AFRIQUE/ ETAT ET EFFICACITE : ces causes qui vicient l’efficacité de l’Etat et des services publics africains

Publié le 19 mars, 2017 0 Commentaire »
AFRIQUE/ ETAT ET EFFICACITE : ces causes qui vicient l’efficacité de l’Etat et des services publics africains

 

0.1 – « Selon le Rapport, l’évasion fiscale et la fraude coûtent 50 milliards de dollars de pertes par an : Les sommes pouvant servir à améliorer la vie et réduire la pauvreté quittent l’Afrique sous forme de flux financiers illicites qui sont l’argent gagné illégalement, transféré et utilisé. Le 21 mai 2015 verra Thabo Mbeki, Président du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique et ancien Président Sud-africain, présenter le rapport du Panel au Parlement panafricain, à Midrand, en Afrique du Sud. Ces sommes financières, provenant généralement de blanchiment d’argent, abus de pouvoir, abus de réglementation ou de marché avec une proportion considérable émanant de la fraude fiscale, activités commerciales, criminelles  et abus de pouvoir par la corruption. »

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, corruption, 2017"

 

0.2 – « Afrique/ causes de l’inefficacité de l’action publique : quelques-uns des maux qui expliquent en partie la faiblesse de l’Etat africain et l’inefficacité des services publics : budget mal utilisé, détournements et impunité, évasion fiscale, corruption, redondance et superposition de structures inefficaces, multiplication de services aux missions similaires, gouvernance et leadership défaillants, népotisme et tribalisme, vétusté, dissimulation d’informations essentielles et gênantes…)»

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, vols, dissimulation, prisons"

 

—————————-

 

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, development, adb, bad, abidjan"

 

1 – BAD/ Afrique : Performance de la BAD en tant qu’institution de développement

 

Nous nous efforçons en permanence d’améliorer la conception et la supervision de nos projets, de façon qu’ils apportent une contribution optimale à nos objectifs de promotion d’une croissance inclusive et verte en Afrique. Nous tenons à ce que nos projets apportent les meilleurs résultats possibles dans les meilleurs délais possibles. La Partie 2 examine l’efficacité de la Banque comme institution de développement.

Nous nous engageons à persévérer vers l’efficacité institutionnelle et à faire de la Banque une organisation qui répond rapidement aux besoins de ses clients, en insistant sur l’accroissement de ses impacts du développement. La Banque a adopté récemment un nouveau modèle économique de développement et de prestation, pour améliorer ses capacités à amplifier le travail dans les cinq domaines prioritaires de sa Stratégie à dix ans. Cette révision du modèle économique a pour but de nous rapprocher de nos clients, d’augmenter notre rentabilité, d’augmenter nos revenus et d’accélérer l’impact de développement sur le terrain.

 

https://www.afdb.org/fr/topics-and-sectors/topics/quality-assurance-results/development-effectiveness-reviews/development-effectiveness-reviews-2016/annual-development-effectiveness-reviews-2016/

 

Image associée

 

—————————

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, new roads"

 

2 – Afrique/ BAD : Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique

 

Ces dernières décennies, les pays africains ont conçu des politiques ambitieuses visant à stimuler l’éducation, les services de santé, l’accès à l’eau, les opportunités d’emploi ainsi que d’autres facteurs qui améliorent la qualité de vie des populations. Dans ce chapitre, nous montrons que, bien que la plupart des pays aient progressé dans au moins un de ces domaines, les avancées ne sont pas suffisantes. Les taux globaux de pauvreté se maintiennent toujours à environ 43%. Selon certaines estimations, plus de la moitié des jeunes Africains sont au chômage, sous employés ou inactifs.

 

Les résultats dans les domaines de la santé et de l’éducation sont parmi les plus bas du monde et la population du continent n’a pas un accès suffisant à l’assainissement et à l’eau potable. La croissance économique, assez forte, n’a pas été suffisamment rapide ni inclusive pour créer des emplois. Un plus grand nombre d’Africains devraient toucher les bénéfices de la croissance économique dans leur vie quotidienne.

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, new hospitals"

 

Notre Stratégie à dix ans a été conçue pour réaliser la transformation économique de l’Afrique sur la base d’une croissance à la fois inclusive et verte. Dans ce chapitre nous démontrons notre contribution à l’amélioration de l’accès aux services de base qui sont des catalyseurs de productivité et de croissance pour d’autres secteurs d’activités importants. Notre soutien à l’éducation permet aux jeunes Africains de développer les compétences dont ils ont besoin pour trouver des emplois, il jette les bases d’une force de travail productive et crée des opportunités d’emploi.

 

Nous concluons par une évaluation des progrès de l’Afrique et de notre contribution à la promotion de l’égalité des genres, au renforcement de la gouvernance et de la responsabilisation, au renforcement de la résilience dans les situations fragiles et à la réponse au changement climatique.

 

https://www.afdb.org/fr/topics-and-sectors/topics/quality-assurance-results/development-effectiveness-reviews/development-effectiveness-reviews-2016/annual-development-effectiveness-reviews-2016/

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, development, adb, bad, abidjan"

 

———————————

 

 

 

3 – MODALITÉS DE LA PETITE ET DE LA GRANDE « MAUVAISE » GESTION

 

Les Indicateurs de Gouvernance, publiés par la Banque mondiale (Kaufman et alii, 2010) sur la base de six critères (responsabilité citoyenne, stabilité politique, efficacité des pouvoirs publics, qualité de la réglementation, État de droit, maîtrise de la corruption), place la R.D. Congo en dernière position en Afrique (avec le Soudan et la Guinée équatoriale). L’échelle des pratiques prédatrices, de celles qui relèvent du quotidien à celles qui appartiennent à l’économie du conflit, en passant par la soustraction de biens publics, est très large.

 

Tableau 1 – L’échelle de gravité des pratiques prédatrices

loadimg.php

 

 

http://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2010-4-page-129.html

 

——————————————-

 

 

 

4 – Selon le Rapport, l’évasion fiscale et la fraude coûtent 50 milliards de dollars de pertes par an

 

Les sommes pouvant servir à améliorer la vie et réduire la pauvreté quittent l’Afrique sous forme de flux financiers illicites qui sont l’argent gagné illégalement, transféré et utilisé. Le 21 mai 2015 verra Thabo Mbeki, Président du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique et ancien Président Sud-africain, présenter le rapport du Panel au Parlement panafricain, à Midrand, en Afrique du Sud.

 

Considérant la croissance démographique rapide des deux dernières décennies aboutissant à la  population des jeunes la plus importante dans le monde, et qu’en 2010, environ 414 millions de personnes contre 290 millions en 1990, vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour, ces flux financiers illicites sont des pertes colossales et un obstacle pour répondre aux besoins de développement des populations africaines.

 

Ces sommes financières, provenant généralement de blanchiment d’argent, abus de pouvoir, abus de réglementation ou de marché avec une proportion considérable émanant de la fraude fiscale, activités commerciales, criminelles  et abus de pouvoir par la corruption.

 

Les entreprises peuvent cacher la richesse, échapper à l’impôt et droits de douane par des prix de transfert et la mauvaise estimation des coûts commerciaux. La sous-déclaration des bénéfices générés et falsification des coûts de services sont également des pratiques courantes. Les criminels font leur argent en gardant les opérations inconnues des représentants de la loi à travers le trafic de personnes, de drogues et d’armes, la contrebande de pétrole et de minéraux.

 

Les flux financiers illicites connaîtront toujours un succès dans des domaines où la gouvernance et les structures réglementaires sont faibles. L’argent quitte coûte que coût le continent lorsque les États ne possèdent pas les capacités technique et humaine pour faire face aux syndicats du crime bien organisés. La destination la plus probable est un paradis fiscal ou un État ou compétence territoriale disposant du secret financier rendant impossible pour les gouvernements africains d’exiger un retour de ces fonds.

 

Le rapport indique que la Convention de l’UA sur la prévention et la lutte contre la corruption et le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs sont quelques méthodes que les gouvernements africains utilisent pour entraver les flux financiers illicites. Ils essaient également de récupérer les avoirs gelés par des initiatives mondiales pourtant l’accès à l’information par les pays africains est conditionné.

 

Les gouvernements africains sont affaiblis avec des capitaux moindres à leur disposition et sont sous forte pression de  fournir des infrastructures appropriées. Leur contrôle des politiques budgétaires nationales est réduit. Sans l’existence des flux financiers illicites, le capital-actions de l’Afrique aurait augmenté de 60%. Le taux d’investissement intérieur au PIB serait passé de 19% à 30%, créant ainsi plus de croissance et d’emplois.

 

Il faut des marchés financiers transparents, lois commerciales et sur les investissements internationales pour lutter contre les flux financiers illicites. Les États africains peuvent contrôler étroitement les itinéraires de flux financiers illicites; former des experts techniques sur le droit et la fiscalité pour contrôler les activités commerciales, arrêter ou réduire la corruption au sein de leurs propres gouvernements; et collaborer avec des initiatives mondiales comme un moyen de lutter contre les flux financiers illicites. En fin de compte, le rapport affirme que le succès dans la lutte contre les flux financiers illicites est une question politique.

 

Publié par : La Section des communications extérieures et des relations avec les médias 
Commission économique pour l’Afrique / BP 3001 / Addis-Abeba (Éthiopie) / Tél. +251 11 551 5826 
Adresse électronique : ecainfo@uneca.org

 

http://www.uneca.org/fr/stories/selon-le-rapport-l%C3%A9vasion-fiscale-et-la-fraude-co%C3%BBtent-50-milliards-de-dollars-de-pertes-par

 

——————————–

 

 

 

 

5 – Dévoilement de l’étendue de la fraude fiscale en Tunisie

 

Mettre fin aux abus de pouvoir des dirigeants faisait partie des grandes revendications de tous ceux qui ont investi les rues, lors du Printemps arabe. Un nouveau travail de recherche dévoile l’ampleur du phénomène, en réunissant des éléments qui suggèrent que les entreprises détenues par l’ancien président Ben Ali et son clan ont pour la plupart profité pendant son règne d’un système leur évitant d’avoir à acquitter des droits de douane sur les importations. Par la seule grâce de leurs appuis politiques, elles ont pu économiser au bas mot 1,2 milliard de dollars entre 2002 et 2009. Alors que ces pratiques semblent en recul depuis la révolution de Jasmin, il est certain en revanche que la fraude en général a augmenté.

 

_ Comment le savons-nous ?
Le contrôle des déclarations fiscales est un exercice difficile, tout le monde le sait. Mais dans le cas des droits de douane sur les produits importés, les déclarations équivalentes des exportateurs peuvent permettre de déceler une éventuelle fraude, puisque ces derniers ont moins intérêt à mentir sur leurs ventes à l’étranger. Lorsque la déclaration concernant les importations est correcte, elle doit ressembler à celle qu’a effectuée l’exportateur des produits destinés à la Tunisie. Lorsque la déclaration est incorrecte ou que les produits sont franchement dissimulés, alors les « écarts commerciaux » augmentent.

 

Ces écarts sont mesurés par la différence entre les déclarations d’exportation dans les pays qui vendent des biens à la Tunisie et les déclarations relatives aux importations de ces mêmes biens en Tunisie. Plus l’écart est important, plus la quantité d’importations « manquantes » augmente et moins les douanes tunisiennes collectent de droits. Il est en général plus marqué pour les produits soumis à des tarifs élevés et pour lesquels l’évasion est particulièrement rentable. Ce qui permet d’utiliser cette information comme variable de substitution à l’évasion fiscale.

En Tunisie, les écarts observés sont maximaux pour les produits importés par les entreprises du clan Ben Ali et particulièrement profonds lorsque ces produits sont soumis à des tarifs élevés. Ils sont la conséquence d’une sous-déclaration des prix et l’on constate, données à l’appui, que les principaux responsables de ces pratiques sont des entreprises ayant les bons appuis politiques. Ainsi, les entreprises du clan Ben Ali font état de prix considérablement inférieurs à ceux de leurs concurrentes pour les mêmes produits importés depuis les mêmes pays (elles ont donc payé moins de taxes sur les mêmes biens), l’écart s’élargissant à mesure que les droits de douane augmentent.

Autre élément d’analyse, le comportement des entreprises privatisées : celles qui étaient tombées dans le giron du clan Ben Ali se mettaient à déclarer des prix à l’importation nettement plus modestes que celles qui étaient cédées à d’autres entrepreneurs, sans lien privilégié avec le pouvoir, les prix unitaires restant alors pratiquement inchangés.

 

_ En quoi est-ce important ?
L’enjeu, ce n’est pas tant l’inégalité de traitement et les pertes fiscales que l’inefficacité, dans la mesure où le fait de ne pas acquitter de droits de douane confère à ceux qui se comportent ainsi un avantage-coût dont ne peuvent pas se prévaloir ceux qui respectent les règles et qui n’a rien à voir avec la performance.

_ Que s’est-il passé depuis la révolution de Jasmin ?
Si la révolution a induit une diminution de l’évasion et des sous-déclarations des prix unitaires dans les lignes de produits typiques du négoce pratiqué par la famille Ben Ali, elle a en revanche entraîné une hausse générale de l’évasion. Malgré des captations par le clan Ben Ali en perte de vitesse, la corruption s’est intensifiée. Ceci soulève une question importante : la révolution a-t-elle démocratisé la corruption en Tunisie ?

 

SOUMIS PAR BOB RIJKERS LE JEUDI, 25/06/2015/ CO-AUTEUR(S): GAËL RABALLANDLEILA BAGHDADI

 

http://blogs.worldbank.org/arabvoices/fr/did-arab-spring-democratize-corruption-tunisia

 

——————————-

 

 

 

6 – LES CONSÉQUENCES DE L’ÉVASION FISCALE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE

 

Adam Abdou Hassan, Enseignant et chercheur au sein du CREDHO-DIC Rouen (Recherches et études sur les droits de l’Homme-Droit international et comparé), au sein du CUREJ EA 4703 (Centre universitaire rouennais d’études juridiques), et chercheur à Thinking Africa, est intervenu dans l’émission « l’entretien du jour » de la chaîne TéléSud.

Il explique les différences entre l’évasion fiscale et la fraude fiscale, et décrypte les conséquences de l’évasion fiscale sur le développement de l’Afrique, une des problématiques de la conférence de Thinking Africa du 5 février 2016: « L’exploitation des ressources et l’évasion fiscale en Afrique : Quel rôle de l’Etat face aux multinationales ? »

 

By TA/  Posted 1 février 2016 / In Adam Abdou HassanDans les médiasPolitiques, stratégies & diplomaties économiques

 

http://www.thinkingafrica.org/V2/les-consequences-de-levasion-fiscale-sur-le-developpement-de-lafrique/

 

——————————

 

 

 

7 – L’Afrique paie un lourd tribut à l’évasion fiscale

 

Lecture rapide

. L’Afrique perd par an plus de 100 milliards de dollars par évasion fiscale

. Le Nigeria enregistre 30% des flux financiers illicites venant du continent

. Les Etats sont invités à faire payer aux multinationales le juste impôt

 

Oxfam International, une ONG qui lutte contre l’injustice et la pauvreté, vient de jeter un pavé dans la marre en publiant un rapport sur l’évasion fiscale en Afrique à la veille du Forum économique mondial (FEM) sur l’Afrique. Intitulé “L’essor africain, réservé à une minorité”, ce rapport dénonce l’action des multinationales qui, à travers diverses manœuvres, font perdre au continent africain plusieurs dizaines de milliards de dollars par an. Au premier rang de ces manœuvres, Oxfam International cite la manipulation des prix de transfert.
Cette technique “consiste à déclarer un prix inférieur ou supérieur à la valeur réelle de biens et de services transférés entre filiales d’une même entreprise multinationale. Elle a principalement pour but de réduire artificiellement la facture fiscale, en permettant de déclarer des pertes dans les pays à forte imposition et des bénéfices dans ceux à faible imposition”, peut-on lire dans le rapport.

 

“En réduisant de 50% leur “manque à gagner fiscal”, les pays africains pourraient mobiliser 112 milliards de dollars supplémentaires par an d’ici 2020 ; ce qui correspond à 4% du PIB du continent.”// Oxfam International

 

Cette seule approche aurait d’ailleurs permis à l’Afrique de perdre jusqu’à 40 milliards de dollars rien qu’en 2010 ; du moins si l’on en croit une étude publiée en 2011 par le groupe de haut niveau chargé de la question et présidé par l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki.

En considérant que le taux d’imposition des sociétés est de l’ordre de 28% en moyenne sur l’ensemble du continent, Oxfam International en déduit que cette sortie illicite d’argent par manipulation des prix de transfert représente un manque à gagner de l’ordre de 11 milliards de dollars pour le continent. Pourtant, ce n’est pas la seule technique d’évasion fiscale en vigueur ; car, écrit le rapport, “les entreprises peuvent exploiter d’autres failles du système fiscal international leur permettant de faire “disparaître” les bénéfices imposables pour réduire au minimum leurs contributions fiscales.”

 

_ “Paradis fiscaux”

Ainsi, “elles peuvent attribuer artificiellement la possession de biens ou le lieu de transactions à des filiales qui n’existent que sur le papier, dans des juridictions opaques où les taux nominaux d’imposition sont très bas, voire nuls, autrement dit des “paradis fiscaux””. Et dans le même temps, ces mêmes entreprises font pression pour bénéficier d’avantages fiscaux en échange de l’installation ou du maintien de leurs activités dans les pays africains.
Résultat des courses : selon les évaluations de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), “les pays en développement perdent au total 100 milliards de dollars par an du fait d’une autre série de stratagèmes d’optimisation fiscale passant par les paradis fiscaux”.

“Ces 100 milliards ne recouvrent pas tous les procédés d’optimisation fiscale utilisés par les multinationales, ni les 138 milliards de dollars que les pays en développement perdraient chaque année en octroyant à celles-ci de généreux avantages fiscaux”, écrit le rapport. Celui-ci cite pêle-mêle quelques exemples de pays africains victimes de cette fraude fiscale.

 

02/06/15/ Julien Chongwang

 

http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/ethique/actualites/l-afrique-paie-un-lourd-tribut-evasion-fiscale.html

 

——————————-

 

 

 

 

8 – La cybersécurité : un défi stratégique majeur pour l’Afrique

 

Lecture rapide

. Intégrer la cybersécurité dans les politiques et stratégies des Etats africains

. Vulgariser auprès des populations les consignes minimales de sécurité sur les réseaux

. Promouvoir la recherche et l’innovation en matière de sécurité informatique

 

De façon très sommaire et opérationnelle, la cybercriminalité pourrait se définir comme l’ensemble des infractions pénales, susceptibles d’être commises sur ou au moyen d’un système informatique, généralement connecté à un réseau. Si – en raison de son caractère éminemment protéiforme et transversal, de l’ampleur et de la gravité de ses impacts –, elle constitue, aujourd’hui, un phénomène universel indéniable qui engage au plus haut point le devenir de la planète, la cybercriminalité n’en revêt pas moins une résonnance singulièrement préoccupante, s’agissant du continent africain, quand on sait l’énorme fracture numérique qui prévaut dans cette région du monde avec, comme corollaire immédiat, une extrême vulnérabilité aux effets pervers des technologies de l’information et de la communication (TIC).

 

C’est pourquoi il s’avère impérieux qu’une attention toute spéciale soit accordée aux mesures urgentes qu’il convient de mettre en œuvre pour prévenir ou tout au moins réduire, autant que faire se peut, la survenance, dans le monde en général et en Afrique en particulier, des risques systémiques majeurs inhérents à ce que d’aucuns considèrent de plus en plus comme “le deuxième type de fraude économique devant l’espionnage et le blanchiment d’argent.” (1)

 

 

26 milliards de dollars en Côte d’Ivoire

Selon deux études menées par le FBI (Federal Bureau of Investigation) et IBM (International business Machines) en 2006, la cybercriminalité coûterait 67 milliards de dollars par an, rien qu’aux États-Unis (2), cependant qu’une enquête, initiée par Interpol et datant de 2012, fait ressortir que 80 % de la cybercriminalité est liée à des bandes organiséestransfrontalières et représente un coût financier (estimé à 750 milliards d’euros par an, en Europe) plus important que les coûts combinés des trafics de cocaïne, marijuana et héroïne. (3)

 

A titre illustratif, pour les besoins de l’analyse et à en croire une autre étude de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS) réalisée en 2013, la cybercriminalité aurait coûté respectivement 26 milliards de FCFA (soit 39 millions d’euros) à la Côte d’Ivoire, et 15 milliards de FCFA (soit 22,8 millions d’euros) au Sénégal.

 

“Quand on observe la relative facilité avec laquelle des dispositifs de sécurité, longuement éprouvés des pays du Nord ont pu succomber à cette nouvelle forme d’agression on peut, sans peine, s’imaginer le niveau et la complexité des risques encourus par les pays africains rendus plus ultra-vulnérables que jamais, du fait notamment des fractures multiples qui les accablent de toutes parts.”// Roch Nepo

 

Il appert ainsi, à travers d’innombrables travaux (y compris ceux faisant partie intégrante du présent dossier) émanant de divers experts et organismes spécialisés dont la réputation est dûment établie, que tout a été dit et redit sur la typologie étonnamment riche et complexe de la cybercriminalité, mais surtout sur le péril de premier ordre qu’elle représente pour l’économie et la sécurité à l’échelle mondiale. Mieux, plusieurs solutions ont été proposées et même expérimentées, à ce jour.

 

Mon propos, ici, n’est donc pas, l’on s’en doute bien, de réinventer la roue. Je me contenterais simplement de me livrer, notamment à des fins pédagogiques et en guise de rappel, à un essai récapitulatif des approches thérapeutiques qui, à l’épreuve des faits ou avec le recul temporel et la distanciation critique subséquente, me paraissent présenter un degré optimal de pertinence et de faisabilité pratique, toutes choses égales par ailleurs.

 

_ Aller au-delà de la partie visible de l’iceberg

Pour ce faire et dans le souci de mieux appréhender la partie réputée la moins visible et la plus nocive de l’iceberg, un accent particulier sera mis sur les dimensions du mal ayant trait à l’intelligence économique, à la sécurité publique et à la défense nationale, aux stratégies de développement ainsi qu’aux diligences qu’elles appellent de la part des gouvernements africains.

 

Une telle option se justifie essentiellement par le fait que si ses manifestations et  conséquences les plus évidentes et spectaculaires sont, avant tout, d’ordre économique et financier avec pour unique mobile l’arnaque crapuleuse, la cybercriminalité tire ses autres motivations de facteurs touchant principalement :

. soit à l’espionnage à finalité militaire, scientifique, technologique, commerciale ou  économique (on parlera parfois, en l’occurrence, d’intelligence économique, pour user d’un vocable plus technocratique et moins négativement connoté) ;

. soit au terrorisme, en  ce qu’il a de plus vulgaire, ignoble et déshumanisant.

 

En marge des cas classiques d’espionnage militaire et industriel, les rocambolesques et ubuesques épisodes liés aux scandales à répétition des écoutes téléphoniques illégales et parfois croisées de certains dirigeants de grands pays (Angela Merkel, Dilma Rousseff, François Hollande, pour ne citer que les plus emblématiques d’entre eux) par des services secrets étrangers, ainsi que les affaires Wikileaks et assimilées, constituent quelques-unes des illustrations les plus éloquentes de cette variante du phénomène. 

 

A cela, il convient d’ajouter les cas célèbres du Pentagone (département de la Défense des Etats-Unis) qui, selon des statistiques officielles émanant des services américains en charge de la cyber-sécurité, subirait en moyenne six (6) millions de cyberattaques par jour, en provenance de diverses origines, au nombre desquelles figureraient en bonne place les services de renseignements russes et chinois.

S’agissant des cyberattaques initiées par des réseaux terroristes – de plus en plus suréquipés, dotés de régiments entiers de hackers et à l’avant-garde des technologies de pointe –, elles sont également monnaie courante et on peut en citer des exemples à l’envi, quand bien même ceux-ci n’auraient peut-être pas encore atteint un certain seuil d’intolérance, en termes de destruction massive, susceptible de déclencher l’alerte générale.
 

Quand on observe la relative facilité avec laquelle des dispositifs de sécurité, longuement éprouvés des pays du Nord (ayant, qui plus est, statut de grandes puissances dont certaines sont membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU) ont pu succomber à cette nouvelle forme d’agression relevant de la guerre à la fois atypique et asymétrique, on peut, sans peine, s’imaginer le niveau et la complexité des risques encourus par les pays africains rendus plus ultra-vulnérables que jamais, du fait notamment des fractures multiples et conjuguées (numérique, énergétique, technologique, scientifique, cognitive et j’en passe…) qui les accablent de toutes parts.

“Traiter la cybercriminalité comme un défi sécuritaire et stratégique majeur, procède dorénavant, pour les Etats africains, de l’impératif catégorique. L’ignorer ou vouloir s’y soustraire relèverait, bien évidemment, d’une démarche suicidaire”// Roch Nepo

 

Car, infiniment plus insidieuses et plus mortifères que les pertes économiques et financières, ce type de risques s’avère sinon impossible, du moins très difficile à maîtriser, étant donné le caractère foncièrement holistique de ses impacts potentiels sur les processus de développement des pays africains, en leurs aspects réputés les plus stratégiques, voire existentiels, à savoir : stabilité financière, croissance économique et développement durable, sécurité publique et défense nationale, géopolitique et relations internationales…                 

 

 

_ Prévenir à tout prix la menace cybercriminelle

Partant de ce constat peu réjouissant, dans une optique de minimisation des risques systémiques, il pourrait être procédé, au nombre des principales mesures préventives et correctives à retenir :

_ à une caractérisation plus affinée du phénomène, aux fins, non seulement d’en identifier toutes les variantes significatives imaginables, mais aussi de faire la part entre ce qui relève du larcin anecdotique et ce qui est constitutif du crime organisé ou à caractère crapuleux, requérant des moyens logistiques conséquents et une démarche méthodologique plus élaborée ;    

_ à la régionalisation de la lutte contre la cybercriminalité qui passe par une mutualisation systématique des ressources humaines, financières et technologiques devant sous-tendre les divers dispositifs en présence, aux fins d’optimiser les synergies possibles au plan opérationnel ;

_ au développement de programmes plurisectoriels et pluridisciplinaires de renforcement des capacités (y compris le partage de meilleures pratiques) en matière de sécurité informatique, aux échelons national, sous-régional (UEMOA et CEDEAO par exemple) et continental (Union Africaine) ;

_ à l’Intégration systématique de la cybercriminalité dans les politiques et stratégies des Etats africains en matière de sécurité informatique, de sécurité publique et de défense nationale, d’intelligence économique et, de manière générale, de développement tout court ;

_ à la modernisation et à l’harmonisation de l’arsenal juridique (Codes civil, pénal, du travail, Actes uniformes de l’OHADA, etc.) en vigueur dans les différents Etats ;

_ à une vulgarisation systématique, auprès de toutes les couches de la population, des consignes minimales de sécurité, en termes de comportements à observer pour prévenir, signaler à temps et, si possible, réprimer convenablement les cas de cybercriminalité ;

_ à un meilleur encadrement du mobile banking et d’autres pratiques assimilées ou connexes; lesquelles connaissent, de nos jours et dans les pays africains, un développement prodigieux, de nature à faire craindre un risque systémique accru, difficilement gérable à terme ;    

_ à la mise en œuvre d’une politique volontariste de promotion et d’encouragement de la recherche (fondamentale et appliquée) et de l’innovation technologique, dans le domaine de la sécurité informatique et dans les secteurs apparentés. 

Comme en maints autres domaines, il va de soi que la mise en œuvre effective, efficace et efficiente de ce train de mesures minimales demeure fortement tributaire d’une réelle volonté politique et d’une judicieuse mise à contribution, selon une démarche participative orientée résultats et sur la base d’un plaidoyer idoine, de l’ensemble des parties prenantes impliquées : Etats, secteur privé (à travers un partenariat public-privé intelligent), société civile et associations de consommateurs, tous usagers des TIC, partenaires au développement (coopération internationale, Sud-Sud et Nord-Sud, bilatérale et multilatérale).

 

Ce qui suppose, en dernière analyse et au bas mot, que la lutte contre la cybercriminalité :

. soit instamment inscrite au rang des priorités absolues de développement des pays africains ;

. et bénéficie, par conséquent, du suivi le plus rigoureux et d’allocations budgétaires à la mesure du niveau des enjeux en présence.      

 

Au total, pour faire court et simple, traiter la cybercriminalité comme un défi sécuritaire et stratégique majeur, procède dorénavant, pour les Etats africains, de l’impératif catégorique. L’ignorer ou vouloir s’y soustraire relèverait, bien évidemment, d’une démarche suicidaire.

 

Références

(1) L’expression est empruntée à Gianfranco Mautone, responsable du service criminel du cabinet d’audit et de conseil Price waterhouse Coopers (PwC) bureau de Genève, auteur d’une étude sur la cybercriminalité, pour laquelle ont été interrogées 140 entreprises suisses (instituts bancaires et financiers compris), dont 34% sont cotées en bourse.

(2) Yves Drothier, « Le cybercrime à l’origine d’une perte de 67 milliards de dollars aux États-Unis » [archive], sur journaldunet.com, 24 janvier 2006 (consulté le 30 avril 2010)

(3) “La cybercriminalité coûte plus cher que les trafics de cocaïne, héroïne et marijuana” [archive], sur Le Monde.fr, 8 mai 2012.

 

25/06/16/ Roch Nepo

 

http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/tic/opinion/cybersecurite-defi-strategique-afrique.html

 

—————————-

 

 

 

10 – Scandale/ Françafrique : 440 milliard d’euros pillés par la France aux Africains ( ??)

 

Un journal économique allemand accuse la France de piller chaque année 440 milliards d’euros aux africains à travers le Franc CFA. Cet esclavage économique est important pour l’essor de l’économie française. À chaque fois que ce trafic est susceptible de faillir, la France est prête à tout pour le reconquérir. Si un dirigeant de la zone CFA ne répond plus aux exigences de la France, Paris bloque ses réserves de devises et plus encore, la France ferme les banques dans ce pays jugé de «rebelle». C’est fut le cas de la Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo. Franc CFA quand les Allemands s’en mêlent : Un journal économique allemand accuse la France de piller chaque année 440 milliards d’euros aux africains à travers le Franc CFA.

 

« Le gouvernement français recueille auprès de ses anciennes colonies chaque année 440 milliards d’euros de taxes. La France repose sur les recettes venant d’Afrique, pour ne pas sombrer dans l’insignifiance économique, prévient l’ancien président Jacques Chirac. Dans les années 1950 et 60, la France a décidé les colonies françaises d’Afrique à devenir indépendante. Bien que le gouvernement de Paris a accepté les déclarations d’indépendance formelles, elle a appelé les pays africains à signer un soi-disant «pacte pour la poursuite de la colonisation ». Ils y ont convenu d’introduire la monnaie coloniale française FCFA ( «Franc pour les colonies françaises en Afrique »), maintenir les écoles françaises et système militaire, et d’établir le français comme langue officielle.

 

Le Franc CFA est la dénomination de la monnaie commune de 14 pays africains membres de la zone Franc. Cette monnaie qui constitue un frein à l’émergence de ces pays a été créée en 1945, date où la France a ratifié les accords de Bretton Woods et procédé à la mise en oeuvre de sa première déclaration de parité au fonds monétaires international (FMI). Cela s’appelait à l’époque «Franc des Colonies Françaises d’Afrique».

 

En vertu de cette loi, 14 pays africains sont encore obligés de stocker environ 85 pour cent de leurs réserves en devises à la Banque de France à Paris. Ils sont sous le contrôle direct du Trésor français. Les pays concernés n’ont pas accès à cette partie de leurs réserves. Les 15 pour cent des réserves ne suffisant pas à leurs besoins, ils doivent emprunter des fonds supplémentaires du Trésor français au prix du marché. Depuis 1961, Paris contrôle toutes les réserves en devises étrangères du Bénin, du Burkina Faso, la Guinée-Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, Guinée équatoriale et le Gabon.

 

En outre, ces pays doivent chaque année transférer leur «dette coloniale» pour l’infrastructure construite en France à Paris comme la Silicon Afrique 3 a rapporté en détail. La France prend environ 440 milliards d’euros par an. Le gouvernement à Paris dispose également d’un droit de premier refus sur toutes les ressources naturelles nouvellement découvertes dans les pays africains. Enfin, les entreprises françaises doivent avoir la priorité dans l’attribution des contrats dans les ex-colonies. En conséquence, il y a le plus d’actifs dans les domaines de l’approvisionnement, de la finance, le transport, l’énergie et l’agriculture dans les mains des sociétés françaises.

 

L’élite dirigeante dans chaque pays africain doit remplir ces créances obligatoires sans aucun autre choix. Les dirigeants africains qui refusent sont menacés d’assassinat ou de renversement de leur gouvernement. Au cours des 50 dernières années, on a eu 67 coups d’Etats dans 26 pays africains. 16 de ces 26 pays étaient d’anciennes colonies de la France.

 

Un exemple est le premier président du Togo Afrique de l’Ouest, Sylvanus Olympio, renversé par un coup d’Etat. Il avait refusé de signer le «Pacte pour la poursuite de la colonisation ». Mais la France a insisté pour que le Togo paie la compensation pour les infrastructures qui avaient été construites par les Français pendant la période coloniale. La somme équivaut en une année à environ 40 pour cent des ménages du Togo en 1963, obligeant le pays juste indépendant à atteindre rapidement ses limites économiques.

 

En outre, le nouveau président du Togo a décidé de supprimer et d’imprimer sa propre monnaie nationale, la monnaie coloniale française FCFA. Trois jours après cette décision, le nouveau gouvernement a été renversé par un groupe d’anciens légionnaires étrangers et le Président tué. Le chef des Légionnaires, Gnassingbe Eyadema, a reçu 550 euros de l’ambassade française pour l’attaque, selon le Telegraph britannique. Quatre ans plus tard Eyadema a été promu avec le soutien de Paris, nouveau président du Togo. Il a établi une dictature tyrannique dans ce pays d’Afrique occidentale et est resté au pouvoir jusqu’à sa mort en 2005.

 

Dans les années suivantes, le gouvernement de Paris a gardé le lien avec les anciens légionnaires pour renverser des gouvernements impopulaires dans ses ex-colonies. Ce fut le cas du premier président de la République centrafricaine, David Dacko, renversé par les anciens membres de la Légion étrangère en 1966.

La même chose est arrivée au Président du Burkina Faso, Maurice Yaméogo, et avec le président du Bénin, Mathieu Kérékou, auteur d’un putsch. Ce fut aussi le cas du premier président de la République du Mali Modiba Keita, qui a lui aussi été victime d’un coup d’Etat par d’ex-légionnaires en 1968. La raison, quelques années plus tôt, il avait simplement décidé de se séparer de la monnaie coloniale française. »

 

Par Ivoirebusiness/ 8 novembre 2016/

 

https://lesbrindherbes.org/2016/11/08/francafrique-440-milliard-deuros-pilles-france-aux-africains/

 

—————————-

 

 

 

11 – En Afrique, la difficile lutte contre le détournement de l’aide au développement

 

La fraude et la corruption coûtent chaque année 148 milliards de dollars à l’Afrique, selon des estimations de la Banque mondiale. L’affaire a agité le Landerneau politique béninois au printemps 2015, après que les Pays-Bas ont découvert qu’une partie de leur aide publique audéveloppement à destination du Bénin avait été détournée. Une dizaine de hauts fonctionnaires et deux hommes d’affaires sont accusés d’avoir distrait en 2014 plus de 4 millions d’euros au détriment d’un programme d’appui à l’aménagement hydraulique d’un montant global de global de 66 millions d’euros. 

Selon les Pays-Bas, la manœuvre n’a pu se faire qu’avec l’implication sinon l’assentiment du ministre de l’énergie et de l’eau d’alors, Barthélemy Kassa, l’un des piliers du régime de l’ancien président Boni Yayi. Ils exigent que toutes les personnes épinglées soient traduites devant la justice et suspendent leurcoopération avec le Bénin.

 

Ce scandale a été disséqué lors d’un séminaire jeudi 9 juin à Paris sur le thème : améliorer la lutte contre le détournement de l’aide internationale au développement. Le colloque était organisé par les cabinets DLA Piper, Kroll et Crowe, qui ont réalisé l’audit ayant permis de mettre au jour le détournement de l’aide néerlandaise au développement ainsi que le vaste réseau de fraude et de corruption dans l’administration du Bénin. Jos van Aggelem était en poste à Cotonou au moment des faits. Il est à la retraite depuis dix mois.

L’ancien ambassadeur des Pays-Bas a longuement rappelé la genèse de l’affaire ainsi que la bataille menée par son pays pour que la justice béninoise s’empare du dossier. M. Aggelem a également pointé les nombreux obstacles politiques qu’il a fallu lever : Barthélemy Kassa, le principal accusé, était un proche du président béninois.

 

 

_ Pressions des bailleurs de fonds

Sous la pression, il a dû démissionner de son poste de ministre de l’eau mais il a réussi à se faire élire député et son immunité parlementaire n’a jamais puêtre levée. Néanmoins, estime Jos Van Aggelem, « ce scandale a pu être révélé parce que la question de l’aide au développement était devenue une question cruciale aux Pays-Bas ». Une manière d’indiquer que, sur ces questions, les pressions doivent d’abord être exercées par les bailleurs de fonds eux-mêmes. Les Pays-Bas sont l’un des plus gros contributeurs au Bénin. Entre 2003 et 2014, le royaume a débloqué 120 millions d’euros dans des projets d’aménagement hydraulique.

 

Aux bailleurs eux-mêmes donc de « faire la police ». L’idée est soutenue par Olivier Frémond, conseiller à la Banque mondiale où il est responsable du département des partenariats publics-privés, également présent lors desdébats« C’est une responsabilité morale quand on connaît le coût de la corruption en Afrique : environ 148 milliards de dollars par an dont 50 milliards de dollars de flux financiers illicites. C’est beaucoup », indique M. Frémond. L’expert de la Banque mondiale a ensuite esquissé quelquesidées pour renforcer la lutte contre la fraude et les détournements de l’aide: plus de transparence, un renforcement des institutions et une plus grande implication de la société civile.

 

« Il faut une vraie révolution des mentalités mais aussi, pour les bailleurs,repenser les mécanismes d’octroi de l’aide de manière à ce qu’elle soit directement gérée par les cibles elles-mêmes », a tempéré Michel Dognon. M. Dognon est l’ancien auditeur général du Bénin, une instance créée en 2015, après le scandale du détournement de l’aide néerlandaise, pour vérifier,enquêter et auditer la gestion des organisations publiques. L’expert s’est appesanti pendant les débats sur les difficultés qui peuvent survenir pourconcilier la position des Etats et des bailleurs de fonds dans la lutte contre la fraude.

 

 

_ Nécessaire impunité

En l’occurrence, M. Dognon regrette « l’excès de méfiance et de suspicion des Pays-Bas dans la capacité du gouvernement béninois à réaliser un audit après les révélations du détournement de l’aide ». Or, selon l’expert, la volonté politique y était. Puisque « des sanctions ont été prises ». Seulement à moitié, a-t-il oublié de dire. Puisque l’ancien ministre de l’énergie et de l’eau n’a jamais été traduit devant la justice. Et les fonctionnaires incriminés, un temps suspendus, ont réintégré l’administration.

 

Les Pays-Bas eux-mêmes ont partiellement repris leur coopération avec le Bénin, en septembre 2015 après l’avoir interrompue quatre mois plus tôt. Ceci, sur la base du vœu que « les autorités béninoises continuent à suivre l’avancement de la procédure judiciaire à l’encontre des personnes impliquées », comme l’indiquait le communiqué du gouvernement néerlandais annonçant cette décision. Les fraudeurs béninois, eux, courent toujours. L’équipe du nouveau président élu le 6 avril, n’ayant pas encore rouvert le dossier. Impossible de garantir que le scandale de l’année dernière ne se reproduira pas.

 

Par Raoul Mbog/ LE MONDE Le 10.06.2016/ Mis à jour le 10.06.2016/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/10/en-afrique-la-difficile-lutte-contre-le-detournement-de-l-aide-au-developpement_4947709_3212.html

 

—————————

 

 

 

12 – Nigeria : 15 milliards de dollars détournés de la lutte contre Boko Haram

 

Le gouvernement Buhari révise à la hausse ses estimations d’argent détourné dans les contrats de défense. Il ouvre aussi une enquête sur l’ex-ministre du pétrole. Le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, a accusé, mardi 3 mai, le précédent gouvernement d’avoir détourné 15 milliards de dollars (13 milliards d’euros) de fonds publics à travers des contrats d’armement frauduleux. La somme, colossale, représente plus de la moitié des réserves en devisesétrangères du pays. Elle « s’est évaporée (…) à cause de pratiques frauduleuses et corrompues dans (…) des dépenses consacrées à des équipements de sécurité », a précisé le vice-président dans un communiqué.

 

Les détournements liés à ces contrats de défense avaient jusque-là été estimés à 5,5 milliards de dollars par l’administration du président Buhari. Ces déclarations interviennent dans un contexte financier très délicat pour le gouvernement, qui a retardé la présentation d’un budget 2016 à 30,6 milliards de dollars alors que les recettes pétrolières du pays se sont effondrées en raison de la chute des prix du baril.

 

 

_ Des jets et des hélicoptères fantômes

De nombreux membres de l’ancienne administration ont déjà été arrêtés et sont dans l’attente d’être jugés, dont Sambo Dasuki, qui occupait le poste stratégique de conseiller à la sécurité nationale de l’ancien président Goodluck Jonathan. M. Dasuki aurait détourné des fonds destinés aux forces armées pour lutter contre le groupe islamiste Boko Haram, et cela afin de financer la campagne présidentielle du Parti démocratique populaire (PDP), la formationde M. Jonathan. Les contrats « fantômes » concernaient notamment quatre jets et douze hélicoptères.

 

L’ancien chef d’état-major des armées, Alex Badeh, est également poursuivi pour avoir détourné 19,8 millions de dollars destinés à la rémunération de personnels militaires employés à des fins privées. Par ailleurs, un porte-parole de l’agence anti-corruption a annoncé, mardi, à l’AFP qu’une enquête a été ouverte contre l’ex-ministre nigériane du pétrole, Diezani Alison-Madueke. Cette femme de 55 ans est accusée d’avoir versé 115 millions de dollars à des membres de la commission électorale pour influencer le vote de la dernière présidentielle au Nigeria.

 

Mme Alison-Madueke, dont la presse a pointé les millions dépensés pour ses déplacements en jet privé, a été arrêtée à Londres en octobre 2015 alors qu’elle allait y soigner un cancer du sein, dans le cadre d’une enquête britannique sur des soupçons de corruption et de blanchiment à grande échelle. Elle était chargée du secteur pétrolier lorsque la Compagnie nationale de pétrole nigériane (NNPC) a été accusée en 2014 par le gouverneur de la Banque centrale de l’époque, Sanusi Lamido Sanusi, de ne pas avoir reversé 20 milliards de dollars de revenus pétroliers à la Banque centrale. Cette révélation avait coûté son poste à M. Sanusi, qui est aujourd’hui émir de Kano, la métropole marchande du nord du Nigeria.

 

L’actuel président Muhammadu Buhari, 73 ans, un ancien dirigeant militaire connu pour sa poigne de fer, a pris ses fonctions en mai 2015. Il a promis demener une lutte acharnée contre la corruption endémique qui gangrène la première puissance économique d’Afrique, et de retrouver les sommes« astronomiques » dérobées par la classe dirigeante depuis des décennies.

 

Le Monde Afrique/ Par Le Monde Afrique/ Le Monde.fr avec AFP / Le 04.05.2016/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/04/nigeria-15-milliards-de-dollars-detournes-de-la-lutte-contre-boko-haram_4913613_3212.html

 

—————————-

 

 

 

13 – Le vice-président de Guinée équatoriale jugé à Paris pour détournement de fonds publics et corruption

 

Téodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, n’assistera probablement pas à son procès, qui s’ouvre lundi à Paris, pour blanchiment d’abus de biens sociaux, blanchiment de détournement de fonds publics, blanchiment d’abus de confiance et corruption. Le premier procès des “biens mal acquis” s’ouvre lundi 2 janvier à Paris. Le fils du président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, également vice-président du pays, est poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, blanchiment de détournement de fonds publics, blanchiment d’abus de confiance et de corruption. Des associations de lutte contre la corruption sont à l’origine de ce procès.

 

 

_ La défense demande un report du procès

Le patrimoine de Teodorin Obiang en France a de quoi donner le vertige. Entre 1997 et 2011, l’homme, âgé de 47 ans, a investi plusieurs dizaines de millions d’euros. Son hôtel particulier à Paris compte 100 pièces réparties sur cinq niveaux. À l’intérieur, ascenseur, hammam, discothèque et robinets recouverts de feuilles d’or embellissent le logement situé avenue Foch dans le 16e arrondissement. Saisi par la justice, l’ensemble est estimé à plus de 150 millions d’euros. Sans oublier les 18 voitures de luxe, elles aussi saisies.

 

Ces achats somputaires seraient financés, selon les juges, par des détournements de fonds publics et des opérations de corruption en Guinée équatoriale. Dans ce petit pays pétrolier d’Afrique centrale, plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. “Il n’y a aucune difficulté pour justifier des fonds qu’il a utilisés“, explique l’avocat de Teodorin Obiang, Me Emmanuel Marsigny. Il a gagné de l’argent, parfaitement légalement, en Guinée équatoriale. Il a un certain nombre de sociétés qui travaillent dans le secteur privé, parfois avec l’État. Tout est parfaitement conforme.”// Cela m’est égal que Teodorin Obiang soit là au procès ou pas/ Me Bourdon, avocat de l’ONG Transparency à franceinfo

 

La défense va demander un report du procès, auquel Teodorin Obiang n’a pas l’intention de se présenter. L’absence à la barre du vice-président de Guinée équatoriale n’est pas la principale préoccupation de William Bourdon, avocat de l’ONG Transparency : l’important est que “ce procès ait lieu, compte tenu de sa dimension historique et symbolique extrêmement forte”, explique-t-il. Les enquêtes sont toujours en cours sur les patrimoines français des familles Bongo (Gabon) et Sassou-Nguesso (République démocratique du Congo).

 

franceinfoCorinne AudouinDelphine GotchauxRadio France/ Mis à jour le 02/01/2017/ publié le 02/01/2017/

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/le-vice-president-de-guinee-equatoriale-juge-a-paris-pour-detournement-de-fonds-publics-et-corruption_1996333.html

 

—————————

 

 

 

14 – Le Rwanda traque la corruption et les détournements de fonds publics

 

Au Rwanda, le ministère de la Justice a publié une liste de près de 300 agents de l’Etat condamnés pour détournement de fonds ou mauvaise gestion et à qui il va être réclamé un remboursement. Le Rwanda a subi de plein fouet la suspension des aides internationales et est en recherche constante d’argent pour se financer.

 

Le Rwanda n’est pas un pays riche, il « ne peut pas se permettre d’être corrompu », c’est en ces termes que le président rwandais Paul Kagame s’est adressé au Parlement la semaine dernière, appelant à ce que les fraudeurs soient obligés de rembourser les deniers de l’Etat. A la suite de ces déclarations, cette semaine, le ministère de la Justice a publié une liste de près de 300 fonctionnaires condamnés au pénal depuis 2012 pour détournement de fonds ou mauvaise gestion et auxquels l’Etat réclame désormais un remboursement. Certains ont déjà été condamnés au civil, d’autres pas encore.

 

Pour Pierre Celestin Bumbakare, à la tête du service juridique du ministère de la Justice, la publication de cette liste devrait notamment permettre à l’Etat d’être remboursé tout en évitant de coûteuses actions en justice : « On voulait inciter ces personnes à venir elles-mêmes payer l’argent qu’elles doivent à l’Etat sans toutefois attendre que l’on puisse engager certaines actions en justice. Deuxième raison, il y a parfois des personnes que l’on ne peut pas trouver facilement alors nous publions ces listes pour que ces personnes ou les gens qui les connaissent puissent nous dire où elles se trouvent. »

 

Pour chaque affaire, les sommes dues vont de quelques euros à quelques dizaines de milliers d’euros pour un total d’environ 900 000 euros. La semaine dernière déjà, la police avait annoncé l’arrestation de l’ancienne directrice générale de la Caisse sociale pour mauvaise gestion. Une décision qui avait surpris au pays des Mille collines et qui avait été dénoncée par des détracteurs du gouvernement.

 

Par RFI / Publié le 17-09-2014/ Modifié le 17-09-2014/

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140917-le-rwanda-traque-corruption-detournements-fonds-public

 

—————————

 

Résultat de recherche d'images pour "mali, vols, dissimulation, prisons, mali, prison"

 

15 – Corruption au Mali: 153 milliards de FCFA détournés en deux ans

 

Au Mali, le vérificateur général a rendu son rapport sur la corruption en 2013 et 2014. Après avoir été remis en mains propres au président de la République, il est disponible et consultable depuis ce mercredi et son constat est sans appel : plus de 150 milliards de francs CFA ont été détournés en deux ans. Dans son rapport, le vérificateur général est très précis. En deux ans, 153 milliards de francs CFA (près de 234 millions d’euros) ont manqué dans les caisses de l’Etat malien à cause de la corruption et de la mauvaise gestion. Par exemple, afin de détourner des centaines de millions de francs CFA, des travailleurs ont fabriqué des faux documents pour justifier des dépenses.

 

Résultat de recherche d'images pour "mali, vols, mali, prison"

 

Le monsieur anti-corruption au Mali et son équipe ont découvert également de nouvelles formes de fraudes. Plusieurs services de l’Etat sont concernés. Leur astuce ? Commander par exemple officiellement, sur papier, une machine dernier cri, et à l’arrivée, avec le fournisseur, s’arranger pour réceptionner une machine d’occasion. Cela permet de détourner la différence. Autre procédé pour s’enrichir, plus simple celui-ci : le non reversement au Trésor public des ressources collectées.

 

Le rapport donne beaucoup d’autres exemples et l’on se rend compte que les délinquants à col blanc sont plus nombreux que jamais au sein de l’administration malienne. Reste maintenant à savoir quel sort sera réservé aux différents rapports du vérificateur général. Certains pensent au Mali que la justice travaille trop lentement et que tous les coupables ne seront pas poursuivis.

 

Par RFI / Publié le 07-05-2015 / Modifié le 07-05-2015/

 

http://www.rfi.fr/afrique/20150507-corruption-mali-150-milliards-fcfa-detournes-deux-ans

 

Résultat de recherche d'images pour "mali, vols, mali, prison"

 

—————————

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, vols, dissimulation, prisons"

 

 

 

Avis des internautes

Autres articles à lire aussi