais une fonction accessible à tous les citoyens capables et désireux de l’exercer.

 

Notre système de protection sociale doit évoluer vers un système universel et individualisé plus juste et plus efficace. Notre Etat providence, créé dans un monde qui n’existe plus, est à adapter au nouveau monde en donnant à chaque citoyen la capacité de gérer ses risques sociaux avec autonomie et en adéquation avec sa situation personnelle. La sécurité sociale restera un pilier solidaire majeur de notre protection sociale et un socle de démocratie sociale dans le nouveau système.

 

La démocratisation des savoirs doit renforcer nos systèmes de santé et d’éducation nationale, dans lesquels la recherche de « plus de liberté pour plus de justice » s’exprime pleinement. La sécurité en matière sociale s’obtiendra si nos systèmes sont capables de donner plus d’autonomie aux citoyens, une liberté de choix renforcée et une gestion plus décentralisée. Il ne s’agit plus seulement de réparer, de gérer les accidents sociaux mais de les prévenir, de les anticiper et ce tout au long de la vie des personnes.

 

Nos sociétés post-industrielles resteront prospères uniquement si nous créons un écosystème propice à l’innovation et si nous valorisons davantage le travail, la culture et le risque entrepreneurial. Nos concitoyens sont parmi les plus créatifs au monde, comme le montrent nos startups innovantes qui vont trop souvent se créer à l’étranger. Nous devons réformer notre marché du travail, pour le rendre plus flexible sans précariser, notre formation professionnelle pour l’intégrer dans le parcours de chacun, notre politique fiscale pour favoriser l’investissement et la création d’emploi.

 

Il faut sortir de 30 ans de traitement social du chômage par une approche globale visant à développer les capacités de chacun en adéquation avec les métiers d’avenir. Nous vaincrons le chômage si nous rendons possible une vraie liberté de choix de son activité professionnelle et non un choix contraint, si nous sortons de cette funeste soi-disant préférence française pour le chômage que pour le travail.

 

Le défi écologique est de plus en plus pressant. Il faut réduire le contenu en carbone de la croissance et se montrer capable de se projeter dans le futur dès maintenant par des investissements ambitieux dans des infrastructures favorables à l’environnement et les énergies renouvelables. Cette transition écologique ne se gagnera qu’à l’échelle internationale mais la France, patrie des droits de l’homme, doit faire partie des leaders en la matière.

Nous ne concevons pas de préserver notre planète avec une approche malthusienne, qui se traduirait par une régression de la qualité de vie et des libertés pour les prochaines générations. On peut faire de l’écologie une opportunité économique grâce aux innovations technologiques et un progrès social grâce à un environnement de vie de meilleure qualité pour tous.

 

Avec un projet centré sur la liberté et la justice, un grand plan Handicap afin de donner une place de premier choix à l’insertion et à l’épanouissement des personnes souffrant de handicap dans notre pays vient naturellement compléter ces quatre chantiers politiques. Alors que près de 2,5 millions de Français sont atteints d’un handicap reconnu administrativement et des millions d’autres sont affectés, notre pays doit faire beaucoup plus pour leur qualité de vie et celle de leur entourage.

A la souffrance des familles dont un des membres est atteint d’un handicap lourd, notre pays n’offre souvent pas de solutions de placements dans un établissement spécialisé et oblige ces familles à aller en trouver une à l’étranger. Cela n’est pas acceptable et doit changer. “Plus de liberté pour plus de justice” est un objectif que nous devons rendre réalité pour l’ensemble de nos concitoyens, sans exception!

 

Frédéric Bizard / Economiste – Enseignant à Sciences Po Paris / 11/03/2016/ Actualisé 26/10/2016

 

http://www.huffingtonpost.fr/frederic-bizard/presidentielle-2017-plus-de-liberte-pour-plus-de-justice/

 

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5 – Le Plan national du développement économique et social du Burkina Faso

 

Ce PNDES est un programme de l’État burkinabè et de ses partenaires sur la période 2016-2020, qui vise à transformer profondément et qualitativement l’économie nationale. Ce qui englobe plusieurs volets de la vie socio-économique : le commerce, l’industrie et l’artisanat ; les mines et l’énergie ; les infrastructures ; la santé ; l’Education nationale et de l’alphabétisation : l’eau et l’assainissement.

L’objectif recherché par les autorités nationales, c’est d’atteindre d’ici 2020 un taux de croissance moyen de 7,7%, ce qui se traduira par la création de 50.000 emplois chaque année, de ramener le taux de pauvreté à 35% contre 41% en 2014. La conférence des partenaires pour le financement du PNDES a eu lieu à Paris les 7 et 8 décembre dernier.

 

Par Sayouba Traoré / Diffusion : samedi 17 décembre 2016

 

http://www.rfi.fr/emission/20161217-le-plan-national-developpement-economique-social-burkina-faso

 

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6 – François Fillon oriente sa « justice sociale » vers les classes moyennes et les familles

 

Lors d’un discours, mardi 7 juin, l’ancien premier ministre a dévoilé des mesures pour redistribuer 10 milliards sur le quinquennat. Le Thatcher de la Sarthe s’est donc décidé à enrober son choc libéral d’une once de douceur. Mardi 7 juin, François Fillon, candidat à la primaire de la droite, au programme le plus austère, a livré sa vision de la « vraie justice sociale » lors d’un meeting à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). « L’assistance est un droit mais l’assistanat est un piège, a lancé l’ancien premier ministre devant 1 500 personnes et des centaines de drapeaux français. Mais ne cherchons pas des boucs émissaires parmi les déshérités de notre société. Ce n’est pas en stigmatisant les pauvres d’entre nous que nous deviendrons plus riches et ça n’est pas en stigmatisant les riches que nous serons moins pauvres. »

 

Après avoir mis l’accent pendant des mois sur le sang, les larmes et les efforts à fournir pour relancer la France, François Fillon a cette fois-ci évoqué les « sans-grade », les « sans carnet d’adresse », les « exclus du système », le « plafond de verre qui fige leur destin »… « Sans la fraternité, et je reprends ici les mots du général de Gaulle – la France s’écarterait “de sa vocation humaine au milieu de l’humanité” », a déclaré le candidat en faisant ressurgir ses jeunes années de gaulliste social, et en citant également Philippe Séguin.

 

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_ Une redistribution ciblée

Fillon le libéral serait-il devenu, le temps d’un meeting, l’apôtre de la solidarité et de la relance ? Malgré la coloration nouvelle de son discours, la redistribution façon Fillon reste très mesurée. Alors qu’il envisage 110 milliards d’économies sur le quinquennat (baisse de 10 % du nombre de fonctionnaires, alignement des régimes de retraites, etc.), l’ancien premier ministre veut « redonner 10 milliards de pouvoir d’achat supplémentaires aux classes moyennes ». Cette somme serait prélevée sur les 50 milliards que veut redistribuer le député de Paris aux entreprises.

Fillon cible cette réorientation vers les classes moyennes supérieures et les familles, deux électorats stratégiques en vue de la primaire de la droite. S’il est élu en 2017, l’ancien premier ministre veut ainsi rétablir l’universalité des allocations familiales et porter le plafond du quotient familial à 3 000 euros.

 

Il reviendrait alors sur deux décisions du quinquennat de François Hollande (la modulation des allocations familiales en fonction des revenus et l’abaissement du plafond de 2 000 euros à 1 500 euros) dénoncées comme un « matraquage » et une atteinte à la politique familiale par les dirigeants de l’opposition depuis 2012. « J’entends répondre à l’angoisse des classes moyennes et faire de la famille l’un des socles de notre solidarité », a-t-il promis. Les deux autres principales annonces de François Fillon sont un renforcement de la participation et de l’intéressement des salariés aux bénéfices des entreprises et la mise en place d’un plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté.

Un plan qui consiste surtout en une meilleure coordination des acteurs de la solidarité. En pleine crise sociale entre l’exécutif et la CGT, l’ancien premier ministre, souvent moqué par Nicolas Sarkozy pour son discours trop rigoriste pour gagner une élection, veut démontrer que son projet ne serait pas qu’une cure d’austérité.

 

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_ Une allocation unique « strictement plafonnée »

Mais ce discours important à moins de six mois de la primaire n’est pas un virage dans la campagne de François Fillon. Avant l’été, il a mis l’accent sur la solidarité, mais sans rien changer à l’esprit et aux grandes lignes de son projet. « La vérité, c’est qu’on ne peut viser le plein-emploi, on ne peut avoir la meilleure santé du monde, l’école gratuite pour tous, une protection sociale pour chacun, sans réformer radicalement notre système et sans se retrousser les manches », a t-il répété, mardi soir, avant d’accuser la CGT d’être « contre la liberté », de tonner contre l’indécence des « idéologues d’extrême gauche qui ont défendu les régimes autoritaires comme Cuba et le Venezuela » et de s’emporter contre « le changement de sociologie dans les quartiers ».

 

En matière de solidarité, il n’a pas non plus caché son intention de réunir toutes les prestations sociales en une allocation unique, « la révolution du bon sens ». « Son montant maximal sera strictement plafonné afin qu’il ne dépasse pas les revenus du travail », a-t-il précisé sous les acclamations de ses partisans.

 

Le Monde.fr avec Reuters/ 07.06.2016/ Mis à jour le 08.06.2016/

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/07/francois-fillon-se-pose-en-defenseur-de-la-vraie-justice-sociale_4941501_823448.html

 

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7 – Afrique : pas de démocratie sans justice fiscale

 

Dans un rapport intitulé « En Afrique, comme ailleurs, pas de démocratie sans justice fiscale », rendu public ce 12 janvier, le collectif Tournons la page, réuni toute la semaine à Bamako en marge du sommet Afrique-France, pointe du doigt le rôle joué par les multinationales dans le maintien des dictatures au pouvoir.

Rien qu’en 2010, elles ont été responsables de 40 milliards de dollars de fuite illicite de capitaux en Afrique. De fait, le continent africain est victime d’un détournement de ses recettes fiscales et seul un pacte fiscal au service de l’intérêt général permettrait d’obtenir une véritable alternance démocratique. Tournons la page prône dès lors un contrôle citoyen des questions fiscales, ainsi que plus de transparence et de régulation.

 

Publié le 06/01/2017

 

http://www.secours-catholique.org/actualites/dictatures-en-afrique-le-lien-etroit-entre-economie-et-politique

 

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