MONDE/ DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL/ ENERGIE MOINS CHERE : vers une consolidation des leaderships économiques et un renforcement de la compétitivité des économies émergentes

Publié le 16 janvier, 2015 0 Commentaire »
MONDE/ DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL/ ENERGIE MOINS CHERE : vers une consolidation des leaderships économiques et un renforcement de la compétitivité des économies émergentes

 

1 – « Une révolution industrielle deux fois plus rapide et qui touche des milliards de personnes : Les pays en développement ont pratiquement doublé leur part dans la production mondiale, en passant de 25 pour cent à 47 pour cent entre 1980 et 2010, fait remarquer le Rapport. Le commerce au sein des pays du Sud a été le plus grand facteur de cette expansion, passant de moins de 10 pour cent à plus de 25 pour cent de l’ensemble du commerce mondial ces 30 dernières années, tandis que le commerce entre les pays développés a chuté de 46 pour cent à moins de 30 pour cent. Le commerce entre les pays du Sud va surpasser celui qui se fait entre nations développées, projette le Rapport.

L’ouverture grandissante au commerce va de paire avec le progrès du développement humain dans la plupart des pays en développement. Par exemple, la Chine et l’Inde ont doublé leur production économique par habitant en moins de 20 ans. Il s’agit là d’un rythme deux fois plus rapide que celui de la Révolution industrielle en Europe et en Amérique du Nord. « La Révolution industrielle a touché peut-être cent millions de personnes, mais ceci concerne des milliards de personnes », déclare Khalid Malik, l’auteur principal du Rapport 2013. En 2020, selon les prévisions établies pour le présent Rapport, les productions économiques combinées des trois principaux pays en développement (la Chine, l’Inde et le Brésil) seront supérieures à la production globale de l’Allemagne, du Canada, de la France, des États-Unis, de l’Italie et du Canada. »

 

2 – « Indice de Développement Humain (IDH) 2013 : Quatorze pays ont enregistré des gains impressionnants de l’IDH de plus de 2 pour cent par an depuis 2000. Par ordre d’amélioration, il s’agit des pays suivants : Afghanistan, Sierra Leone, Éthiopie, Rwanda, Angola, Timor-Leste, Myanmar, Tanzanie, Libéria, Burundi, Mali, Mozambique, République démocratique du Congo et Niger. La plupart d’entre eux sont des pays africains à IDH faible, dont beaucoup sortent de longues périodes de conflit armé. Toutefois, les données montrent qu’ils ont tous fait d’importants progrès récents en termes de présence à l’école, de durée de vie et de croissance du revenu par habitant. »

 

 

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1 – Indice de Développement Humain (IDH) 2013 : l’essor sans précédent du Sud

 

L’essor du Sud est en train de modifier radicalement l’aspect du monde du XXIème siècle, grâce aux nations en développement qui mènent la croissance économique, extirpant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et propulsant des milliards de personnes supplémentaires dans une nouvelle classe moyenne mondiale. C’est ce que révèle le Rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD). Le Rapport sur le développement humain 2013 – L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié – dresse le tableau du développement des pays via l’actualisation du célèbre Indice de Développement Humain (IDH).

Ces nouveaux chiffres montrent une amélioration constante du développement humain dans la plupart des pays. D’après le Rapport 2013, « Tous les groupes et régions ont connu des améliorations significatives dans tous les composants de l’IDH, avec des progrès plus rapides dans les pays à IDH faible et moyen. Dans ce contexte, le monde devient peu à peu moins inégalitaire. »

  

Le classement de l’Indice de Développement Humain 2013

La tendance globale mondiale est celle d’une amélioration continue du développement humain. En effet, aucun pays parmi ceux dont les données complètes sont disponibles n’a aujourd’hui un IDH inférieur à celui qu’il avait en 2000.

 La Norvège, l’Australie et les États-Unis sont à la tête du classement des 187 pays et territoires du dernier Indice de Développement Humain, tandis que la République démocratique du Congo, déchirée par les conflits, et le Niger, touché par la sécheresse, obtiennent les scores les plus faibles en termes d’accomplissements nationaux dans les domaines de la santé, de l’éducation et du revenu[1].

  

Les 15 pays ayant l’IDH le plus élevé

    Norvège 0,955

    Australie 0,938

    États-Unis 0,937

    Pays-Bas 0,921

    Allemagne 0,920

    Nouvelle-Zélande 0,919

    Irlande 0,916

    Suède 0,916

    Suisse 0,913

    Japon 0,912

    Canada 0,911

    Corée (République de) 0,909

    Hong Kong 0,906

    Islande 0,906

    Danemark 0,901

 La France se situe en 20e position avec un IDH de 0,893.

Les 15 pays ayant l’IDH le plus faible

    Éthiopie 0,396

    Libéria 0,388

    Afghanistan 0,374

    Guinée-Bissau 0,364

    Sierra Leone 0,359

    Burundi 0,355

    Guinée 0,355

    République centrafricaine 0,352

    Érythrée 0,351

    Mali 0,344

    Burkina Faso 0,343

    Tchad 0,340

    Mozambique 0,327

    Congo, (République démocratique du) 0,304

    Niger 0,304

 

Quatorze pays ont enregistré des gains impressionnants de l’IDH de plus de 2 pour cent par an depuis 2000. Par ordre d’amélioration, il s’agit des pays suivants : Afghanistan, Sierra Leone, Éthiopie, Rwanda, Angola, Timor-Leste, Myanmar, Tanzanie, Libéria, Burundi, Mali, Mozambique, République démocratique du Congo et Niger. La plupart d’entre eux sont des pays africains à IDH faible, dont beaucoup sortent de longues périodes de conflit armé. Toutefois, les données montrent qu’ils ont tous fait d’importants progrès récents en termes de présence à l’école, de durée de vie et de croissance du revenu par habitant. La plupart des pays à l’IDH plus élevé ont également enregistré des hausses régulières de l’IDH depuis 2000, bien qu’à des niveaux moins importants d’amélioration absolue de l’IDH par rapport aux pays à faible IDH ayant le plus progressé.

 

Hong Kong, la Latvie, la République de Corée, Singapour et la Lituanie ont bénéficié de la plus grande amélioration de l’IDH en 12 ans dans le quartile de développement humain très élevé des pays classés dans l’IDH ; l’Algérie, le Kazakhstan, l’Iran, le Venezuela et Cuba sont les cinq premiers pays dont l’IDH s’est le plus amélioré parmi les pays à développement humain élevé ; et Timor-Leste, le Cambodge, le Ghana, la République démocratique populaire Lao et la Mongolie sont les premiers du classement de l’IDH dans le groupe du développement humain moyen.

Les tendances régionales de l’IDH 2013

Le Rapport passe également en revue des tendances de développement régionales clés, telles qu’indiquées par l’IDH et autres données :

États arabes

La valeur moyenne de l’IDH de cette région est de 0,652, ce qui la classe quatrième sur six régions de pays en développement analysées dans le Rapport, le Yémen obtenant la croissance la plus rapide de l’IDH depuis 2000 (1,66 %). Cette région a le ratio emploi/population le plus bas (52,6 %), ce qui est bien inférieur à la moyenne mondiale de 65,8 %.

Asie de l’Est et Pacifique

La valeur moyenne de l’IDH de cette région est de 0,683. Elle a enregistré une croissance annuelle de la valeur de l’IDH entre 2000 et 2012 de 1,31 %. Timor-Leste est en tête avec 2,71 %, suivi de Myanmar avec 2,23 %. La région Asie de l’Est-Pacifique a le ratio emploi/population le plus élevé (74,5 %) des pays en développement.

  

Europe de l’est et Asie centrale

Son IDH, dont la valeur moyenne est de 0,771, est le plus élevé des six régions de pays en développement. La pauvreté multidimensionnelle est minimale, mais le ratio emploi/population est le deuxième plus bas (58,4 %) des six régions.

Amérique latine et Caraïbes

La valeur moyenne de 0,741 de l’IDH est la seconde valeur la plus élevée parmi les six régions, qui n’est dépassée que par la moyenne de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale. La pauvreté multidimensionnelle est relativement faible et la satisfaction de vivre globale, telle que mesurée par le sondage mondial Gallup, est de 6,5 sur une échelle de 0 à 10, ce qui est le plus élevé de n’importe quelle région.

Asie du Sud

La valeur moyenne de 0,558 de l’IDH pour cette région est la seconde valeur la plus basse dans le monde. Entre 2000 et 2012, la valeur de l’IDH de cette région a enregistré une croissance annuelle de 1,43 %, la plus importante de toutes les régions. L’Afghanistan a bénéficié de la croissance la plus rapide (3,9 %), suivi du Pakistan (1,7 %) et de l’Inde (1,5 %).

Afrique subsaharienne

La valeur moyenne de l’IDH de 0,475 est la plus basse de toutes les régions, mais le rythme d’amélioration augmente. Entre 2000 et 2012, la valeur de l’IDH de cette région a enregistré une croissance annuelle de 1,34 pour cent, ce qui la place en seconde position juste derrière l’Asie du Sud, le Sierra Leone (3,4 %) et l’Éthiopie (3,1 %) obtenant la croissance la plus rapide de l’IDH.

L’Indice de Développement Humain ajusté aux inégalités

Quand l’IDH est ajusté pour cause d’inégalités internes en termes de santé, d’éducation et de revenu, certaines des nations les plus riches chutent dramatiquement dans les classements : les États-Unis dégringolent de la 3e place à la 16ème place,  la République de Corée du Sud descend de la 12e place à la 28e. La Suède, par contre, grimpe de la 7e place à la 4e place. La France, dont le modèle social est soit-disant envié dans le monde entier, n’augmente que de deux places et se positionne à la 18e place.

 

« Les moyennes nationales cachent de grandes différences d’expérience humaine et de grandes disparités demeurent au sein des pays du Nord comme du Sud », remarque le rapport, citant le cas des États-Unis, dont l’IDH général est de 0,94, mais dont la moyenne n’est que de 0,75 pour les résidents d’origine latino-américaine et de 0,70 pour les Afro-américains. « Des différences ethniques similaires en termes de réalisation de l’IDH dans les pays à l’IDH très élevé peuvent être constatées parmi les populations Roms de l’Europe du Sud », ajoute le Rapport.

L’essor sans précédent des pays du Sud

Le Rapport 2013 analyse également plus de 40 pays en développement qui ont enregistré de rapides gains en termes de développement humain au cours de ces dernières années. Ceci grâce à des investissements continus dans l’éducation, la santé et d’autres services sociaux, et d’un engagement stratégique au sein de l’économie mondiale. « L’essor du Sud se produit à une vitesse et à un niveau sans précédent (…) Jamais dans l’histoire les conditions de vie et les perspectives d’avenir de tant de personnes n’avaient changé si radicalement et si vite. » souligne le rapport.

 

Ce phénomène va bien au-delà de celui du dénommé BRICS, des pays au revenu moyen souvent représentés par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Le Rapport montre que plus de 40 pays en développement ont enregistré des hausses de la valeur de leur IDH largement supérieure à celles envisagées au vu de la valeur de leur IDH. D’après ce Rapport, ces accomplissements sont largement attribuables à un investissement soutenu dans l’éducation, la santé et les programmes sociaux, ainsi qu’à un engagement ouvert avec un monde de plus en plus interconnecté.

 

Ainsi, avec l’augmentation des niveaux de vie dans la plupart des pays du Sud, la proportion de gens vivant en dessous du seuil d’extrême pauvreté dans le monde est passé de 43 pour cent en 1990 à 22 pour cent en 2008 ; plus de 500 millions de personnes sont sorties de la pauvreté uniquement en Chine. En conséquence de cela, le monde a déjà atteint la cible principale d’éradication de la pauvreté dictée dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dont le but pour 2015 était de réduire de moitié la proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 dollars par jour, comparativement à 1990.

Selon le Rapport, ce progrès historique crée des opportunités de collaboration nouvelles entre les pays du Sud et du Nord pour faire avancer le développement humain et faire face à des défis partagés tels que la lutte contre le changement climatique. Les pays du Sud étendent leurs liens commerciaux, technologiques et politiques vers l’ensemble des pays du Nord, tandis que le Nord recherche dans le Sud de nouveaux partenariats capables de promouvoir la croissance et le développement mondial.

Une révolution industrielle deux fois plus rapide et qui touche des milliards de personnes

Les pays en développement ont pratiquement doublé leur part dans la production mondiale, en passant de 25 pour cent à 47 pour cent entre 1980 et 2010, fait remarquer le Rapport. Le commerce au sein des pays du Sud a été le plus grand facteur de cette expansion, passant de moins de 10 pour cent à plus de 25 pour cent de l’ensemble du commerce mondial ces 30 dernières années, tandis que le commerce entre les pays développés a chuté de 46 pour cent à moins de 30 pour cent. Le commerce entre les pays du Sud va surpasser celui qui se fait entre nations développées, projette le Rapport. L’ouverture grandissante au commerce va de paire avec le progrès du développement humain dans la plupart des pays en développement.

                                

Par exemple, la Chine et l’Inde ont doublé leur production économique par habitant en moins de 20 ans. Il s’agit là d’un rythme deux fois plus rapide que celui de la Révolution industrielle en Europe et en Amérique du Nord. « La Révolution industrielle a touché peut-être cent millions de personnes, mais ceci concerne des milliards de personnes », déclare Khalid Malik, l’auteur principal du Rapport 2013. En 2020, selon les prévisions établies pour le présent Rapport, les productions économiques combinées des trois principaux pays en développement (la Chine, l’Inde et le Brésil) seront supérieures à la production globale de l’Allemagne, du Canada, de la France, des États-Unis, de l’Italie et du Canada.

 

Les pays du Sud sont de plus en plus interdépendants et interconnectés. On trouve désormais des téléphones mobiles avec liaison à Internet dans la plupart des foyers en Asie et en Amérique du Sud, et la plupart de ces smartphones désormais abordables sont produits dans des entreprises basées dans les pays du Sud. Le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Mexique ont maintenant un trafic plus important sur les réseaux sociaux que n’importe quel autre pays, à l’exception des États-Unis. Les interconnexions mondiales croissantes des pays du Sud sont non seulement virtuelles mais aussi personnelles : la migration entre pays en développement a récemment dépassé la migration nette Sud-Nord.

  

Vers un « rééquilibrage mondial » entre le Nord et le Sud

Le monde est en train d’assister à un « rééquilibrage mondial » inégalé. L’essor du Sud vient inverser les effets de l’énorme lame de fond démarrée avec la révolution industrielle et qui s’est prolongée tout au long de l’ère coloniale et jusqu’aux deux guerres mondiales du 20e siècle, par laquelle l’Europe et l’Amérique du Nord en sont venues à éclipser le reste du monde. Maintenant, un autre courant est en œuvre et vient placer les pays en développement sur la courbe ascendante. Le Rapport prévoit que ce que nous appelons « l’essor du Sud » devrait continuer et devrait même s’accélérer dans le courant du XXIe siècle.

 

Les institutions mondiales ne reflètent pas encore ce changement historique. La Chine, dont l’économie est la deuxième mondiale et qui détient le plus de réserves de change, a une participation à la Banque mondiale de 3,3 pour cent seulement, moins que celle de la France qui est de 4,3 pour cent. L’Inde, qui va bientôt dépasser la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde, n’a pas de siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Et l’Afrique, qui compte un milliard de personnes dans 54 nations souveraines est sous-représentée dans pratiquement toutes les institutions internationales.

 

Les pays du Sud eux-mêmes possèdent à la fois l’expertise et les ressources nécessaires pour devenir une force plus puissante dans le cadre du développement mondial, avance le Rapport. Les pays en développement détiennent maintenant deux tiers des réserves totales (10,2 mille milliards de dollars) de devises étrangères mondiales, dont plus de 3 mille milliards de dollars rien qu’en Chine, et environ trois quarts des 4,3 mille milliards de dollars en actifs contrôlés par des fonds souverains dans le monde entier. Même une petite partie de ces sommes considérables pourrait avoir un impact rapide et mesurable sur la pauvreté mondiale et le développement humain, dit le Rapport.

 

Le Rapport 2013 avance que l’essor du Sud est en train de pousser les institutions mondiales existantes à changer et de montrer de nouvelles manières grâce auxquelles les pays et les régions pourraient travailler ensemble pour affronter des défis partagés. Comme les institutions internationales plus anciennes ne s’adaptent pas, de nouveaux mécanismes émergent, comme des réseaux de coopération parallèles nationaux et continentaux, dont des pactes commerciaux au niveau régional, des regroupements de sécurité, des banques de développement et des accords bilatéraux.

 

D’après le rapport, les pays du Sud ont besoin d’être mieux représentés au sein de la gouvernance mondiale, ce qui requiert également l’adoption de plus grandes responsabilités. Le système mondial est en grand besoin de réforme, et le Rapport appelle à un « pluralisme plus cohérent » de la gouvernance internationale, mené au niveau national par une « souveraineté responsable », ou la reconnaissance que dans un monde interconnecté, les décisions de la politique nationale affectent les pays voisins et, souvent, la planète dans son ensemble. « Le Sud a besoin du Nord (…) mais le Nord a également de plus en plus besoin du Sud », souligne le rapport. Une tendance lourde qui devraient redéfinir les enjeux géopolitiques qui ont façonné nos civilisations modernes.

Notes/ Cependant, le rapport montre que le Niger et la République démocratique du Congo, malgré les défis de développement constants auxquels ils sont confrontés, figurent parmi les pays qui ont fait le plus de progrès en termes d’amélioration de l’IDH depuis 2000.

Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3691.php

 

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3691.php

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3 – La Banque mondiale revoit à la baisse ses projections pour l’économie mondiale

_ Elle enjoint aux pays en développement de redoubler leurs efforts de réformes

 

WASHINGTON, 10 juin 2014 – Les pays en développement vont afficher une croissance décevante cette année, car les piètres résultats affichés au premier trimestre de 2014 retardent la reprise escomptée de l’activité économique, selon le rapport de la Banque mondiale sur les perspectives économiques mondiales intitulé Global Economic Prospects (GEP), paru aujourd’hui.

Les intempéries aux États-Unis, la crise en Ukraine, le rééquilibrage en Chine, les troubles politiques dans plusieurs pays à revenu intermédiaire, la lenteur des progrès accomplis dans le domaine des réformes structurelles et les contraintes de capacité sont autant de facteurs qui contribuent à une croissance inférieure à 5 % pour la troisième année consécutive à l’échelle des pays en développement.

« Les taux de croissance restent bien trop faibles dans le monde en développement pour créer les types d’emplois nécessaires à l’amélioration des conditions de vie des 40 % des habitants les plus pauvres du monde », déclare le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. « Les pays doivent manifestement agir plus vite et investir davantage dans leurs réformes intérieures pour assurer une croissance économique largement répartie et suffisamment rapide pour permettre de mettre fin à l’extrême pauvreté durant notre génération. »

 

La Banque a abaissé ses prévisions pour les pays en développement, et elle a ramené son estimation du taux de croissance à 4,8 % pour l’année et non plus 5,3 % comme elle l’avait indiqué en janvier. Il semblerait néanmoins que la croissance doive se raffermir pour atteindre un rythme de 5,4 % en 2015 et de 5,5 % en 2016. La Chine devrait afficher un taux de croissance de 7,6 % cette année, mais ce résultat dépendra du succès de ses efforts de rééquilibrage. Un atterrissage brutal de l’économie chinoise aurait des répercussions largement ressenties à l’échelle de l’Asie.

 

Malgré la faiblesse des résultats obtenus au premier trimestre par les États-Unis, la situation se redresse dans les pays à revenu élevé, qui devraient afficher un taux de croissance de 1,9 % en 2014, puis de 2,4 % en 2015 et de 2,5 % en 2016. La zone euro est bien placée pour enregistrer une croissance de 1,1 % cette année, tandis que l’économie des États-Unis, qui s’est contractée au premier trimestre par suite de graves intempéries, devrait s’accroître de 2,1 % sur l’année (contre 2,8 % selon les prévisions antérieures).

Le rythme d’expansion de l’économie mondiale devrait s’accélérer tout au long de 2014 pour atteindre 2,8 %, puis 3,4 % en 2015 et 3,5 % en 2016[1]. Les pays à revenu élevé seront à l’origine d’environ la moitié de la croissance mondiale en 2015 et en 2016, contre moins de 40 % en 2013.

 

L’accélération du rythme de la croissance des pays à revenu élevé donnera une forte impulsion aux pays en développement. Ces pays devraient, selon les projections, accroître la demande mondiale de 6 300 milliards de dollars au cours des trois prochaines années, soit un montant nettement plus élevé que l’injection supplémentaire de 3 900 milliards de dollars qu’ils ont effectué au cours des trois dernières années et supérieur à la contribution attendue des pays en développement. Les risques financiers à court terme sont désormais moins pressants, en partie parque les risques baissiers antérieurs se sont matérialisés sans provoquer d’importants bouleversements et parce que les ajustements économiques effectués au cours de l’année écoulée ont réduit les vulnérabilités.

 

Les déficits des comptes courants de certaines des économies les plus durement touchées en 2013 et au début de 2014 ont diminué et les flux de capitaux destinés aux pays en développement ont repris. Les rendements des obligations ont diminué et les bourses sont remontées, pour atteindre dans certains cas des niveaux supérieurs à ceux affichés au début de l’année, même si ceux-ci sont souvent nettement inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an.

 

Les marchés restent nerveux, et la spéculation entourant le calendrier et l’ampleur de futures réorientations de la politique macroéconomique des pays à revenu élevé pourrait engendrer de nouveaux épisodes de volatilité. Plusieurs pays qui connaissent une forte inflation et affichent des déficits au titre de leurs comptes courants (Afrique du Sud, Brésil et Turquie) restent vulnérables. En effet, le récent assouplissement des conditions financières sur les marchés internationaux pourrait, de nouveau, avoir pour effet de promouvoir l’expansion du crédit et l’accroissement du déficit de leurs comptes courants, et de renforcer les vulnérabilités correspondantes.

« La santé financière des économies s’est améliorée. Sauf en Chine et en Russie, les marchés des valeurs mobilières affichent de bons résultats dans les pays émergents, notamment en Inde et en Indonésie. Nous ne sommes toutefois pas complètement tirés d’affaire. Il importe de resserrer progressivement les politiques budgétaires et de procéder à des réformes structurelles pour reconstituer l’espace budgétaire éliminé par la crise financière de 2008. En d’autres termes, il est maintenant temps de se préparer pour pouvoir faire face à la prochaine crise », explique Kaushik Basu, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale.

 

Les budgets des pays en développement se sont nettement dégradés depuis 2007. Dans presque la moitié de ces pays, les déficits publics sont supérieurs à 3 % du PIB, et les ratios de la dette au PIB ont augmenté de plus de 10 points de pourcentage depuis 2007. Les pays dont les déficits restent importants, notamment l’Afrique du Sud, le Ghana, l’Inde, le Kenya et la Malaisie, doivent resserrer leur politique budgétaire.  Les programmes de réformes structurelles de nombreux pays en développement, au point mort depuis quelques années, doivent en outre être relancés de manière à soutenir une augmentation rapide des revenus.

« Il sera essentiel de dépenser plus judicieusement et non de dépenser davantage. Les goulets d’étranglement qui existent dans les domaines de l’énergie et de l’infrastructure, sur les marchés du travail et dans le cadre de l’activité économique dans de nombreux grands pays à revenu intermédiaire font obstacle à la croissance du PIB et de la productivité. La réforme des subventions pourrait être un moyen de générer les fonds nécessaires pour accroître la qualité des investissements publics dans le capital humain et dans les infrastructures physiques », note Andrew Burns, principal auteur du rapport.

 

 

Aperçu régional :

Dans la région Asie de l’Est et du Pacifique, 2013 a été une nouvelle année de croissance modérée, en raison essentiellement des ajustements intérieurs effectués pour faire face aux déséquilibres engendrés par plusieurs années d’expansion alimentée par le crédit. Le processus d’ajustement se poursuivra en 2014, et le taux de croissance réelle du crédit tombera à moins de 10 %, en particulier en Chine, en Malaisie et en Indonésie. La région devrait enregistrer une légère baisse de son taux de croissance, qui tombera de 7,2 % en 2013 à environ 7,0 % d’ici 2016 – soit une baisse de deux points de pourcentage par rapport aux années record d’avant la crise mais un taux qui cadre de manière générale avec son potentiel. Le taux de croissance de la Chine devrait progressivement baisser de 7,6 % en 2014 à 7,4 % en 2016 par suite de la poursuite du processus de rééquilibrage. Selon les projections, la croissance de la région (hors Chine) se raffermira pour passer d’environ 5 % cette année à 5,5 % à l’horizon 2016, sous l’effet du raffermissement de la demande extérieure, de l’atténuation de l’effet de frein sur la croissance de la situation politique en Thaïlande et de l’allégement des mesures d’ajustement intérieur dans d’autres pays.

  

La modeste reprise observée dans les pays en développement d’Europe et d’Asie centrale s’est poursuivie comme prévu au premier trimestre de 2014, malgré les vents contraires engendrés par les turbulences financières et la situation en Ukraine. La production industrielle a repris, grâce à l’augmentation des exportations vers la zone euro. En Asie centrale, la croissance beaucoup plus faible de la Russie (un partenaire commercial et une source d’envois de fonds d’importance majeure) et la baisse des cours des métaux et des minéraux ainsi que les contraintes de capacité intérieures ont eu pour effet de freiner la croissance en 2014. Selon les estimations, la situation en Ukraine aurait, globalement, réduit d’un point de pourcentage la croissance dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la région. Les projections indiquent que, lorsque cet effet se dissipera, le taux de croissance du produit devrait reprendre pour passer du faible niveau de 2,4 % prévu pour 2014 (3,6 % en 2013) à 3,7 % en 2015 et à 4,0 % en 2016. La croissance en Russie, qui est maintenant un pays à revenu élevé, sera à peine positive (0,5 %), mais passera à 1,5 % en 2015 et à 2,2 % en 2016.

  

L’activité a manqué de dynamisme dans la région Amérique latine et Caraïbes, par suite de la stabilité ou de la baisse des prix des produits de base, de la chute du taux de croissance du PIB des États-Unis au premier trimestre et de problèmes intérieurs. Les difficultés rencontrées par la région, déjà présentes en 2013, ont pesé sur les exportations de marchandises dans un certain nombre de pays. Les données pour le premier trimestre indiquent une situation précaire en Argentine, au Brésil, au Mexique et au Pérou, pour diverses raisons, notamment la baisse du PIB aux États-Unis due aux intempéries, le récent alourdissement de la fiscalité au Mexique et le ralentissement de la croissance en Chine. Le Pérou, la Bolivie et le Panama devraient, en revanche, afficher des taux de croissance supérieurs à 5 % cette année.

 

Les exportations de la région, y compris les recettes du tourisme dans les Caraïbes, s’amélioreront probablement sous l’effet du raffermissement de la croissance dans les pays avancés et de l’amélioration de la compétitivité due aux dépréciations antérieures des monnaies antérieure. Ces différents facteurs, conjugués à la poursuite d’un robuste accroissement des investissements le long de la côte pacifique de l’Amérique du Sud et à de fortes entrées de capitaux devraient permettre de compenser les faibles résultats du premier trimestre pour générer une modeste augmentation de 1,9 % du PIB de la région en 2014, puis une croissance de 2,9 % en 2015 et de 3,5 % en 2016. Le Brésil, qui est la plus grande économie de la région, devrait, selon les projections, afficher un rythme de croissance plus lent que prévu cette année, puisqu’il ne sera que de 1,5 % ; ce taux devrait toutefois atteindre 2,7 % en 2015 et 3,1 % en 2016.

 

La croissance des pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord se raffermira progressivement, pour toutefois rester modeste pendant toute la période couverte par les prévisions à la suite de la contraction de 0,1 % enregistré en 2013. L’activité économique se stabilise dans les pays importateurs de pétrole. Les exportations de plusieurs économies méditerranéennes connaissent un nouvel essor par suite de la reprise dans la zone euro. Bien que l’activité, qui s’était fortement ralentie, soit devenue plus dynamique en Égypte, les répercussions du conflit syrien au Liban continuent de nuire à l’activité, aux exportations et à la confiance dans ce pays. Le produit des pays exportateurs en développement de la région semble devoir se raffermir après des perturbations initiales, notamment en Iraq. La production globale reste néanmoins inférieure à la moyenne enregistrée pour 2013. Les perspectives pour la région restent extrêmement incertaines et tributaires d’une large gamme de risques intérieurs liés à l’instabilité politique et aux incertitudes concernant l’action publique. Selon les projections, la croissance des pays en développement de la région augmentera progressivement pour passer de 1,9 % en 2014 à 3,6 % en 2015 et à 3,5 % 2016, grâce à une reprise de la production de pétrole dans les pays exportateurs de pétrole et à une légère amélioration de la situation des économies importatrices de pétrole.

  

Le taux de croissance du PIB de l’Asie du Sud est tombé, selon les estimations, à 4,7 % sur la base des prix du marché pour l’année civile 2013 (soit 2,6 points de pourcentage en dessous du taux de croissance moyen pour la période 2003-12). Ces faibles résultats tiennent essentiellement à l’atonie de l’activité manufacturière et au brusque ralentissement de l’expansion des investissements en Inde. Les estimations indiquent que la croissance se poursuit, dans l’ensemble, au même rythme au Pakistan, malgré le rééquilibrage budgétaire, mais qu’elle reste sensiblement inférieure à la moyenne de la région en raison notamment des goulets d’étranglement au niveau de l’approvisionnement en énergie et des incertitudes dans le domaine de la sécurité. Le raffermissement de la croissance mondiale et la légère reprise de l’activité industrielle devrait contribuer à porter le taux de croissance de l’Asie du Sud à 5,3 % en 2014 puis à 5,9 % en 2015 et à 6,3 % en 2016. La majeure partie de cette amélioration se produira en Inde, grâce à l’accroissement progressif de l’investissement intérieur et à l’augmentation de la demande mondiale.

 

Les prévisions reposent sur l’hypothèse que des réformes seront entreprises pour atténuer les obstacles au niveau de l’offre (en particulier dans le domaine de l’énergie et de l’infrastructure) et pour améliorer la productivité de la main-d’œuvre, que l’assainissement des finances publiques se poursuivra et que l’orientation de la politique monétaire restera crédible. La croissance de l’Inde devrait, selon les projections, s’effectuer au rythme de 5,5 % durant les exercices 14-15, de 6,3 % durant les exercices 15 -16 et de 6,6 % durant les exercices 16 -17.

En Afrique subsaharienne, la robustesse de la demande intérieure a appuyé la croissance du PIB qui s’est effectué au taux de 4,7 % en 2013, contre 3,6 % l’année précédente. Le taux de croissance global de la région a souffert de la faible progression de 1,9 % affichée par l’Afrique du Sud en raison de goulets d’étranglement structurels, des relations tendues entre employeurs et employés et du manque de confiance des consommateurs et des investisseurs. Si l’on fait abstraction de l’Afrique du Sud, le taux de croissance du PIB de la région s’établit à 6,0 % pour 2013. Les déficits budgétaires et du compte courant se sont aggravés dans toute la région, par suite de l’ampleur des dépenses publiques, de la chute des cours des produits de base et de la forte progression des importations. Les perspectives à moyen terme de la région restent favorables, et le taux de croissance du PIB devrait rester de 4,7 % en 2014 avant de légèrement augmenter pour atteindre 5,1 % en 2015 et en 2016, grâce au raffermissement de la demande extérieure et aux investissements dans les ressources naturelles, l’infrastructure et la production agricole.

La croissance devrait être particulièrement soutenue en Afrique de l’Est, grâce aux entrées d’IED attirés par les ressources en gaz naturel offshore en Tanzanie et par la mise en production des champs pétrolifères en Ouganda et au Kenya. Même si la croissance reste faible en Afrique du Sud, elle se raffermira quelque peu en Angola et restera robuste au Nigéria, qui est la plus grande économie de la région.

  

[1] La croissance mondiale, pondérée en fonction de la parité du pouvoir d’achat de 2010, serait de 3,4 %, de 4,0 % et de 4,2 % respectivement pour 2014, 2015 et 2016. 

 

http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2014/06/10/wb-lowers-projections-global-economic-outlook-developing-countries-domestic-reforms

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4 – Economies émergentes : l’Asie toujours solide, l’Amérique latine et l’Europe de l’Est à la peine

 

La dynamique de croissance est toujours disparate au sein des zones émergentes. L’Asie, qui reste le principal pôle de croissance dans l’économie mondiale, décélère en douceur. L’Amérique latine et l’Europe centrale et orientale déçoivent. Leurs perspectives sont peu favorables pour 2015.

 

Les économies émergentes afficheront une croissance plus faible en 2014 qu’en 2013.
Au delà de ce tableau d’ensemble, la dynamique de croissance est toujours disparate selon les zones. En Asie émergente, principal pôle de croissance dans l’économie mondiale. la tendance reste à la décélération en douceur de la croissance. En revanche les perspectives sont peu favorables sur fond de déséquilibres structurels en Amérique latine et de tensions géopolitiques en Europe centrale et orientale. Les devises des économies assorties de déficits courants massifs (Inde, Indonésie, Brésil, et Turquie notamment) demeurent sous pression.

 

Les BRIC divergent

Le ralentissement de l’économie chinoise se poursuit sans rupture jusqu’à présent. Le rythme de l’investissement en capital fixe des zones urbaines est tombé à moins de 14% en août, une situation inédite. L’économie chinoise a clairement changé de trajectoire. Il est trop tôt pour dire si le changement de moteur de croissance de l’investissement vers un soutien accru pour la consommation est en train de s’opérer. L’économie indienne paraît pour sa part avoir renoué avec une croissance en modeste accélération, mouvement que nous prolongeons en 2015. A l’inverse, la récession frappe à nouveau le Brésil, gagnée par des déséquilibres structurels (inflation, déficit courant) qui ne se résorbent pas. La Russie, confrontée à des sorties de capitaux croissantes, en est à la lisière.

Perspectives économiques mondiales 2014-2015 -/ Document de travail N.50, septembre 2014/ 25/09/2014

 

http://www.coe-rexecode.fr/public/Analyses-et-previsions/Documents-de-travail/Perspectives-economiques-2014-2015-croissance-mondiale-en-ordre-disperse/Economies-emergentes-l-Asie-toujours-solide-l-Amerique-latine-et-l-Europe-de-l-Est-a-la-peine

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5 – Economie mondiale : une classe moyenne émergente

 

L’augmentation du revenu moyen et la diminution du niveau de pauvreté absolue, en particulier ces dix dernières années, suggèrent qu’une proportion croissante de la population mondiale n’est ni riche ni pauvre par rapport aux normes nationales mais se situe dans le milieu de l’échelle des revenus.

En 2009, la « classe moyenne » comptait environ 1,8 milliard d’individus, l’Europe (664 millions), l’Asie (525 millions) et l’Amérique du Nord (338 millions) représentant le nombre de personnes le plus important appartenant à ce groupe. Même en Afrique, où l’essor des classes moyennes est resté limité, leur progression est cependant sensible et a contribué à une hausse de la consommation intérieure dans de nombreux pays. Les ventes de réfrigérateurs, de télévisions, de téléphones portables, de deux-roues et d’automobiles ont explosé dans pratiquement tous les pays d’Afrique ces dernières années. Par exemple, au Ghana, le nombre de propriétaires d’automobiles et de motos a progressé de 81 % depuis 2006.

 

Cet essor se poursuit : la classe moyenne mondiale passera de 1,8 milliard de personnes en 2009 à 3,2 milliards en 2020, et à 4,9 milliards en 2030. Cette progression sera tirée par l’Asie, qui représentera, en 2030, 66 % de la classe moyenne mondiale et 59 % de la consommation des classes moyennes, contre 28 % et 23 % respectivement en 2009 (voir le graphique).

La « classe moyenne émergente » des pays en développement joue un rôle économique et social déterminant, puisqu’elle représente un moteur de croissance, surtout dans les pays les plus grands comme la Chine ou l’Inde, mais aussi en Afrique subsaharienne. Les classes moyennes ont toujours accumulé du capital, qu’il soit physique (usines, équipements ou logements) ou humain (éducation ou santé). En faisant de cette nouvelle catégorie de population à revenu intermédiaire une classe moyenne stable, on jettera des bases solides pour le progrès économique en stimulant la consommation et la demande intérieure.

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L’évolution comparée du Brésil et de la Corée en donne un bon exemple. Dans les années 1960, ces deux pays affichaient des niveaux de revenus et des taux de croissance comparables. Toutefois, dans les années 1980, la classe moyenne ne représentait que 29 % de la population brésilienne en raison d’inégalités marquées, contre 53 % de la population coréenne. C’est cette classe moyenne qui a permis à la Corée de diminuer progressivement la part des exportations au profit de la consommation intérieure, une transition qui n’a pas pu être opérée au Brésil à l’époque. Aujourd’hui, le Brésil a cette possibilité : grâce au recul de la pauvreté qui touchait près 40 % de la population en 2001 contre 25 % environ en 2009, 31 millions de personnes ont rejoint la classe moyenne, qui représente aujourd’hui 52 % de la population totale.

 

Si les classes moyennes constituent un moteur de la consommation et de la demande intérieure, elles jouent aussi un rôle social déterminant. En effet, elles sont réputées soutenir la démocratie et les partis politiques progressistes mais modérés. Une classe moyenne forte peut donc influer sur le développement économique en s’impliquant plus activement dans le processus politique, en apportant son soutien à des programmes politiques et électoraux, en particulier ceux qui favorisent une croissance solidaire.

 

Bien que leurs niveaux de revenus soient supérieurs au seuil de pauvreté, ces classes moyennes demeurent souvent vulnérables. Leurs caractéristiques en termes d’emploi (poids du secteur informel), d’éducation (faible taux de diplômés de l’enseignement supérieur) et de consommation ne correspondent pas aux conceptions traditionnelles d’une classe moyenne capable de tirer la consommation intérieure et la croissance. Par exemple, en Bolivie, au Brésil, au Chili et au Mexique, 44 millions de travailleurs des classes moyennes travaillent dans le secteur informel, soit plus de 60 % des 72 millions de travailleurs des classes moyennes.

Dans ces conditions, les systèmes de protection sociale ne peuvent atteindre ne serait-ce que la moitié de ces travailleurs, le taux de couverture des travailleurs du secteur informel étant extrêmement faible : inférieur à 15 % au Brésil, au Chili et au Mexique, et négligeable en Bolivie.

 

Ce type de classe moyenne n’est pas comparable à celui qui s’est imposé comme le moteur du développement dans de nombreux pays de l’OCDE. La vulnérabilité de ces nouvelles populations en Afrique est encore plus frappante. Malgré une tendance favorable à l’expansion de la classe moyenne, il est encore rare de posséder des biens durables comme des voitures, même si la situation s’améliore. Même dans des pays comme l’Île Maurice ou l’Afrique du Sud, où le nombre de propriétaires de biens durables a fortement augmenté, moins d’un cinquième des ménages possèdent une voiture.

Une telle vulnérabilité est d’autant plus préoccupante que, si les classes moyennes ont des revenus précaires et des emplois instables, on ne peut compter sur leur consommation pour tirer le développement national, et leur croissance ne constitue pas un signe de progrès social. Surtout, leurs préférences politiques peuvent tendre vers des courants populistes qui ne sont pas nécessairement propices à une bonne gestion économique.

Dans les pays émergents et en développement, les attentes de la classe moyenne grandissent et évoluent au rythme de l’amélioration de la situation économique, conformément à « l’effet tunnel » observé par Hirschman. La classe moyenne ne se contente plus d’avoir accès aux services publics : elle est de plus en plus préoccupée par leur qualité. Or il est beaucoup plus difficile de répondre à cette demande de qualité que d’offrir uniquement accès aux services publics, ce qui est source de tensions, de conflits et de troubles politiques.

 

Le Chili offre un exemple récent : après des décennies de croissance économique soutenue, il s’est imposé sur l’échiquier international, fort d’une économie compétitive. Néanmoins, au second semestre 2011, les étudiants ont manifesté en masse contre le gouvernement, demandant un accès élargi à une éducation de qualité et à moindre coût. Après l’accès à l’éducation, les étudiants revendiquent désormais une éducation moins onéreuse et de meilleure qualité, ce qui est beaucoup plus difficile à fournir. Parallèlement à l’explosion de la demande de services publics, la capacité de l’État à répondre à cette demande augmente également, mais moins rapidement.

La classe moyenne demeurant vulnérable, elle n’est pas satisfaite des services publics. Les pouvoirs publics devraient prendre des mesures pour atténuer cette vulnérabilité et bénéficier ainsi du soutien de la classe moyenne. L’action publique doit oeuvrer en faveur de l’ascension sociale, notamment via l’éducation, et mettre en place les dispositifs permettant de protéger les groupes les plus vulnérables face aux risques de la vie (chômage, vieillesse, handicap, responsabilités parentales).

 

 

Avec une offre de services publics de bonne qualité, la classe moyenne peut aider à établir un système de protection sociale de grande ampleur, en participant aux systèmes financés par des cotisations. Si la qualité des services publics est médiocre, les classes moyennes risquent de se considérer comme les perdantes de la négociation budgétaire et seront moins enclines à contribuer au financement du secteur public.

Si la classe moyenne se développe rapidement dans les pays émergents et en développement, elle s’amenuise dans les pays riches et se sent incapable de préserver le niveau de vie qui la caractérise depuis plusieurs siècles. En Grande-Bretagne, en Israël et en Espagne, ainsi que dans de nombreux autres pays, la population manifeste contre une situation qui est devenue, pour beaucoup, insupportable. Les classes moyenne et ouvrière supportent de manière excessive le poids de la crise économique : la perte de leur patrimoine et de leurs revenus au profit des catégories de population les plus aisées n’est plus acceptable. Les attentes croissantes de la classe moyenne qui progresse dans les pays en développement contrastent avec la stagnation du niveau de vie de la classe moyenne des pays de l’OCDE, qui s’amenuise. Aujourd’hui, toutes deux se mobilisent : fortes de leurs spécificités, ces classes moyennes pourront-elles être force de changement ?

Mario Pezzini, Directeur, Centre de Développement de l’OCDE

 

http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/3070/Une_classe_moyenne__E9mergente.html

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6 – Euro et pétrole au secours de l’économie française début 2015

 

L’économie française devrait retrouver un peu d’allant en 2015 sous l’effet de la baisse de l’euro et du pétrole, mais insuffisamment toutefois pour enrayer à ce stade la progression du chômage, prédit l’Insee. La forte atténuation de la consolidation budgétaire en zone euro jouera aussi positivement de même que deux facteurs propres à la France: une stabilisation, à défaut d’un véritable rebond, de l’activité dans le logement après deux années catastrophiques et une hausse des marges des entreprises grâce aux baisses de charges et de fiscalité.

 

Dans une note de conjoncture publiée jeudi, l’Insee anticipe des hausses de 0,3% du produit intérieur brut au premier comme au deuxième trimestres 2015. Il confirme dans le même temps sa prévision de croissance de 0,1% pour le quatrième trimestre 2014, un net ralentissement par rapport au +0,3% de la période juillet-septembre, ce qui permettrait d’enregistrer sur l’ensemble de 2014 une croissance moyenne de 0,4% analogue à celle de 2013 et au niveau des dernières attentes du gouvernement.

 

Sur ces bases, au 30 juin prochain, qui constitue l’horizon de prévision de l’Insee, l’acquis de croissance pour l’ensemble de 2015, à savoir l’évolution du PIB en cas de stagnation sur le reste de l’année, s’élèverait à 0,7%. A ce niveau, une stabilisation à 0,3% du rythme de croissance trimestrielle sur les six derniers mois de 2015 suffirait à valider le scénario de hausse de 1,0% du PIB retenu par le gouvernement dans sa loi de finances.

Le ministre des Finances estime dans un communiqué que la nouvelle prévision “conforte” le scénario de croissance retenu par le gouvernement français. Michel Sapin se félicite que la politique mise en oeuvre ait contribué à créer un climat plus favorable à l’activité, tout en notant que “la croissance en France dépendra aussi de la croissance en Europe” et en appelant les Etats européens à assurer “les conditions d’un retour durable à la croissance”.

 

L’Insee a bâti ses dernières prévisions sur la base d’un pétrole Brent à 70 dollars le baril et d’une parité euro/dollar de 1,23. Il estime que la baisse des deux depuis l’été, qui s’est accélérée récemment s’agissant de l’or noir, aura un impact favorable de 0,1 point de PIB par trimestre d’ici la mi-2015. Toujours selon l’institut, un recul supplémentaire de 10 dollars du cours de l’or noir, qui est tombé un temps sous 60 dollars en début de semaine, ajouterait encore 0,1 point de croissance sur la même période.

  

HAUSSE DE LA DEMANDE EXTÉRIEURE

La baisse du pétrole profite autant au pouvoir d’achat des ménages qu’aux marges des entreprises et celle de l’euro améliore la compétitivité des exportations françaises. Celles-ci devraient bénéficier d’une hausse de la demande extérieure adressée à la France, estimée à 1% par trimestre. Michel Sapin ajoute dans son communiqué que, “si la réduction de la facture énergétique est une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français et pour les coûts de production des entreprises, le niveau anormalement bas de l’inflation doit amener les Etats européens à approfondir leurs discussions sur la situation économique et sur les politiques adaptées dans ce contexte”.

 

L’Insee anticipe dans le même temps une consommation des ménages mieux orientée (+0,4% au 1er trimestre 2015, +0,3% au 2e) en ligne avec leur pouvoir d’achat qui, outre l’effet baisse du pétrole, bénéficiera d’un “moindre dynamisme” des prélèvements obligatoires. Ces dernières prévisions sont conditionnées à un retour à la normale des températures saisonnières, donc à un rebond des dépenses en énergie que l’Insee voit chuter de 2% au quatrième trimestre 2014 sur la seule base de la météo particulièrement douce des mois d’octobre et novembre.

Une stabilisation des dépenses de construction de logements, en déclin depuis début 2011, est un autre élément positif attendu par l’Insee pour 2015. Selon l’institut, la crise du secteur aura coûté de l’ordre de 0,4 point de croissance à l’économie française cette année et 0,6 point sur 2013-2014.

 

S’agissant des entreprises, l’Insee attend l’an prochain une nette amélioration de leurs marges, tombées fin 2013 à un plus bas de 28 ans, sous le double effet de la hausse du crédit d’impôt compétitivité emploi au 1er janvier 2015 et des baisses de charges et impôts prévues par le Pacte de responsabilité. Mais cette embellie ne se traduirait que par une très légère reprise de l’investissement (+0,1% par trimestre) en raison des faiblesses de la demande comme du taux d’utilisation des capacités de production.

En conséquence, l’économie française ne sera pas en mesure de créer suffisamment d’emplois pour absorber la hausse de la population active et l’Insee table sur un taux de chômage qui monterait à 10,2% de celle-ci en France métropolitaine (10,6% avec l’outre-mer) contre 10,0% (10,4%) fin 2014.

(édité par Yves Clarisse)/ 2014 Reuters – Tous droits de reproduction réservés par Reuters./ Source : Reuters 18/12/14 / Mis à jour le 18/12/14

 

http://www.capital.fr/bourse/actualites/euro-et-petrole-au-secours-de-l-economie-francaise-debut-2015-999694

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7 – Le prix du baril de pétrole chute : une bonne nouvelle ?

 

Le prix du baril de pétrole s’effondre et cette chute spectaculaire, en quelques mois seulement, rebat les cartes de l’économie mondiale. Ce n’était pas vraiment prévu. Est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

 C’est un choc pétrolier à l’envers auquel on assiste aujourd’hui Fabienne : en cinq mois, le prix du pétrole a chuté de 30%, de 115 dollars le baril à 70 aujourd’hui et c’est considérable. Pourquoi ? Pour au moins trois raisons : 1 – le ralentissement de l’économie mondiale, et notamment de la Chine ; 2 – l’explosion de la production américaine de pétrole de schiste ; 3 – un bras de fer ou une sorte de jeu de go, géopolitique complexe essentiellement entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Et tout indique, que cette baisse va se poursuivre, au moins une bonne partie de l’année 2015. Globalement, oui, c’est une bonne nouvelle pour l’économie mondiale, l’énergie coûte moins cher, et cela équivaut à plus de 1100 milliards qui sont réinjectés dans l’économie mondiale à un moment où elle en a bien besoin.

L’Europe et la France font clairement partie des gagnants de la baisse des prix du brut…

Oui, on sait que chez nous, la crise de 1973, est née d’une première flambée des prix du pétrole. Aujourd’hui la France et l’Europe sont bp moins dépendante de l’or noir, mais la chute des prix, c’est quand même un vrai ballon d’oxygène, un gain que les économistes chiffrent à 0,5% de Pib en deux ans. C’est inespéré. En France, c’est trois bonnes nouvelles en une :
1 – La facture énergétique de la France va diminuer de 5 milliards dès cette année 2014.
2 – Pour notre industrie, le gain espéré est même supérieur à l’effet des baisses de charges du CICE, du crédit compétitivité emploi. On peut ajouter, pour que pour le transport routier, l’aérien avec Air France, ou la chimie, c’est un sérieux coup de pouce.
3 – C’est bon aussi pour les Français aussi, essence et fioul moins cher, au moment où l’hiver arrive. Voilà qui pourrait donc dynamiser un peu l’économie française.

 

Mais il y a aussi des perdants et ils sont nombreux.

Oui, si la France, l’Europe, les Etats-Unis ou la Chine, profitent déjà de la baisse du prix du pétrole, et bien à contrario, tous ceux dont les recettes sont massivement dépendantes des cours du brut sont frappés de plein fouet. Et il y a parmi eux des pays fragiles. La Russie d’abord : à chaque fois que le cours du pétrole baisse d’un dollar et bien la Russie perd plus d’un milliard et demi de revenu. C’est colossal, pour une économie qui est déjà durement touché par les sanctions occidentales. D’autres grands pays producteurs sont aussi concernés : le Venezuela, qui vit sur un volcan, le Nigeria, la première puissance économique d’Afrique, déjà déstabilisé par le terrorisme ; l’Iran, dont la vente du pétrole lui procurent l’essentielle des devises dont le pays a besoin pour son économie, et puis des pays plus fragiles encore, comme l’Irak et la Libye, qui n’avaient pas besoin de ça.

 

Enfin, il y a une sorte de paradoxe : si l’économie mondiale va globalement profiter à très court terme de l’effondrement des cours, il ne faudrait pas que ce mouvement ralentisse la transition énergétique et l’effort massif en faveur des énergies renouvelables. Il n’y a pas de répit qui tienne en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

 

Vincent Giret lundi 1 décembre 2014

 

http://www.franceinfo.fr/emission/le-decryptage-eco/2014-2015/le-prix-du-baril-de-petrole-chute-une-bonne-nouvelle-01-12-2014-08-11

 

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Avis des internautes

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