AFRIQUE/ ETAT ET PAUVRETE/ CORRUPTION : vaincre la corruption est possible en Afrique

Publié le 29 décembre, 2016 0 Commentaire »
AFRIQUE/ ETAT ET PAUVRETE/ CORRUPTION : vaincre la corruption est possible en Afrique

 

0.1 – « Rétrospective/ Le FMI se soucie-t-il vraiment des pauvres d’Afrique ?

Dans beaucoup de pays ayant connu des politiques d’ajustement (ou d’ajustement renforcé) soutenues par le FMI, le contrôle des prix a largement faibli, la stabilisation a bien eu lieu, les protections tarifaires et non tarifaires ont fortement baissé, le secteur public a été réduit (emplois, salaires, privatisation…), les taux de change n’ont plus autant été surévalués, les taux parallèles ont été éliminés, les marchés des capitaux largement libéralisés, les marchés du travail flexibilisés. L’économie de marché a gagné du terrain, mais sans apporter de résultats probants quant au niveau de vie des plus démunis. L’ajustement a été réalisé, mais les pauvres sont restés pauvres. Et les pays pauvres n’ont pas décollé. »

 

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0.2 – «  Corruption en Afrique en 2016/ Une tendance toujours inquiétante : Selon le rapport 2016 de l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique sur la corruption, la tendance est inquiétante sur le continent noir. Des Chefs d’Etat jusqu’aux membres de gouvernements africains, l’on retrouve toutes formes de corruption, de détournement, de blanchiment d’argent. La corruption au sein du gouvernement, et des fonctionnaires publics, a atteint un niveau élevé dans plusieurs pays africains en 2015 tels que l’Angola, le Burundi, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, la Guinée-Bissau, le Malawi, la Somalie, le Sud Soudan, le Soudan, le Zimbabwe, détaille l’indice Mo Ibrahim. Plusieurs chefs d’Etat africains, après leur mandat présidentiel, sont accusés de corruption, et de détournement de fonds.

Exemples, au Nigeria ou en Afrique du Sud. Selon une étude récente de l’Union Africaine, la corruption coûterait jusqu’à 25% du PIB à certains pays africains. Quant à la BAD (Banque Africaine de Développement), elle estime à 50% les pertes occasionnées par la corruption aux recettes fiscales africaines, sans compter son impact sur les prix des produits de prestations, surévalués généralement autour de 25%. Un phénomène qui coûte aux Etats en développement, et qui fragilise davantage les plus démunis. » »

 

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1 – Rétrospective : Le FMI se soucie-t-il vraiment des pauvres d’Afrique ?

 

L’objectif de diviser par deux le nombre de pauvres dans le monde d’ici à 2015 sera-t-il réellement atteint ? Christine Lagarde, directrice du FMI, a appelé il y a quelques jours les Grecs à prendre en main leur destin et a ajouté que les enfants démunis d’Afrique ont davantage besoin d’aide que la population grecque. A première vue, la compassion de la directrice du FMI à l’égard des enfants pauvres d’Afrique peut paraître justifiée compte tenu du fait que le FMI a lancé fin 1999 une initiative avec la Banque mondiale visant, à travers plusieurs objectifs – qualifiés d’objectifs du millénaire – à diviser par deux le nombre de pauvres dans le monde d’ici à 2015.

 

Techniquement, cette initiative consiste à impliquer dans les programmes d’aide des objectifs de lutte contre la pauvreté. Pour bénéficier d’une aide financière ou d’un allègement de leur dette, les pays à bas revenus doivent désormais préparer un Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP). Ainsi, le FMI accorde dorénavant une place centrale à la lutte contre la pauvreté et au rôle du pays pauvre dans l’appropriation et l’élaboration de sa politique. D’un point de vue purement idéologique, c’est un changement énorme. Le FMI passe de politiques d’ajustement structurel imposées aux pays à des politiques de lutte contre la pauvreté élaborées par le pays.

 

Avant cette initiative et durant une vingtaine d’années, la réduction de la dette ou l’aide financière étaient accompagnées de politiques d’ajustement structurel, imposées par le FMI, dont le coût économique et social était extrêmement sévère pour les pays concernés. Beaucoup d’experts (et de manifestants) des pays en développement et des pays développés ont émis des critiques sur ces politiques d’ajustement. Mais sur le fond, ces critiques paraissent peu crédibles car l’ajustement a bel et bien été réalisé.

 

Dans beaucoup de pays ayant connu des politiques d’ajustement (ou d’ajustement renforcé) soutenues par le FMI, le contrôle des prix a largement faibli, la stabilisation a bien eu lieu, les protections tarifaires et non tarifaires ont fortement baissé, le secteur public a été réduit (emplois, salaires, privatisation…), les taux de change n’ont plus autant été surévalués, les taux parallèles ont été éliminés, les marchés des capitaux largement libéralisés, les marchés du travail flexibilisés. L’économie de marché a gagné du terrain, mais sans apporter de résultats probants quant au niveau de vie des plus démunis. L’ajustement a été réalisé, mais les pauvres sont restés pauvres. Et les pays pauvres n’ont pas décollé. Pourtant, aujourd’hui, ce sont des politiques similaires qui sont appliquées en Grèce.

 

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Mais l’échec des politiques antérieures a-t-il entraîné une réelle remise en question du contenu des politiques du FMI ?

Actuellement, la majorité des DSRP existants ne fait que reconduire, en les recyclant quelque peu, les orientations antérieures. Les DSRP, qui ont remplacé les Documents cadres de politique économique (DCPE), ne constituent bien souvent qu’un reflet déformé des options préconisées par le FMI. Dans leur rôle de prescripteur dans les pays en développement, le FMI continue d’imposer un modèle libéral qui laisse toujours aussi peu de place aux interventions de l’État, bien que les limites de l’efficacité des seules forces du marché soient aujourd’hui reconnues.

 

Concernant l’objectif d’appropriation des politiques par les pays pauvres, il est manifeste que la conditionnalité imposée par les DSRP s’oppose à une appropriation effective des politiques. En effet, il est difficile pour les pays concernés de faire preuve de beaucoup d’originalité dans leurs programmes dès lors que ceux-ci doivent être approuvés par les conseils de la Banque mondiale et du FMI (cette validation étant la condition requise pour l’allègement de la dette et le déblocage de nouveaux prêts). Cela est d’autant plus difficile que l’allègement de la dette est, pour beaucoup de pays, une urgence vitale, et qu’ils ne peuvent donc courir le risque de voir leur projet de DSRP rejeté par les IBW.

 

L’imbrication de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) et des DSRP pose donc un problème d’ajustement de calendrier. Élaborer, dans un cadre participatif, une politique sérieuse de développement et de lutte contre la pauvreté demande du temps, un temps que les impératifs d’allègement du poids de la dette n’aident vraiment pas à trouver.

Finalement, il est probable qu’en 2015 et dans l’indifférence générale, les résultats de cette initiative ne soient que des effacements de dettes suivi du retour à la crédibilité bancaire de pays qui avaient gâché leurs ressources et leur potentiel, sans que de véritables politiques de lutte contre la pauvreté ne soient élaborées ni menées. En conséquence, le FMI ne semble pas se soucier davantage des pauvres d’Afrique que des Grecs.

 

Le Monde.fr/ 04.06.2012/ Mis à jour le 04.06.2012/ Par Thomas Porcher, enseignant-chercheur à l’ESG-MS

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/04/le-fmi-se-soucie-t-il-vraiment-des-pauvres-d-afrique_1711467_3232.html

 

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2 – Les femmes en Afrique : un formidable atout dans la lutte contre la pauvreté

 

Depuis bien trop longtemps, les femmes et les jeunes filles en Afrique font l’objet de discriminations, phénomène qui affecte leur famille, leur communauté et leur pays tout entier. Alors que nous célébrons «l’année de l’émancipation économique des femmes en Afrique » (thème choisi par l’Union Africaine pour 2015), il est illusoire de penser que sans œuvrer pour l’égalité homme-femme, nous parviendrons à réduire la pauvreté. Alors que la plupart des gouvernements africains reconnaissent l’émancipation des femmes comme un facteur essentiel de développement économique, la transition démographique sur le continent a été cependant plus lente que dans d’autres régions du monde.

 

Or, on sait que l’accès des jeunes femmes aux services de planification familiale et de santé maternelle ainsi qu’à l’éducation crée des opportunités économiques. Certains pays africains ont d’ailleurs mis en place des initiatives innovantes pour accélérer cette transition démographique. Au Niger, pays dont le taux de fertilité est l’un des plus élevés de la planète (7,6 enfants par femme), « les écoles des maris », espaces de dialogue et de réflexion animés par des chefs traditionnels, respectés par leur communauté, visent par exemple à sensibiliser les hommes à l’importance du planning familial et de la santé maternelle.

 

Des jeunes filles en bonne santé et auxquelles on accorde les mêmes chances que les garçons deviendront des femmes intelligentes, fortes et courageuses qui pourront assumer des responsabilités importantes dans leur pays, à l’image d’Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Liberia, qui mène aujourd’hui le combat contre Ebola. En accédant à des postes à hautes responsabilités, ces femmes contribueront à développer des politiques en faveur des femmes et des filles.

 

L’augmentation du nombre des femmes sur les bancs du parlement au Rwanda et en Afrique du Sud a permis de réaliser des avancées législatives importantes en matière de parité homme-femme, notamment en ce qui concerne les droits fonciers ou l’accès à la contraception. Au Rwanda, une meilleure garantie des droits fonciers des femmes a entraîné une augmentation de 18 points de pourcentage des investissements des exploitantes sur leur terre, soit le double du niveau d’investissements observé chez les hommes. Bien que le continent recense l’un des plus fort taux de participation des femmes à la vie active (derrière l’Asie), les emplois précaires demeurent cependant la norme.

 

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Les femmes africaines travaillent bien souvent plus que les hommes et assument la plupart des tâches ménagères (non rémunérées). Des études réalisées dans quatre pays d’Afrique subsaharienne ont ainsi révélé que les agricultrices travaillaient en moyenne 467 minutes par jours contre 371 minutes pour les agriculteurs. Pourtant, bien que les femmes représentent près de la moitié de la population active agricole du continent, leur productivité est plus faible que celle de leurs homologues masculins. Au Malawi par exemple, une étude récente a révélé que les parcelles exploitées par des femmes avaient un rendement inférieur de 25% à celui des parcelles exploitées par des hommes.

 

Pourtant, on estime que si les femmes avaient le même accès que les hommes aux intrants agricoles (semences, engrais etc.), chaque jour, dans le monde, entre 100 et 150 millions de personnes cesseraient de souffrir  de la faim. On oublie trop souvent que les femmes, en Afrique, contribuent énormément au commerce régional en traversant les frontières pour aller vendre leurs produits, pour fournir leurs services et apporter leurs compétences afin de répondre aux besoins économiques locaux. Les femmes représentent 70% des échanges informels transfrontaliers et génèrent ainsi 17,7 milliards de dollars par an en moyenne dans les 15 États membres de la Communauté de développement de l’Afrique Australe.

 

Mais des obstacles tels que les barrières non tarifaires qui limitent les importations les empêchent de contribuer pleinement à la vie économique, tant au niveau régional que mondial. Dans les secteurs non agricoles, la majorité des femmes travaillent à leur compte dans le secteur informel. Mais elles ne peuvent développer leur entreprise à cause du manque d’accès au financement. De plus, dans le monde du travail, les femmes sont souvent reléguées à des secteurs moins productifs.  Une récente étude réalisée en Ouganda a pourtant démontré que les femmes qui travaillent dans des secteurs à forte dominante masculine gagnent trois fois plus d’argent que celles qui occupent des emplois traditionnellement réservés aux femmes.

 

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Dans l’enseignement, on observe partout ces mêmes disparités. Bien que la proportion de filles dans les écoles primaires ait augmenté de manière significative en Afrique subsaharienne, les garçons ont toujours 1,55 fois plus de chance d’être diplômés de l’enseignement secondaire. À l’inverse, les filles qui arrivent jusqu’au lycée sont plus susceptibles de décrocher de leur scolarité que les garçons. En Afrique de l’Est et Australe, la pauvreté et la participation des filles aux tâches ménagères les empêchent souvent d’aller à l’école. Cette tendance est accentuée par les mariages précoces.

En Angola, en Erythrée, en Ethiopie et au Mozambique, le taux de scolarisation des filles à l’école primaire est plus bas que celui des garçons et la situation s’empire dans les classes secondaires et à l’université. Le fait est qu’il y a moins de pauvreté quand les femmes et les filles sont éduquées : les jeunes filles diplômées du secondaire gagneront ainsi entre 10 à 20% de plus que celles qui ne finissent pas le lycée. De plus, les  femmes sont généralement plus enclines à investir dans la santé et la prospérité future de leurs enfants. 

 

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_ Identifier des solutions pour combler les disparités homme-femme  La parité homme-femme est l’une des principales priorités de la Banque mondiale. En 2013, nous avons lancé un Laboratoire d’innovation consacré à l’égalité des genres qui s’appuie sur des méthodes rigoureuses d’évaluation d’impacts pour identifier les causes de l’inégalité homme-femme. Et à trouver des solutions afin d’y remédier.

 

Ces évaluations ont démontré par exemple qu’en Ouganda, un programme de formation permettant aux filles d’acquérir des compétences essentielles tant sur le plan personnel (« life skills » en anglais) que professionnel, améliorait considérablement les conditions de vie des adolescentes. Nos chercheurs ont également constaté qu’au Burkina Faso, l’émancipation économique des adolescentes et de leurs familles avait un impact très positif sur leurs comportements sexuels et leur santé. Le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim a annoncé en mai 2013 une aide financière d’un milliard de dollars en faveur de l’Afrique des Grands lacs avec une attention particulière donnée aux femmes, catégorie de la population particulièrement vulnérable.

 

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Dans le cadre de cet engagement, la Banque a débloqué 107 millions de dollars pour lutter contre les violences basées sur le genre au Burundi, en République Démocratique du Congo et au Rwanda. Ce projet, unique en son genre en Afrique, compte offrir de nouvelles opportunités économiques aux survivantes de violences sexuelles en leur apportant des services intégrés de santé, de conseil et d’assistance juridique. Dans la région du Sahel, nous portons également une attention particulière aux femmes et aux filles comme l’illustre notre appui financier de 170 millions de dollars dans le cadre du projet Sahel Women’s Empowerment and Demographics (projet d’autonomisation des femmes et de transition démographique).

 

Cette aide vient s’ajouter aux millions de dollars déjà engagés par la Banque mondiale  pour financer un programme en faveur de la santé maternelle et infantile au Sahel. Ce financement permettra d’améliorer les services de gynécologie-obstétrique et de médecine reproductive dans la région en les rendant plus accessibles et plus abordables. Il financera également la formation des sages-femmes et des infirmières en zones rurales et des initiatives en faveur des adolescentes, en soutenant notamment le développement de centres de formation. Si l’on veut mettre fin à la pauvreté dans le monde, misons sur les femmes. Cela est d’autant plus vrai en Afrique subsaharienne. Permettre à davantage de femmes d’accéder à de hautes responsabilités, leur donner la possibilité d’entreprendre, de consommer et de faire partie intégrante de la vie économique transformera le continent. Pour le meilleur.

 

PAR MAKHTAR DIOP/ LE JEUDI, 29/01/2015

 

http://blogs.worldbank.org/nasikiliza/fr/les-femmes-en-afrique-un-formidable-atout-dans-la-lutte-contre-la-pauvrete

 

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3 – Afrique Rapport Transparency 2015 : la corruption a de beaux jours devant lui en Afrique subsaharienne

 

Le tout dernier rapport de l’ONG Transparency international et du projet Afrobaromètre portant sur la situation de la corruption dans 28 pays d’Afrique Subsaharienne, fait un constat sans équivoque. Les faits de corruption sont en hausse dans cette région du continent et la police tient le haut de ce triste classement. De mars 2014 à septembre 2015, ce sondage d’opinion qui s’est basé sur un échantillon de 43.143 personnes a porté sur leurs expériences et perceptions de la corruption. Pour 58% des personnes interrogées, la corruption a augmenté au cours des 12 derniers mois. 

 

Le service public le plus touché par le phénomène reste la police. 27% des personnes sondées ont déclaré avoir été contraintes de graisser la patte aux agents pour diverses prestations, alors que l’accès aux écoles publiques et aux services de soin dans les structures publiques est rarement conditionné par cette mauvaise pratique. Toutefois, les avocats (28%) et hommes d’affaires figurent en bonne place. Malgré les conclusions décevantes de son sondage, Transparency International indique que quelques pays du continent se distinguent parmi les moins corrompus, et leurs populations semblent satisfaites des efforts entrepris pour lutter contre la corruption. Il s’agit notamment du Botswana, du Burkina Faso, du Lesotho et du Sénégal. 

 

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Pour les auteurs de ce sondage, la persistance de la corruption est l’une des causes de l’enracinement de la pauvreté sur le continent. “La corruption crée et alimente la pauvreté et l’exclusion. Alors que des individus corrompus qui jouissent d’un pouvoir politique mènent un train de vie somptueux, des millions d’Africains sont privés de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux comme l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement, l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, précisent-t-ils. 

 

Autant les gouvernants que les populations, ont leur rôle à jouer dans l’éradication du phénomène. Si les premiers de même que les juges, doivent œuvrer pour la réduction de la corruption, les derniers, doivent exiger honnêteté et transparence mais aussi, dénoncer toute acte de corruption et mettre à nue les corrompus. Ce n’est qu’à ce prix que le phénomène connaîtra du recul sur le continent africain. 

 

L’AUTEUR Waliyullah T./ news.africahotnews.com Samedi 5 Décembre 2015/ L’Afrique en mouvement – news.africahotnews.com le Samedi 5 Décembre 2015/

 

http://www.afrik53.com/Afrique-Rapport-Transparency-2015-la-corruption-a-de-beaux-jours-devant-lui-en-Afrique-subsaharienne_a22681.html

 

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4 – Rétrospective/ Corruption en Afrique : L’exception kenyane

 

La semaine dernière, le ministre kenyan de l’Enseignement supérieur, William RUTO, mis en cause dans une affaire de détournement de deniers publics, a rendu sa démission. Le 26 octobre 2010, c’est le maire de Nairobi, Geoffroy MAJIWA qui est mis sur la sellette à propos de l’achat d’un terrain destiné à un cimetière, dont le prix aurait été décuplé. Pas plus tard que le 27 octobre 2010, le ministre des Affaires étrangères, Moses WETANGULA, accusé de corruption dans une série de transactions immobilières de son ministère à l’étranger, a aussi démissionné afin, dit-il, de “laisser se dérouler l’enquête”. On a donc l’impression d’assister à une véritable opération de sanctification au pays de Jomo KENYATTA.  

 

En effet, la dernière démission en date, est si rare sous nos tropiques qu’elle mérite qu’on y accorde une attention singulière, ce d’autant plus qu’un ministre des Affaires étrangères est supposé être très proche du chef de l’Etat dont il défend la politique extérieure. Que s’est-il donc passé entre le chef de la diplomatie kenyane et son mentor MWAI KIBAKI ? Est-ce un règlement de comptes ou un simple besoin d’assainissement ? Autant de questions que l’on est en droit de se poser. En tout état de cause, si tant est que ces arrestations et démissions ne revêtent pas une connotation politique, on ne peut que s’en féliciter dans la mesure où les autorités kenyanes auront donné le bel exemple à suivre.  

 

La corruption est un mal endémique en Afrique. Bien des pays africains, selon le récent rapport de Transparency international sont en queue de peloton. Le Kenya, pour sa part, occupe la 154e place sur un total de 178 pays. Autant dire que le rapport de Transparency international tombe à pic avec cette purification institutionnelle en cours. Sous d’autres cieux, au lieu de se remettre en cause en initiant des actions concrètes du genre, on se livre à du chantage. Les pays francophones en particulier excellent en la matière. Les pays anglophones, quant à eux, font plus preuve de détermination dans la lutte contre la corruption. On en veut pour preuve, en plus de ce qui se passe actuellement au Kenya, les récentes démissions des ministres sierra léonais de la Pêche et de la Santé. 

 

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Toute chose qui paraît pour le moins inconcevable dans le giron francophone où la démission d’un ministre, si elle intervenait sans l’accord du chef de l’Etat, gênerait aux entournures le régime en place. Pire, elle serait considérée comme un outrage au grand chef. C’est la raison pour laquelle on s’évertue à tout prix, souvent même au mépris de la morale et de l’intelligence humaine, à dissimuler les déchets et les dérives de certains régimes en place.

 

Quand un ministre, dans un pays francophone, démissionne, c’est qu’il est acculé. Et cela montre à suffisance que le ridicule, comme on le dit habituellement, ne tue pas. Pourtant, l’amour-propre demeure encore une vertu chez certains hommes politiques. Quand un ministre est mis en cause dans une affaire sordide, la sagesse commande qu’il rende sa démission afin de se mettre à la disposition de la justice, quitte à revenir après au cas où il serait blanchi. L’honneur et la dignité sont à ce prix. De toute façon, ce qui se passe dans les pays anglophones, en l’occurrence au Kenya, doit inspirer tous ceux qui traînent encore les pieds. 

 

Par Boundi OUOBA/ 12 novembre 2010

 

http://blackattitude.over-blog.com/article-corruption-en-afrique-l-exception-kenyane-60799503.html

 

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5 – Transparency International appelle les citoyens du monde entier à agir contre la corruption

_ Indice de perception de la corruption 2015 : la corruption continue de sévir malgré une mobilisation citoyenne plus forte

 

L’année 2015 a montré que la mobilisation citoyenne peut remporter des victoires dans la lutte contre la corruption. Bien que la corruption continue d’affecter de trop nombreux pays à travers le monde, l’indice de perception de la corruption de Transparency International révèle qu’en 2015, le nombre de pays dont le score a progressé est supérieur à ceux dont le score a baissé. Deux tiers des 168 pays évalués par l’indice 2015 obtiennent une note inférieure à 50 ; sur une échelle allant de 0 (perçu comme fortement corrompu) à 100 (perçu comme très peu corrompu).

 

Pourtant, dans des pays comme le Guatemala, le Sri Lanka et le Ghana, les citoyens se sont mobilisés pour chasser du pouvoir des responsables corrompus. Un message fort à été envoyé au reste du monde, encourageant les autres pays à prendre des mesures décisives en 2016.  » La corruption peut être éliminée, si nous agissons tous ensemble. Pour éradiquer les abus de pouvoir, les pots-de-vin et les accords secrets, les citoyens doivent dire à leurs gouvernements qu’ils en ont assez. L’indice de perception de la corruption 2015 montre clairement que la corruption continue d’affecter de nombreux pays à travers le monde.

 

Cependant, en 2015, les citoyens sont descendus dans la rue pour protester contre la corruption envoyant à leurs dirigeants le message qu’il est grand temps de s’attaquer à la grande corruption« , déclare José Ugaz, président de Transparency International. Le Brésil est le pays qui a enregistré la plus forte baisse. Le pays chute de 5 points et de 7 places, il occupe à présent la 76ème place. En 2015, les révélations du scandale Pétrobras, ont entrainé de nombreuses manifestations citoyennes.

 

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Les procès judiciaires qui ont débuté pourraient permettre au pays d’avancer dans la lutte contre la corruption. D’autres succès de la lutte contre la corruption en Mongolie, au Guatemala et pour la protection des lanceurs d’alerte sont disponibles sur le site de Transparency International. Ces victoires sont aussi le fruit de l’action du réseau de Transparency International composé de plus de 100 sections à travers le monde.

 

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_ Les résultats

L’indice évalue la perception de la corruption dans le secteur public dans 168 pays. Le Danemark conserve la première place tandis que la Corée du Nord et la Somalie obtiennent les plus mauvais résultats avec seulement 8 points chacun. Les pays les mieux classés partagent certaines caractéristiques : liberté de la presse, ouverture des données sur les comptes publics, haut degré d’intégrité des responsables publics, équité de la justice indépendamment de la position sociale des citoyens et indépendance des institutions judiciaires.

En revanche, conflit, guerre, faible gouvernance, fragilité des institutions telle que la Police et la Justice, manque d’indépendance des médias, caractérisent les pays les moins bien classés. Les pays qui ont enregistré une forte baisse au cours des quatre dernières années sont la Libye, l’Australie, le Brésil, l’Espagne et la Turquie. A contrario, la Grèce, le Sénégal et le Royaume Uni figurent parmi les pays qui ont obtenu la plus forte hausse.

 

L’indice de perception de la corruption est élaboré à partir de l’opinion d’experts sur la corruption dans le secteur public. Les pays obtenant une note élevée disposent souvent d’une administration transparente permettant aux citoyens de demander des comptes à leurs responsables. À l’inverse, une mauvaise note est le signe d’un recours systématique à des pots-de-vin, de l’absence de sanctions en cas de corruption et d’une inadéquation entre les prestations de l’administration et les besoins de la population.

 

27 janvier 2016/ Berlin, 27 janvier 2016

 

https://transparency-france.org/project/indice-de-perception-de-corruption-2015/

 

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6 – La corruption en Afrique n’est pas une fatalité

_ Exemples de mise en place de mécanismes de lutte contre la corruption

 

La corruption, définie comme ‘abus de pouvoir public’ a toujours existé en Afrique. Actuellement, le vent du libéralisme économique a amplifié le mal. Certaines élites expliquent que la corruption est la version africaine de la solidarité. Mais si on prend connaissance des chiffres de détournements publics, on se rend compte que la corruption creuse le fossé entre riches et pauvres.

Le capitalisme sauvage engendre une corruption africaine qui comporte deux visages : la grandeur (les fortunes des dictateurs africains sont immenses)et l’évasion (ces mêmes fortunes reposent dans des banques suisses). Un fatalisme s’est installé dans les populations africaines, selon lequel la corruption ne peut être vaincue puisqu’elle fait partie de la culture. Cela s’explique par le fait qu’il n’existe pas toujours en Afrique des mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption.

 

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_ Quels sont les moyens de lutte ? Très peu de pays africains possèdent des légistations claires qui peuvent condamner et le corrompu et le corrupteur, mais ils existent cependant. Citons-en quelques-uns.

. Au Burundi en 1987, une cour des comptes avait été mise en place pour décourager la pratique de la corruption mais surtout empêcher les détournements des fonds publics. Malheureusement, cette cour des comptes s’est avérée être un instrument du pouvoir pour punir les cadres du régime déchu, celui de Bagaza. Quelques années plus tard, la cour des comptes est tombée aux oubliettes. . En Afrique du Sud, le parlement sud-africain a créé une commission de lutte contre la corruption. Les députés sont obligés de déclarer leurs transactions financières personnelles qui sont enregistrées dans un registre présenté au public. Le but de l’opération est de limiter les occasions de corruption et de trafic d’influence.

 

. La Tanzanie s’inscrit dans ce sillage en prenant pour modèle le système sud-africain. Il est vrai que les déclarations ne font pas l’objet d’une enquête, mais c’est un signe de volonté politique pour encourager une attitude responsable chez les élites africaines.

 

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. Sous Thomas Sankara, au Burkina Faso, les dirigeants devaient, dans une assemblée populaire (les tribunaux populaires), rendre compte de la gestion des finances publiques. C’était un puissant moyen de dissuasion contre les pratiques de corruption.

 

. Du côté des bailleurs des fonds, le comité d’aide au développement de l’OCDE, dans la convention signée en 1997 par 34 pays industrialisés, a déclaré que la corruption d’un agent étranger va devenir un délit dans ces 34 pays. L’organisation non-gouvernementale Transparency International (T. I.) pour lutter contre la corruption utilise une méthode participative en Afrique, avec les ‘ateliers d’intégrité nationaux’ qui consistent à rassembler tous les partenaires concernés : pouvoirs publics, milieux d’affaires, magistrats, journalistes, universitaires, associations, pour proposer des moyens de répression ou de prévention.

 

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Commentaire : Au delà de ces exemples de lutte contre la corruption, l’Afrique doit parvenir à mettre en place des outils de répression de la criminalité économique, la mise en place de lois permettant la saisie des richesses acquises illégalement, puisque l’évasion fiscale est l’une des caractéristiques de la corruption en Afrique. Il est également important de mettre en place des mécanismes pour l’obtention des marchés afin d’éviter les pots-de-vins. En même temps, il faut faire prendre conscience aux populations des effets dévastateurs de la corruption et de son caractère nullement inévitable. Le rôle de la société civile et celui des médias sont également importants pour dénoncer les actes de corruption.

 

Par NSABIMANA, Tony/

 

http://base.afrique-gouvernance.net/fr/corpus_dph/fiche-dph-253.html

 

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7 – Mauvaise nouvelle, l’Afrique subsaharienne est toujours la région la plus corrompue au monde

_ Les habitants de nombreux pays africains estiment que la corruption a empiré en 2015.

 

La corruption est le principal frein sur le chemin d’une croissance forte dans de nombreux pays émergents et en développement. C’est ce qu’expliquait Eric Le Boucher sur Slate.fr dans un article sur le sujet, en avançant un chiffre frappant de la Banque mondiale qui affirmait dans une étude qu’une transaction sur sept fait l’objet d’un détournement, selon une enquête sur 127 pays. Shanta Devarajan, chef économiste pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de cette institution, rappellait aussi le cas d’un pays comme la Tunisie où «la corruption tranquille» sous Ben Ali a consisté à monopoliser l’activité du pays au profit de la famille et des amis. «Ce qui a eu pour conséquence la stagnation de l’emploi, vingt ans durant», pointe Eric Le Boucher.

 

Mais la Tunisie est très loin d’être le seul pays africain à être touché de manière endémique par la corruption. Et ce sont les habitants du continent qui le disent haut et fort. Dans un sondage publié par l’ONG Transparency international en décembre 2015, 58% des Africains sondés dans différents pays affirmaient que la corruption avait empiré au cours de l’année, contre seulement 22% qui estimaient que la situation s’était améliorée. Et c’est sans doute vrai.

 

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Dans son nouvel indice de la corruption à travers le monde, Transparency International classe l’Afrique subsaharienne comme la région la plus corrompue de la planète, à égalité avec une région qui englobe l’Europe de l’Est et l’Asie centrale. Le sous-continent africain obtient un indice moyen de 33 sur 100 (plus la note est proche de 100 et moins un pays est considéré comme corrompu), contre une note de 67 par exemple pour l’Europe de l’Ouest où un score de 43 pour l’Amérique du Sud. C’est le Botswana — souvent loué pour la transparence de ses institutions et sa solide démocratie – qui est le pays le mieux classé d’Afrique subsaharienne avec une note de 63; à l’autre bout de l’échelle on retrouve la Somalie avec un triste “8”.

 

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_ Réduction des risques dans le business

«Outre le conflit et la guerre, une mauvaise gouvernance, la faiblesse des institutions publiques telles que la police et le système judiciaire, et un manque d’indépendance dans les médias caractérisent les pays les moins bien classés», note Transparency International. «Pendant que les gouvernements sont en train de réduire les risques de corruption dans le business, il y a peu de changement pour les citoyens», ajoute dans le rapport Chantal Uwimana, directrice de Transparency en Afrique subsaharienne.

 

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Les trois grandes puissances économiques de la région, l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya, sont particulièrement concernées par la corruption endémique, souligne le site d’informations Quartz, qui s’appuie sur le rapport. Ce trio «a montré peu de signes d’amélioration, décollant à peine des dernières positions qu’ils occupaient ces dernières années», ajoute Quartz. Et dans ces pays à très fort potentiel économique, les conséquences de ce fléau rejaillissent sur une large partie de la population qui attend de voir son niveau de vie vraiment s’améliorer.

 

Slate Afrique/ La rédaction de Slate Afrique/ Mis à jour le 29/01/2016/

 

http://www.slateafrique.com/647713/corruption-afrique

 

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(Classement mondial sur la corruption 2015/Total 168 pays) 

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8 – La corruption appauvrit les sociétés de l’Afrique de l’Ouest

 

Dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, qui affichent déjà des indicateurs de développement alarmants, la corruption généralisée gangrène des services publics de piètre qualité. D’après les observateurs, les pots-de-vin menacent la bonne gouvernance et font sombrer de plus en plus de gens dans la pauvreté. « Pour mettre un visage sur la corruption… prenez des enfants qui marchent des kilomètres pour se rendre à l’école, car il n’y a pas de transports publics », a déclaré Harold Aidoo, directeur exécutif de l’Institut pour la recherche et le développement démocratique (IREDD) à Monrovia, la capitale du Liberia. « Vous avez des femmes et des mères qui meurent en accouchant, car il n’y a pas de médicaments, ni d’équipements de première nécessité dans les hôpitaux, pas plus que de professionnels de santé qualifiés. Vous constatez que beaucoup de populations pauvres n’ont pas accès à l’eau potable », a-t-il dit.

 

Par rapport aux années précédentes, le nombre de pays d’Afrique de l’Ouest considérés comme extrêmement corrompus a augmenté en 2013, à cause de l’instabilité politique présente dans des pays comme le Mali, la Guinée et la Guinée-Bissau. C’est ce que révèle l’Indice de perception de la corruption (IPC) de l’organe de surveillance mondiale, Transparency International. Les pots-de-vin, les élections truquées, les transactions douteuses avec des firmes multinationales intervenant dans le secteur des ressources naturelles, ainsi que les transferts de fonds illégaux vers l’étranger, font partie des formes de corruption les plus répandues.

 

La région concentre 11 pour cent de la population mondiale, mais représente 24 pour cent de la charge mondiale de morbidité. Elle est aussi fortement touchée par le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. D’après l’institution d’aide au développement, la Société financière internationale (IFC), la région manque pourtant de ressources nécessaires, y compris pour dispenser des services de santé de base.

 

Près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde ont lieu en Afrique. Le continent affiche aussi le taux de mortalité maternelle (TMM) le plus élevé, d’après les organisations. Les parents doivent parfois verser des pots-de-vin pour que leurs enfants puissent suivre leur scolarité dans de bonnes écoles, a expliqué Pierre Lapaque, représentant de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour l’Afrique de l’Ouest et du centre. « Il est évident que la corruption porte directement atteinte au développement durable en Afrique de l’Ouest, comme il est évident qu’elle touche principalement les couches de la société les plus pauvres et les plus démunies. »

 

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_ Transferts de fonds illégaux

Pas moins de 1 300 milliards de dollars sont sortis illégalement d’Afrique au cours des trente dernières années, d’après un rapport de Global Financial Integrity (GFI), une organisation de défense des droits située à Washington qui surveille les flux financiers illégaux. L’industrie pétrolière du Nigeria est gangrénée par des accusations de corruption, ce qui créé des tensions avec les populations autochtones qui ont porté plainte pour négligence et se sont rebellées dans les régions productrices de pétrole, au sud du pays. 

 

Selon un rapport préliminaire publié en mai 2013 par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) du Liberia, presque tous les contrats d’extraction signés depuis 2009 enfreignent la réglementation. « Sur le plan économique, quand des millions de dollars disparaissent chaque année à cause de la corruption, les effets sur la société sont dévastateurs », a déclaré M. Aidoo. « C’est particulièrement destructeur en termes de croissance, de développement et de bien-être pour notre population. »

 

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_ Corruption politique

Beaucoup de campagnes politiques en Afrique sont entachées d’irrégularité et de fraudes. « Les élections sont exposées à la corruption, non seulement par le biais des fraudes électorales ou du contrôle des fraudes, mais aussi dans la façon dont nos élites politiques s’accrochent au pouvoir », a déclaré Tendai Murisa, directeur d’un programme sur le développement agricole durable et les flux financiers à TrustAfrica. « La corruption permet de perpétuer le régime et une de leurs méthodes pour y arriver consiste à acheter des voix, ce qui nuit vraiment à la qualité de la démocratie », a déclaré M. Murisa. Il a souligné qu’un gouvernement considéré comme corrompu ne jouissait pas de la confiance des gens, souvent réduits au silence ou ignorés lorsqu’ils dénoncent la corruption.

 

Comme les pauvres ont davantage besoin des services publics, ils consacrent un plus grand pourcentage de leurs revenus au versement de pots-de-vin aux fonctionnaires, y compris aux directeurs d’école. La corruption aggrave la pauvreté des plus vulnérables. Au Sierra Leone, 69 pour cent des gens pensent que la police est corrompue et ce chiffre atteint 78 pour cent au Nigeria, d’après M. Lapaque de l’ONUDC.

 

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_ Lutte difficile contre la corruption

Malgré des efforts pour améliorer la transparence et la reddition de comptes sur l’ensemble du continent, la lutte contre la corruption en Afrique subsaharienne régresse depuis dix ans, selon les Indicateurs mondiaux de gouvernance (WGI) de 2013 développés par la Banque mondiale. À l’exception de l’Afrique du Sud et du Botswana, l’Afrique subsaharienne a affiché le plus faible pourcentage mondial de contrôle de la corruption. « Si le recrutement de fonctionnaires au sein des services [publics] d’un pays est axé sur le népotisme ou la corruption, au lieu d’être axé sur le mérite et les compétences, cela créé de graves problèmes », a déclaré M. Lapaque. « Non seulement il y a moins de postes disponibles pour ceux qui le méritent, mais cela compromet la règle de droit et entrave la croissance économique. »

 

Une mauvaise gouvernance porte souvent atteinte aux services de sécurité, ce qui peut conduire à une augmentation du crime organisé local et transnational, le trafic d’armes et de drogues notamment. Cela porte aussi atteinte aux droits de l’homme. « Notre gouvernement échoue très souvent à préserver nos ressources, provoquant ainsi des fuites économiques à l’intérieur et à l’extérieur de notre économie », a déclaré M. Murisa.

 

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_ Stratégies  Pour combattre la corruption, les gouvernements doivent d’abord reconnaître qu’il y a un réel problème. « Ils doivent faire en sorte que les structures nationales chargées de lutter contre la corruption disposent de moyens suffisants et que le personnel ait la possibilité de travailler de manière indépendante, sans interférence politique », a affirmé Marie-Ange Kalenga, coordinatrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest à Transparency International. « Ils doivent aussi garantir l’existence d’un cadre juridique adapté, conforme aux instruments régionaux et internationaux de lutte contre la corruption. Ils doivent également sensibiliser les citoyens ordinaires à la lutte contre la corruption et promouvoir l’intégrité au niveau individuel », a-t-elle expliqué.

 

Pour M. Lapaque, cela pourrait passer par la création d’une entité anticorruption indépendante ou la garantie d’une indépendance des juges et des procureurs vis-à-vis des politiques. Les organisations de la société civile et les ONG (organisations non gouvernementales) pourraient contribuer à l’élaboration de codes de conduite et à la promotion de l’intégrité. Elles pourraient également prôner l’adoption d’une législation adaptée et aider à former des organismes anticorruption, a ajouté Mme Kalenga.

 

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Il faut donner aux citoyens la possibilité de dénoncer la corruption et d’obtenir réparation s’ils en sont victimes. Cela pourrait aussi être bénéfique, tout comme la mise en place de budgets transparents et la participation des citoyens au choix des dépenses publiques, a indiqué M. Lapaque. « La transparence est un facteur important pour construire des gouvernements démocratiques qui rendent des comptes à leurs citoyens », a déclaré Tom Cardamone, directeur général de GFI. « Je pense que c’est ce dont nous avons besoin pour arrêter les flux financiers illégaux et mettre fin à la corruption. »

 

« Si nous récupérions juste 50 pour cent de ce que nous perdons actuellement à cause de la corruption, cela pourrait se traduire par une amélioration du système éducatif ou du réseau routier. Nous pourrions garantir le retour de nos enfants à l’école, le maintien des systèmes de sécurité sociale, ainsi que le fonctionnement correct des systèmes de prestation des soins de santé », a déclaré M. Murisa.

 

jl/ob/he-fc/amz/ DAKAR, 3 janvier 2014/

 

http://www.irinnews.org/fr/report/99425/la-corruption-appauvrit-les-soci%C3%A9t%C3%A9s-de-l%E2%80%99afrique-de-l%E2%80%99ouest

 

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9 – Corruption en Afrique : une dimension culturelle ?

 

La corruption demeure une préoccupation de tout temps qui plombe les pays émergents. En Afrique, elle est ancrée dans les sociétés à un degré très avancé. Comment explique-t-on, malgré les initiatives diverses d’amélioration de la bonne gouvernance sur le continent, que nous en soyons à un niveau intolérable? La problématique de la corruption, peut être abordée selon plusieurs angles, mais pouvons-nous, l’examiner d’un point de vue culturel ? Y-a-t-il en Afrique, une banalisation culturelle de la corruption ?

 

En effet, chez Strategeo, nous nous sommes demandés, à la lumière de diverses publications et rapports, s’il n’y avait pas une corrélation entre la corruption et la culture en Afrique? En d’autres termes, des pays francophones et des pays anglophones, quels sont ceux qui sont les plus corrompus ou les moins enclins, à pratiquer une bonne gouvernance ? Y a-t-il, une plus forte culture de la corruption en Afrique francophone ou anglophone ?

 

Cette problématique, est née de l’analyse des rapports publiés par Transparency International (Indice de Perceptions de la Corruption 2014) et par la Fondation Mo Ibrahim (Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2015). Ces rapports évaluent le niveau de corruption et de gouvernance dans plusieurs pays, tout en mettant en avant les faiblesses et les points forts constatés. Nous allons donc, sur cette base, analyser ces deux rapports sous l’angle des performances des pays africains anglophones et francophones.

 

Dans le rapport produit en 2014 par Transparency International (Indice de Perceptions de la Corruption 2014), l’on dénombre parmi les 10 pays africains les moins corrompus (top 10), 06 pays anglophones et 04 pays francophones. Idem dans le top 10 des pays africains les plus corrompus, l’on retrouve la même proportion. S’agit-il d’une coïncidence ou d’une tendance ?

 

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Il faut noter, que presque tous ces pays ont engagé une campagne contre la corruption ou essaie de le faire, en légiférant ou en créant des organismes pour lutter contre ce fléau. Si l’on s’en tient au chiffre, alors le top 10 traduit une meilleure gouvernance dans les pays anglophones. Cependant, de façon générale, le top 10 des pays les moins corrompus au monde, ne compte aucun pays africain. Par contre, l’on compte 05 pays africains parmi les 10 pays les plus corrompus au monde, selon le classement de Transparency. Le pays africain le mieux classé occupe la 31ème place, il s’agit du Botswana, un pays anglophone.

 

En outre, Transparency a publié ce jour, “un sondage d’opinion réalisé auprès du grand public (43 143 personnes) de 28 pays africains pour évaluer ses expériences et perceptions de la corruption”. Cette enquête intitulée: “People and Corruption: Africa Survey 2015 Global Corruption Barometer”, met en exergue ce qui suit: Sur les 28 pays concernés, les populations de 16 d’entre eux considèrent, que la corruption est en hausse (58%).

 

Sur les 16 pays ayant connus une hausse de la corruption, 14 sont anglophones. En revanche, les populations de 06 pays sur les 28, considèrent qu’il y a une baisse de la corruption (22%), il s’agit de pays francophones. Bien que les résultats de ce sondage reflètent des opinions, il convient de relever une nette amélioration pour 2015 en ce qui concerne les pays francophones. Le prochain Indice de Perceptions de la Corruption, viendra conforter ou non, cette enquête.

 

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Concernant l’Indice Ibrahim de la Gouvernance, publié en 2015, l’on retrouve dans le top 20 des pays affichant la meilleure gouvernance, 11 pays anglophones pour 06 pays francophones. Ce classement repose sur un total de 54 pays. Parmi les 10 pays affichant la pire gouvernance, l’on retrouve 05 pays anglophones pour 03 pays francophones. Il semblerait donc, qu’en Afrique, les performances des pays anglophones en matière de lutte contre la corruption sont remarquables. L’on retrouve davantage de pays anglophones performants que de pays francophones. Peut-on alors identifié un lien culturel avec la corruption? La réponse est évidemment négative car une société n’émerge pas comme corrompue mais elle le devient.

 

La corruption progresse dans les sociétés africaines, qui ont pour dénominateurs communs la pauvreté, l’instabilité politique, un faible développement humain et de sérieuses carences en démocratie. Pour preuve, les pays les moins performants ou mauvais élèves selon Transparency et la Fondation Mo Ibrahim, sont: Le Sud Soudan, le Soudan, la RDC, l’Érythrée, le Tchad, la RCA et le Zimbabwe.

 

La corruption n’a finalement rien de culturel, elle est endémique aux sociétés. Elle existe partout, frappe tous les milieux et se propage de plus en plus, malgré les dispositions et mécanismes mis en place. Chercher un lien culturel pour justifier un taux élevé ou non de corruption entre plusieurs pays est donc un périlleux exercice, car cela reviendrait à légitimer une forme de déterminisme social qui encouragerait le fatalisme.

 

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La vraie problématique devient alors de savoir s’il y a un lien entre démocratie, développement et corruption ? Plus un pays est démocratique et développé, moins il est enclin à la corruption et inversement ?

Cette assertion est-elle avérée? Pas si évident que cela avec des contre-exemples comme l’Argentine et les Emirats Arabes Unis. Cependant, il est juste de reconnaître que plus une société s’imprègne des valeurs démocratiques et des systèmes en découlant, plus elle devient imperméable à la corruption et la combat. Le trafic d’influence, le népotisme et le favoritisme, encouragent la prolifération d’actes de corruption et accentuent ainsi le sentiment “qu’un comportement déviant devienne socialement normal”.

 

Le dernier rapport de l’Insitut Legatum, intitulé “The 2015 Legatum Prosperity Index” ou “Indice de Prospérité Legatum 2015”, indique effectivement qu’il y a bien un lien entre développement, démocratie et corruption. L’on compte parmi les 30 pays les moins prospères sur la base des critères retenus par l’institut Legatum (économie, entrepreneuriat, gouvernance, éducation, santé, sécurité, liberté, capital social), 24 pays africains.

 

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A l’analyse des critères mentionnés, il apparaît clairement que ce sont les pays les moins démocratiques et les moins développés qui sont les plus mal classés en matière de gouvernance. Même un pays comme la Côte d’Ivoire largement cité comme exemple d’émergence et l’un des meilleurs pays réformateurs selon le Doing Business 2015, est classé 118ème/142 pays avec un classement en gouvernance de 125ème/142. D’ailleurs, ces 24 pays africains sont parmi les pays à régime autoritaire selon le classement 2014 des démocraties, publié par The Economist (2014 Democracy Index).A contrario, dans le classement des 30 pays les plus prospères, l’on ne compte aucun pays africain.

 

En conclusion, l’on observe qu’en Afrique, plus un pays est démocratique, plus il est développé et moins il est corrompu. Le Botswana est d’ailleurs un exemple qui illustre cette idée, puisqu’il est reconnu comme démocratie imparfaite (The Economist: 28/167), il est moyennement prospère (Legatum : 77/142) et il est classé l’un des moins corrompus (Mo Ibrahim: 3/54) ! En effet, bien que certains pays africains connaissent un boom économique et en “business”, ils demeurent à la traîne en termes de gouvernance. Les pays à régime autoritaire, sont les moins développés et les plus corrompus !

 

1 Décembre 2015/

 

http://www.strategeo-ci.com/2015/12/corruption-en-afrique-une-dimension-culturelle.html

 

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(Selon le Chef, pas d’argent pour les interventions policières)/ 

 

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10 – Corruption en Afrique en 2016 : Une tendance toujours inquiétante

 

C’est une question d’actualité, qui touche tout le monde et tous les pays, surtout africains, et qui est souvent prise en compte par plusieurs organes de contrôle international. Selon le rapport 2016 de l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique sur la corruption, la tendance est inquiétante sur le continent noir.

Des Chefs d’Etat jusqu’aux membres de gouvernements africains, l’on retrouve toutes formes de corruption, de détournement, de blanchiment d’argent. La corruption au sein du gouvernement, et des fonctionnaires publics, a atteint un niveau élevé dans plusieurs pays africains en 2015 tels que l’Angola, le Burundi, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, la Guinée-Bissau, le Malawi, la Somalie, le Sud Soudan, le Soudan, le Zimbabwe, détaille l’indice Mo Ibrahim.

 

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Plusieurs chefs d’Etat africains, après leur mandat présidentiel, sont accusés de corruption, et de détournement de fonds. Exemples, au Nigeria ou en Afrique du Sud. Selon une étude récente de l’Union Africaine, la corruption coûterait jusqu’à 25% du PIB à certains pays africains. Quant à la BAD (Banque Africaine de Développement), elle estime à 50% les pertes occasionnées par la corruption aux recettes fiscales africaines, sans compter son impact sur les prix des produits de prestations, surévalués généralement autour de 25%. Un phénomène qui coûte aux Etats en développement, et qui fragilise davantage les plus démunis.

 

RACHEL KOMI/ 9 octobre 2016/ Joburg (Afriquinfos 2016)/

 

http://www.afriquinfos.com/2016/10/09/corruption-en-afrique-en-2016-une-tendance-toujours-inquietante.php

 

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