MONDE/ POLITIQUE/ TERRORISME : Combattre également le terrorisme en prenant en compte les causes et les arguments terroristes

Publié le 14 mars, 2017 0 Commentaire »
MONDE/ POLITIQUE/ TERRORISME : Combattre également le terrorisme en prenant en compte les causes et les arguments terroristes

 

0.1 – « UNE ANALYSE PRAGMATIQUE DES VRAIES CAUSES DU TERRORISME ISLAMISTE : Quand bien même l’exercice s’avère un peu sordide, l’analyse du profil des terroristes peut nous apprendre beaucoup sur l’origine de leurs actes (pour peu que celui-ci soit homogène). Surtout, cette façon de procéder apparaît fondamentalement pragmatique : il s’agit de considérer des faits générateurs, tels qu’ils sont concrètement vérifiables, et non pas de tenter une mise en perspective d’ensemble, à posteriori. Car le profil des terroristes est un fait avéré, tangible, indiscutable. Il devrait être un préalable à toute tentative d’interprétation des actes perpétrés(..)

. L’ISLAM N’EST PAS LA SEULE OU LA PRINCIPALE CAUSE DU TERRORISME : Pour rappel, le plus grand pays musulman de la planète est l’Indonésie et ce pays ne se caractérise pas spécialement par une acception rigide et violente de l’Islam. Bien au contraire. Il en est de même pour les populations d’autres pays musulmans, comme l’Iran ou la Turquie (indépendamment des propos ou actions de leurs gouvernements respectifs). Il ne faut donc pas céder à l’amalgame. Mais il ne faut pas non plus oublier l’importance de l’Islam dans la trajectoire de ces terroristes : tous ont rencontré des extrémistes religieux, en prison le plus souvent. Ceux-ci leur ont servi des discours en forme de justification à leur passage à l’acte. L’endoctrinement religieux, le culte de la violence et de l’anéantissement des populations impies, tout cela semble facilité par une lecture radicale du Coran. »

 

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0.2 – « Conflit israélo-palestinien/ Trump met à mal « la solution à deux Etats » : Le principe de deux pays « vivant côte à côte en paix et en sécurité » a été défendu, depuis un demi-siècle, par tous les présidents américains, démocrates comme républicains. Donald Trump souhaite être le président qui verra la paix se conclure entre les Israéliens et les Palestiniens, mais il n’a pour l’instant aucune philosophie pour y parvenir. C’est ce qu’il a montré, mercredi 15 février, au cours d’une conférence de presse avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou en visite à Washington. A cette occasion, le président a en effet pris ses distances pour la première fois publiquement par rapport à la solution des deux Etats privilégiée jusqu’à présent par les administrations américaines précédentes. »

 

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1 – Les colonies israéliennes, obstacle à la paix

 

L’Etat hébreu doit admettre le droit international et reconnaître que les territoires conquis par la force doivent être rendus. Cela reste un préalable aux discussions pour trouver une solution au conflit. La Conférence de Paris, une première étape vers la relance de la négociation sur le conflit israélo-palestinien ? Beaucoup dépendra de la capacité du nouveau processus à préparer et à encadrer la deuxième étape, à laquelle devraient participer les Palestiniens et les Israéliens, s’ils reviennent sur leur refus. L’expérience le montre : pour l’initiative française, nombreux sont les risques d’échec.

 

Le premier réside dans le renvoi à plus tard du débat sur les dossiers de fond qui conditionnent la naissance d’un Etat palestinien : les frontières, la capitale, les colonies, les réfugiés et les richesses naturelles. Le deuxième serait de ne pas fonder ce débat sur le droit international tel que le définissent les résolutions des Nations unies. Le troisième découlerait de l’absence d’un organisme de contrôle – et, le cas échéant, de sanction – de l’application des accords éventuels.

 

La question, centrale, de la colonisation éclaire cette problématique. Comment ne pas tirer les leçons de l’«oubli» des négociateurs de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui n’exigèrent pas l’inclusion dans la «déclaration de principes sur les arrangements intérimaires d’”autogouvernement”», de septembre 1993, d’une clause interdisant tout développement des implantations israéliennes dans les Territoires occupés ? Depuis, en vingt-trois ans, le nombre de colons juifs est passé de 120 000 à 450 000 en Cisjordanie et de 160 000 à 200 000 à Jérusalem-Est.

 

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La construction par Israël en Cisjordanie d’un mur et d’une barrière de près de 700 km qui annexent de fait au territoire israélien les principaux «blocs» de colonisation, c’est-à-dire la majeure partie de la population israélienne des Territoires palestiniens occupés, aggrave les effets délétères de la colonisation. Car elle impose sur le terrain une frontière arbitrairement tracée. Et ce fait accompli topographique déchire le tissu économique, social, culturel de la société palestinienne et mine toute possibilité de négociation…

 

Or, le droit international considère la colonisation comme illégale. Avec sa résolution 242, le Conseil de sécurité de l’ONU a défini, le 22 novembre 1967, plusieurs principes pour un règlement pacifique du conflit, à commencer par le retrait israélien des territoires arabes occupés pendant la guerre des Six Jours. Et, dans ce texte fondamental, l’affirmation du caractère inadmissible de l’acquisition de territoires par la force l’emporte sur l’ambiguïté, bien connue, entre les versions française et anglaise sur le retrait «des» ou «de» territoires occupés…

 

Israël a d’ailleurs, à plusieurs reprises dans le passé, officiellement reconnu l’application des normes du droit international dans les territoires qu’elle occupe. Quant à la Cour suprême d’Israël, si elle n’a pas pris position sur l’applicabilité de la IVe Convention de Genève de 1949, elle l’a régulièrement invoquée considérant donc qu’il s’agit bien de territoires occupés, avec tout ce que cela implique.

Nombreuses sont les résolutions du Conseil de sécurité statuant dans le même sens, notamment la résolution 446 du 22 mars 1979 concernant la Cisjordanie et la résolution 1860 du 8 janvier 2009 concernant la bande de Gaza, toujours considérée comme territoire occupé malgré le retrait israélien de 2005. Concernant Jérusalem, il faut rappeler que le plan de partage de l’ONU du 29 novembre 1947 faisait de la ville et de ses environs un «corpus separatum sous régime international spécial». 

 

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C’est donc logiquement que le Conseil de sécurité a condamné les décisions unilatérales successives de la Knesset : en 1953 celle faisant de Jérusalem la capitale du jeune Etat ; en juillet 1967, le vote déclarant la ville «réunifiée capitale éternelle d’Israël» ; en 1980, la loi fondamentale proclamant «Jérusalem entière et réunifiée […] capitale de l’Etat d’Israël» (1). La meilleure preuve de l’unanimité de la communauté internationale sur cette question : Jérusalem n’accueille plus aucune ambassade, elles se trouvent toutes à Tel-Aviv…

 

Autre organisme international important : la Cour internationale de justice de La Haye. Appelée en 2004 à statuer sur la construction du mur, elle qualifie, dans son avis, la Cisjordanie et Jérusalem-Est de «territoire occupé» sur lequel le mur empiète illégalement. Il faut citer aussi la Cour de justice de l’Union européenne qui, le 25 février 2010, dans l’affaire Brita, affirme que l’accord d’association avec Israël est inapplicable aux produits provenant des territoires occupés palestiniens. Enfin, la Commission européenne, dans un «avis interprétatif» sur l’origine des produits en provenance des Territoires occupés en date du 11 novembre 2015, confirme l’exigence contenue dans ses «lignes directrices» en vigueur depuis janvier 2014 : les produits des colonies doivent faire l’objet d’un étiquetage spécifique avec indication d’origine.

 

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Dès lors que la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza constituent des territoires occupés, la IVe Convention de Genève et notamment son article 49 s’appliquent : ils interdisent notamment toute implantation par la puissance occupante de ses ressortissants. Quant au statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), il qualifie même cette démarche de «crime de guerre» dans son article 8-2-a – applicable puisque l’Etat de Palestine est membre de la CPI depuis le 1er avril 2015 et peut déposer plainte pour des faits remontant jusqu’au 13 juin 2014.

 

Dans ces conditions, toute installation de colons est un crime de guerre relevant non seulement de la compétence de la CPI, mais encore de celle de tribunaux nationaux, la compétence de la CPI n’étant que subsidiaire.

Un dernier point souligne le caractère central de la question de la colonisation : c’est l’évolution de la composition du gouvernement israélien. On a noté, à juste titre, que celui-ci avait connu une nette radicalisation. Les coalitions entre la droite et le centre ont cédé la place à des équipes unissant la droite et l’extrême droite. Mais ce déplacement du centre de gravité de l’exécutif, particulièrement sensible depuis les élections législatives du 17 mars 2015 et plus encore récemment avec la nomination d’Avigdor Lieberman comme ministre de la Défense, signifie aussi que les colons sont plus que jamais au pouvoir en Israël. L’actuel gouvernement est leur gouvernement. Si elle veut agir efficacement, la communauté internationale doit en tenir le plus grand compte.

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(1) Voir notamment les résolutions 252 du 21 mai 1967 ; 476 du 30 juin 1980 ; 478 du 20 août 1980.

Par Jean-Paul Chagnollaud , Géraud de La Pradelle , René Backmann et Dominique Vidal/ 13 juin 2016/

http://www.liberation.fr/debats/2016/06/13/les-colonies-israeliennes-obstacle-a-la-paix_145916

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2 – Conflit israélo-palestinien : Trump met à mal « la solution à deux Etats »

 

Le principe de deux pays « vivant côte à côte en paix et en sécurité » a été défendu, depuis un demi-siècle, par tous les présidents américains, démocrates comme républicains. Donald Trump souhaite être le président qui verra la paix se conclure entre les Israéliens et les Palestiniens, mais il n’a pour l’instant aucune philosophie pour y parvenir. C’est ce qu’il a montré, mercredi 15 février, au cours d’une conférence de presse avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou en visite à Washington. A cette occasion, le président a en effet pris ses distances pour la première fois publiquement par rapport à la solution des deux Etats privilégiée jusqu’à présent par les administrations américaines précédentes.

 

Ce rendez-vous avec la presse avait été organisé curieusement quelques minutes seulement après l’arrivée de M. Nétanyahou et de sa femme à la Maison Blanche, dans un décorum empruntant plus à l’accueil d’un chef d’Etat que d’un responsable de gouvernement. Pour insister sur la rupture avec l’administration précédente, sans doute l’objectif principal de cette première rencontre, les deux hommes ont fait assaut de civilités, réaffirmant les liens « indissociables », selon M. Trump, entre leurs deux pays, et une défiance tout aussi partagée vis-à-vis de l’Iran. M. Trump a une nouvelle fois répété que l’accord nucléaire entre les grandes puissances et Téhéran était « le pire jamais conclu » alors que ses conseillers ont pourtant assuré à de multiples reprises que Washington entendait pour l’instant le respecter.

 

Les deux hommes étaient attendus sur la question du conflit israélo-palestinien. Ils ont répondu aux interrogations suscitées par les déclarations parfois ambiguës de M. Trump en esquissant une nouvelle approche pour parvenir à un règlement. M. Trump ne s’est pas embarrassé de références historiques, en effet, pour estimer qu’il revenait aux parties concernées de définir le cadre d’une éventuelle paix. « Je regarde [la solution des] deux États et [la solution d’]un Etat et (…) si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec ce qu’ils préfèrent. Les deux me conviennent », a-t-il assuré après avoir invité son visiteur à freiner « un peu » la construction dans les colonies israéliennes.

 

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_ Convergence d’intérêts avec les pays arabes

Les Etats-Unis ont toujours jusqu’à présent défendu la création d’un Etat palestinien pour éviter qu’Israël n’ait à choisir entre le contrôle des territoires conquis en 1967 et la préservation de son caractère démocratique, l’une des valeurs communes rappelées par M. Trump. M. Nétanyahou s’est prononcé une seule fois en faveur de la solution des deux Etats, en 2009. Alors que le président américain a écarté toute décision précipitée sur la question du transfert à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis installée à Tel Aviv (« Nous y réfléchissons très très sérieusement. 

Nous verrons ce qui se passe », a-t-il dit), M. Nétanyahou est revenu sur la question des deux Etats en refusant de s’attacher « aux mots ». Il s’est concentré au contraire sur « le contenu », ce qui lui a permis de répéter les conditions israéliennes à la création d’un Etat palestinien, en l’état inacceptable par l’Autorité palestinienne.

 

Pour contourner le blocage actuel, les deux hommes ont évoqué une nouvelle piste. « Notre administration s’engage à travailler avec Israël et nos alliés communs dans la région pour davantage de sécurité et de stabilité. Cela comprend un accord de paix entre Israël et les Palestiniens », a assuré M. Trump. Le premier ministre israélien a évoqué pour sa part une convergence d’intérêts avec des pays arabes face aux menaces constituées par l’Iran et le djihadisme. Il ne les a pas cités nommément mais il pensait probablement à l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie et les Emirats arabes unis, qu’il espère voir jouer de leur influence auprès des Palestiniens.

 

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_ Critiques de la communauté internationale

Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait de son côté défendu la solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien. « Il y avait un accord total » sur le fait que toute résolution au conflit israélo-palestinien nécessite « une solution à deux Etats et que tout doit être fait pour préserver cette possibilité », a rappelé M. Guterres, qui était au Caire pour une rencontre avec le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.

« Je n’ai pas à commenter, bien sûr, la position d’autres pays, mais ce que je peux dire, c’est que notre engagement en faveur d’une solution à deux Etats est plus fort que jamais », a affirmé mercredi pour sa part François Delattre, l’ambassadeur français à l’ONU, à des journalistes, rappelant l’engagement de la communauté internationale à cet égard lors d’une conférence à Paris en janvier.

 

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_ Michael Flynn, « traité injustement »

Une ombre a également pesé sur la conférence de presse. Alors que l’administration américaine est encore secouée par le départ précipité du conseiller à la sécurité nationale nommé par Donald Trump, Michael Flynn, contraint à la démission, le New York Times a révélé mardi soir l’existence de contacts multiples entre des responsables russes et des proches de M. Trump pendant la campagne présidentielle.

 

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Pour éviter de répondre à des questions sur ce sujet, le président a fait en sorte mercredi, comme lors des deux conférences de presse précédentes, de ne donner la parole qu’à des médias conservateurs jugés bienveillants à son égard. Trump n’a pas pu s’empêcher cependant, comme il l’avait déjà fait dans un message publié le matin sur son compte Twitter, de déplorerle départ de M. Flynn, « traité très injustement par la presse ». Cette dernière avait révélé que l’ancien conseiller avait menti à l’administration à propos du contenu d’une conversation avec l’ambassadeur russe à Washington, avant l’entrée en fonctions de M. Trump. Cette défense a d’autant plus surpris que le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, avait expliqué la veille que le président avait lui-même demandé à M. Flynn de démissionner parce qu’il n’avait plus confiance en lui.

 

LE MONDE/ 15.02.2017/ Mis à jour le 15.02.2017/ Par Gilles Paris (Washington, correspondant)

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/02/15/l-onu-soutient-toujours-une-solution-a-deux-etats-pour-resoudre-le-conflit-israelo-palestinien_5080166_3218.html

 

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3 – Terrorisme islamiste : quelles sont les vraies causes ?

 

Présentation des points communs aux terroristes : vérités et contre-vérités ne sont pas là où on les attend. Si l’on en croit le nombre et la teneur des débats qui polarisent l’Hexagone depuis le commencement de la vague d’attentats (Mohamed Merah à Montauban), il semble que nous Français ayons quelques difficultés à cerner, qualifier voire nommer le phénomène terroriste actuel. Médias, experts et philosophes défendent en effet des thèses passablement contradictoires.

Du fait des polémiques dont nous sommes quotidiennement abreuvés, bon nombre de citoyens ne savent plus si ce terrorisme est d’origine religieuse ou ethnique, s’il est typiquement local ou importé de Daech, si les auteurs des violences sont des malades mentaux ou des combattants voués à une cause, si ce sont des extrémistes parfaitement intégrés ou s’il ne s’agit que de marginaux sans formation ni travail… Mais comment leur reprocher compte tenu de ce tintamarre médiatico-politique particulièrement abscons ?

 

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_ UNE ANALYSE PRAGMATIQUE DES VRAIES CAUSES DU TERRORISME ISLAMISTE

Quand bien même l’exercice s’avère un peu sordide, l’analyse du profil des terroristes peut nous apprendre beaucoup sur l’origine de leurs actes (pour peu que celui-ci soit homogène). Surtout, cette façon de procéder apparaît fondamentalement pragmatique : il s’agit de considérer des faits générateurs, tels qu’ils sont concrètement vérifiables, et non pas de tenter une mise en perspective d’ensemble, à posteriori. Car le profil des terroristes est un fait avéré, tangible, indiscutable. Il devrait être un préalable à toute tentative d’interprétation des actes perpétrés sur le sol français.

Le tableau ci-dessous (cliquez pour agrandir) relate de façon synoptique ces profils. Seuls les terroristes dont la participation directe a été démontrée y apparaissent. Ils sont au nombre de douze (l’auteur de la tuerie de Nice étant le dernier de la liste, et encore incomplètement renseigné) :

 

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En réalité, bien que les profils de ces criminels se ressemblent étonnamment, et on peut parler ici de stéréotype, le phénomène terroriste apparaît dans toute sa complexité. Pourquoi ? Parce que justement, les profils des auteurs des attentats commis sur le sol français se ressemblent sur de nombreux points, et pas seulement sur celui d’une inspiration politico-religieuse islamiste ou pro-Daesh. En effet, ces terroristes sont tout aussi proches en matière d’origine familiale ou sociologique qu’ethnique. À l’inverse, quasiment aucun d’entre eux n’était un musulman pratiquant. Tous s’étaient convertis de façon aussi récente que radicale, dans des conditions très particulières. Ces similarités sont donc troublantes, et permettent de rétablir les contre-vérités suivantes.

 

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_ L’ISLAM N’EST PAS LA SEULE OU LA PRINCIPALE CAUSE DU TERRORISME

Pour rappel, le plus grand pays musulman de la planète est l’Indonésie et ce pays ne se caractérise pas spécialement par une acception rigide et violente de l’Islam. Bien au contraire. Il en est de même pour les populations d’autres pays musulmans, comme l’Iran ou la Turquie (indépendamment des propos ou actions de leurs gouvernements respectifs). Il ne faut donc pas céder à l’amalgame.

Mais il ne faut pas non plus oublier l’importance de l’Islam dans la trajectoire de ces terroristes : tous ont rencontré des extrémistes religieux, en prison le plus souvent. Ceux-ci leur ont servi des discours en forme de justification à leur passage à l’acte. L’endoctrinement religieux, le culte de la violence et de l’anéantissement des populations impies, tout cela semble facilité par une lecture radicale du Coran.

 

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_ LE GENRE, L’ORIGINE ETHNIQUE ET LA STRUCTURE FAMILIALE JOUENT UN RÔLE INDÉNIABLE

Ce sont tous des hommes jeunes, entre 20 et 31 ans. Ils sont presque tous issus d’importantes fratries (information non connue à ce jour concernant le terroriste du 14 juillet) (cf. analyses du Docteur Rik Coolsaet pour The Guardian, Les Échos 11/2015). Et ils ont presque tous été élevés dans une relative absence d’autorité paternelle si ce n’est parentale. Ce sont donc des enfants dont l’éducation s’est avérée partiellement défaillante en ce qui concerne ce processus si important que constitue l’édification du Sur-Moi du futur adulte apte à la vie en société.

De même que tous proviennent de familles d‘Afrique du Nord, tous étant du Maghreb sauf un, issu d’une famille malienne. L’unicité géographique reste donc particulièrement frappante : Tunisie, Algérie, Mali et Maroc sont des pays voisins. La coïncidence ethnique ne tient d’ailleurs pas du hasard : ces quatre pays proviennent d’anciennes colonies ou protectorats français. Aucun Égyptien, Iranien, Indonésien (ou même Vietnamien, Espagnol, Italien ou Portugais) n’a encore frappé chez nous. Il subsiste probablement un ressentiment vis-à-vis de l’ex colonisateur français, une sorte d’ambivalence amour/haine qui ne peut qu’aider au passage à l’acte lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies par ailleurs.

 

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_ LA COMPOSANTE IMMIGRATION EST DÉTERMINANTE DANS LE TERRORISME MAIS PAS LÀ OÙ ON PENSE

Elle est certes déterminante puisqu’aucun de ces terroristes n’était d’une famille française de longue date. Tous, sauf un, étaient issus de la seconde génération de l’immigration (le dernier terroriste était tunisien), cette génération qui, selon les sociologues, peine encore plus que la première à s’intégrer. Aux difficultés rencontrées par les parents, qu’elle a subies pendant toute son enfance, s’ajoutent les siennes propres à l’école puis à l’entrée dans la vie active. Les parents ont choisi l’immigration, ils ont consacré leur énergie à survivre au changement de contexte culturel et ethnique. Mais les enfants ne sont pas mieux lotis pour autant, comme s’ils reprenaient le processus au stade auquel les parents l’on trouvé lorsqu’ils sont arrivés sur le sol français.

 

Néanmoins, cette difficulté relative à l’immigration n’est pas celle que l’on croit : pratiquement tous ces terroristes avaient un métier, une formation (certes limitée, sauf pour le dernier d’entre eux) et de quoi vivre ne serait-ce que décemment. Les difficultés de l’intégration sont donc ailleurs, du côté de la possibilité de faire jeu égal avec la population du pays d’accueil, sur fond d’un possible sentiment de rejet ou de désamour de part et d’autre (aspects physiques, accent, activités culturelles, valeurs)…

 

Il s’agit certes d’un échec sur le plan de l’intégration, mais celui-ci ne concerne pas directement l’aspect financier. Cet échec se cristallise sur un autre plan, bien plus subtil et prépondérant : celui d’une véritable assimilation. En France, la sélection scolaire puis professionnelle fait apparaître en effet des inégalités criantes entre origines ethniques. Tous les immigrés ne sont pas frappés de la même manière. Les statistiques sont formelles : parmi les différentes ethnies de l’immigration, ce sont les populations en provenance des pays musulmans, maghrébins ou africains (selon les études) qui affichent les taux de réussite scolaire et professionnel les moins bons1. Les écarts sont considérables, en ce qui concerne les garçons…

 

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_ SIMPLIFICATION MÉDIATIQUE ET POLITIQUEMENT CORRECT

Ainsi, le passage à l’acte de ces terroristes semble multi-causal. Il prend son origine dans la combinaison de plusieurs variables. Ces variables sont quasiment identiques d’un terroriste à l’autre au sein de cette liste certes courte, mais exhaustive. Ce qui prouve combien c’est la combinaison de ces variables qui semble détonante, et non quelques-unes d’entre elles prises séparément. Est-ce pour cela que le concert médiatique et les polémiques qui parcourent l’Hexagone visent à réduire ce terrorisme à des causes simples et parfaitement circonscrites ?

Est-ce parce que le travail journalistique de type pédagogique n’a plus cours de nos jours, dans des comités de rédaction dont l’objectif se résume à des slogans simplificateurs à la portée de n’importe quel cerveau ? Est-ce parce que les hommes politiques ne se sentent pas eux-mêmes le courage de nommer cette complexité et préfèrent en profiter pour dissimuler leurs propres responsabilités ?

 

À contre-courant de cette tendance, voici donc un schéma qui résume de façon visuelle (et sans les hiérarchiser) la conjonction des différentes causalités très probablement à l’origine du passage à l’acte de ces terroristes :

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Il est vrai qu’à la lecture de ce schéma, les responsabilités de la France apparaissent clairement. Force également de constater que le phénomène en question n’est certainement pas prêt de s’estomper sans une prévention et une répression efficaces. Pilonner les positions de Daesh semble tellement éloigné de ce dont l’hexagone aurait immédiatement besoin !

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Sur le web : 1 – Cf les travaux de Nicolai Sennels, Atlantico 04/2016 ; l’Ined, Le Figaro 10/2010 ; Claudine Attias-Donfut, Le Figaro 10/2009.

 

Par Claude Robert/ TERRORISME/ 2 JANVIER 2017

 

https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste

 

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4 – ISLAM : Quelles sont les motivations des terroristes islamiques ?

 

Pas spécialement religieux, ni damnés de la terre, ce sont des déracinés qui se retrouvent chez eux dans une organisation mondiale de lutte antioccidentale. Il est important, étant donné la menace du terrorisme islamique, de nous interroger sur les ressorts profonds de l’engouement de ces milliers d’individus pour un engagement dans une entité terroriste. Que pourrait faire une cellule animatrice telle qu’Al Qaida sans ce réseau de volontaires? Pourquoi rejoignent-ils son école?

 

_ Ce qui fondamentalement explique leur engagement, c’est leur condition de déracinés

Les experts en la matière, tels que Dounia Bouzar, auxquels se réfère Elie Barnavi, dans son livreLes religions meurtrières (Flammarion, Champs, actuel, 2006), nous disent que ce ne sont pas leurs convictions religieuses qui les motivent. La plupart sont ignares en matière de religion. Ils ne se sentent pas spécialement concernés par le conflit israélo-palestinien. Ce ne sont pas non plus des damnés de la terre qui chercheraient une revanche. Beaucoup ont fait des études -parfois même des études supérieures- et ont un bon métier.

 

Ce qu’ils ont tous en commun, c’est que ce sont des déracinés. Immigrants de première ou deuxième génération, ils n’ont plus d’attaches avec leur pays d’origine et ils sont mal intégrés dans leur pays d’accueil. S’ils ont l’occasion de redécouvrir l’islam dans une association locale qui, de plus, leur délivre un endoctrinement idéologique, ou s’ils consultent sur le web l’un des 5000 sites qui diffusent les mots d’ordre et les recettes opérationnelles, ils se sentent alors investis d’une mission mondialiste qui vient combler leur besoin d’identité. Ils se voient comme sauveurs de l’humanité au nom d’une communauté internationale.

«Se sentant de nulle part, écrit Elie Barnavi, ils trouvent soudain un chez soi. Ils ne seront jamais chez eux, pensent-ils, en France, ou en Grande-Bretagne : ils seront chez eux dans la révolution islamique mondiale». Ce sont des internationalistes, des acteurs de la mondialisation avec une idéologie de haine de la modernité dont l’Amérique impériale donne l’image.

 

_ Si la religion n’est pas le ressort de leur engagement, du moins elle leur sert de légitimation

La religion, dont ils n’ont souvent qu’une connaissance superficielle, n’est qu’un marqueur de leur engagement, un drapeau, une justification, non leur motivation véritable, tout comme les groupes terroristes des années 1970 en Europe avaient une idéologie anticapitaliste pour justifier leur violence. Ce terrorisme islamique, «c’est le nouveau visage de l’anarchisme gauchiste violent, (…) l’avatar musulman des terroristes de la bande Baader-Meinhof, des Brigades rouges italiennes, de l’Armée rouge japonaise ou de l’Action directe française».

 

_ L’absence d’institution régulatrice dans l’islam n’arrange pas les choses

C’est une voix se réclamant de la religion qui leur a donné l’occasion et la justification de leur engagement révolutionnaire ; elle a fourni un dérivatif à leur mal-être de déracinés frustrés. La religion est ici instrumentalisée et détournée par des associations se réclamant d’une religion fondamentaliste. Et ce détournement de la religion n’a pas de frein, car il n’existe pas dans l’islam d’institution représentative ayant autorité pour réguler les pratiques et les interprétations des textes. L’interprétation reste aléatoire tout en se rattachant à telle ou telle grande orthodoxie. Cette situation est inquiétante car on voit ainsi ce prosélytisme se répandre comme se répand une rumeur, sans contrôle possible.

 

_ Un phénomène social majeur à longue échéance

On est devant un phénomène social complexe de grande ampleur. Il est complexe car il mêle un sentiment collectif et indéfini de frustration de «déracinés en quête d’identité» à des justifications religieuses irrationnelles et incontrôlables. Ce ne sont pas quelques dirigeants illuminés, instigateurs d’un projet terroriste mondial, qui pourraient avoir un impact sérieux s’ils devaient recruter des mercenaires par leurs propres moyens. Mais un grand nombre de volontaires viennent s’enrôler spontanément. Et si le phénomène est effectivement lié au sentiment de déracinement lié aux migrations de populations, on en déduit que ce phénomène est d’autant plus important et durable que les migrations des pays du sud vers ceux du nord ont pris de l’importance, bien que, heureusement, seule une minorité de ces migrants ou de leurs descendants soit concernée.

 

https://hollandises.wordpress.com/quelles-sont-les-motivations-des-terroristes-islamiques/

 

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5 – Terrorisme : les nouvelles menaces qui pèsent sur l’Afrique

Alors que les attentats de Paris ont révélé les failles sécuritaires de l’Europe, comment le continent, qui conjugue à la fois une grande habitude et une vraie impuissance, lutte-t-il contre les groupes jihadistes ?

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5.1 – Terrorisme : l’Afrique peut-elle faire face ?

Alors que les attentats de Paris ont révélé les failles sécuritaires de l’Europe, comment le continent, qui conjugue à la fois une grande habitude et une vraie impuissance, lutte-t-il contre les groupes jihadistes ?

Face à ce nouveau mode de guerre asymétrique qu’est le terrorisme jihadiste, l’Afrique conjugue à la fois une grande habitude et une grande impréparation. De Nouakchott à Djibouti, de Casablanca à Mombasa, l’arme de la terreur fait partie du paysage depuis une décennie. Dans la seule bande sahélienne, l’activité des groupes islamistes radicaux a entraîné le déplacement de 3,5 millions de réfugiés et la mort de près de 20 000 civils (dont 60 % pour le seul Nigeria), et pas moins de dix capitales du continent ont été, ces dernières années, la cible de prises d’otages et d’attentats meurtriers : Tunis, Tripoli, Bamako, Abuja, N’Djamena, Niamey, Kampala, Nairobi, Djibouti, Mogadiscio…

 

_ L’impuissance du continent

Le terrorisme y est donc un phénomène relativement résilient, et les réactions des populations qui y sont confrontées diffèrent assez largement de ce que l’on observe en Europe en ce moment : ni sidération, ni incapacité à comprendre ce qui leur arrive, mais un mélange de résignation et de révolte, surtout une facilité spontanée à regarder la réalité en face. Il s’agit bien d’une guerre, et les jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), de Boko Haram ou de la nébuleuse Shebab ne sont ni des fous ni des psychopathes, ce sont des ennemis avec un projet élaboré et délibéré : cela, chacun en Afrique l’a compris, et personne ne s’étonne plus de voir la France érigée au rang de cible prioritaire et symbolique puisque cette puissance moyenne est aujourd’hui la plus interventionniste dans le monde arabo-musulman.

 

« Boko Haram compte entre 5 000 et 7 000 hommes, les Shebab 3 000 à 5 000, Aqmi et Al-Mourabitoune un millier »

 

Habitude donc, mais aussi impuissance. Les ressources humaines et matérielles mobilisées par les groupes jihadistes qui écument le 15e parallèle sont faibles : Boko Haram compte entre 5 000 et 7 000 hommes, les Shebab 3 000 à 5 000, Aqmi et Al-Mourabitoune un millier, leur armement se résumant aux fusils d’assaut, aux lance-roquettes, aux grenades et aux bombes humaines. Seul Daesh, implanté en Libye, fort de ses 2 500 combattants répartis entre Syrte et l’enclave de Derna, possède un embryon d’armement lourd, de véhicules blindés et de moyens antiaériens.

 

Pourtant, les forces de sécurité africaines ont bien du mal à faire face et, quand elles y parviennent, comme dans le nord-est du Nigeria, leurs efforts mutualisés ont l’effet d’un coup de pied dans une fourmilière : l’ennemi se disperse et, plutôt que d’attaquer des localités, multiplie les opérations suicides – les deux dernières en date, perpétrées à Kano et à Yola, capitale de l’État d’Adamaoua, les 17 et 18 novembre, ont fait 47 morts et 130 blessés. L’absence de coopération efficace entre les États dans les domaines du renseignement et de la surveillance est l’une des clés de cette impréparation. Ce travail, indispensable parce que préventif, est en partie assuré par les forces françaises et américaines présentes sur place, mais il est carent là où le renseignement humain fait toute la différence : dans les grandes villes.

 

_ L’État islamique attire les jihadistes africains 

Ce constat est d’autant plus préoccupant que l’on observe ces derniers temps un mouvement de retour des jihadistes subsahariens, plus particulièrement francophones, partis combattre dans les rangs de l’État islamique. Maliens, Nigériens, Tchadiens, Sénégalais, Soudanais : ils seraient deux milliers répartis entre les confins syro-irakiens et le nord de la Libye (où les habitants les surnomment « les Boko Haram »).

Certains ont déjà rejoint le Sud libyen, où ils s’engagent aux côtés des tribus arabes en guerre de territoires permanente contre les Toubous. D’autres – notamment un groupe de Sénégalais et de Maghrébins – ont été repérés au sein de la secte d’Abubakar Shekau. Il y a peu de doute que la destination finale de ces terroristes soit leur pays d’origine et plus précisément les métropoles. Dakar est considérée aujourd’hui par les services de renseignements occidentaux comme l’une des capitales les plus menacées et les plus vulnérables, mais Yaoundé et Douala, au Cameroun, sont aussi des cibles potentielles.

 

« Le paradoxe veut aussi que la Tunisie, qui, par son exemple, a semé les graines de la révolution libyenne, soit désormais la principale victime du chaos »

 

Au Maghreb, la situation est différente. Considérés comme les plus performants du continent et très engagés dans la coopération avec l’Europe, les services de renseignements et de sécurité marocains sont très proactifs en matière de détection et de démantèlement des réseaux jihadistes. Très expérimentés eux aussi, leurs homologues algériens sont parvenus à sanctuariser la capitale, Alger, depuis plusieurs années. Reste la Tunisie, sans doute la plus grande pourvoyeuse de recrues pour Daesh et la moins bien préparée, depuis la chute de Ben Ali, à absorber le choc en retour.

Le paradoxe veut aussi que ce pays, qui, par son exemple, a semé les graines de la révolution libyenne, soit désormais la principale victime du chaos dans lequel les apprentis sorciers de Paris, Londres et Washington ont plongé la défunte Jamahiriya, passée directement de la case dictature à celle de l’État néant et première fabrique africaine de terreur…

 

Publié le 30 novembre 2015/ Par François Soudan

 

http://www.jeuneafrique.com/mag/280601/politique/terrorisme-lafrique-peut-elle-faire-face/

 

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5.2 – Terrorisme : le Niger, le Burkina Faso et le Mali créent une force conjointe pour sécuriser leurs frontières communes

Le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont décidé mardi à Niamey de mettre sur pied une force multinationale pour lutter contre l’insécurité dans la zone du Liptako-Gourma, à cheval sur leurs trois frontières et qui menace de devenir un sanctuaire pour les groupes terroristes. « Nous avons décidé (…) de la mutualisation de nos moyens de renseignements, de nos capacités (militaires) opérationnelles pour faire face à la situation sécuritaire dans cette zone » du Liptako-Gourma, a déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou. Celui-ci était l’hôte du sommet de l’Autorité du Liptako-Gourma (ALG), institution créée en 1970, auquel ont assisté Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso et Modibo Keïta, le Premier ministre du Mali.

 

« La région du Liptako, jadis havre de paix, est en passe de devenir un sanctuaire de groupes terroristes et de criminels de tous genres », s’alarme encore le communiqué final du sommet. « Malgré les efforts déployés par les États membres, en relation avec la communauté internationale (…) la situation sécuritaire demeure volatile et préoccupante », insiste le texte.

Cette nouvelle entité, elle-même composante de la force conjointe du G5 Sahel décidée en novembre 2015 à N’Djamena, au Tchad, doit être construite à l’image de la Force multinationale mixte créée par le Niger, le Nigeria, le Tchad et le Cameroun contre Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad. « La Force multinationale mixte a beaucoup affaibli Boko Haram (…), il n’y a pas de raison qu’on ne s’en inspire pas au niveau des trois frontières qui concernent le Burkina Faso, le Mali et le Niger », a conclu Mahamadou Issoufou.

 

25 janvier / Mis à jour le 25 janvier 2017 / Par Mathieu Olivier

 

http://www.jeuneafrique.com/397340/politique/terrorisme-niger-burkina-faso-mali-creent-force-conjointe-securiser-leurs-frontieres-communes/

 

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5.3 – Algérie : neuf terroristes tués par l’armée en Kabylie

 

L’armée algérienne a annoncé avoir tué neuf terroristes, mardi 28 février, près de la commune d’Azzefoun, dans la wilaya (département) de Tizi Ouzou, selon un communiqué du ministère de la Défense. « Dans le cadre de la lutte antiterroriste et grâce à l’exploitation efficiente de renseignements, un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP) relevant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou (1èree RM) a neutralisé neuf terroristes ce matin suite à une opération de fouille et de bouclage », précise le ministère.

 

L’opération, toujours en cours, se déroule dans la région maritime de Kabylie, située à 170 km à l’est d’Alger. Deux pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov, un fusil à lunette, un fusil à pompe, cinq fusils de chasse, une quantité de munitions et divers objets, ont été récupérés. Au moins sept terroristes ont été également fait prisonniers au cours de cette opération. Des images mises en ligne sur les réseaux sociaux montrent plusieurs éléments recevant des soins de la part des militaires. Certains de ces captifs sont des vétérans qui ont rejoint le maquis au début des années 1990 alors que d’autres ont pris les armes au cours de la dernière décennie.

 

_ Vigilance militaire

Le 15 février dernier, 14 autres activistes avaient été tués par les militaires lors d’une opération de ratissage suivie d’un accrochage près de Bouira, à 125 km au sud-est d’Alger. La neutralisation de ces éléments s’est soldée par la mort de plusieurs soldats qui ont péri lors de la première intervention contre ce groupe actif dans une région jadis réputée pour être un fief de l’Armée islamique du salut (AIS, auto-dissoute en janvier 2000).

 

L’élimination des neuf terroristes à Tizi Ouzou intervient moins de deux jours après une tentative d’attentat suicide devant un commissariat de Constantine, à l’Est du pays. Un kamikaze a fait exploser sa ceinture alors qu’il tentait de s’introduire dans le bâtiment. Deux personnes ont été blessées dont le policier qui a tiré sur le kamikaze. La branche algérienne de l’État islamique, active depuis l’été 2014, a revendiqué cette attaque déjouée. Depuis le début de l’année, au moins 22 islamistes armés ont été tués dans ces régions, selon un décompte de l’AFP établi à partir de bilans officiels.

 

28 février 2017/ Mis à jour le 01 mars 2017/ Par Farid Alilat

 

http://www.jeuneafrique.com/408040/politique/algerie-neuf-terroristes-tues-larmee-kabylie/

 

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http://www.jeuneafrique.com/dossiers/terrorisme-nouvelles-menaces-pesent-lafrique/

 

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6 – Les attentats terroristes en Europe ont causé plus de 2 200 morts depuis 2001

L’attentat qui a endeuillé la nuit du Nouvel An à Istanbul, le 31 décembre 2016, a clôturé une année particulièrement marquée par les attentats meurtriers en Europe. Depuis 2001, on dénombre 2 239 morts dans des attaques terroristes et près de 8 200 blessés. Cette carte représente les attaques terroristes majeures ayant frappé le continent européen depuis 2001. La taille des bulles est directement proportionnelle au nombre de personnes tuées dans les attentats. La carte n’obéit pas à une logique géographique stricte et inclut à la fois la partie européenne de la Russie et la Turquie, membre de la coalition internationale contre l’organisation Etat Islamique et membre de l’OTAN.

 

Près des trois quarts des victimes du terrorisme en Europe ont péri dans les attentats qui ont rythmé le conflit entre les autorités russes et des factions armées tchétchènes, ou bien lors d’attaques menées par des combattants djihadistes agissant pour le compte d’Al-Qaida ou ses filiales ou de l’organisation Etat Islamique à partir de 2014.

 

Le nombre de victimes du terrorisme en Europe n’est pas réparti de façon égalitaire durant ces quinze dernières années. Une grande partie d’entre elles sont mortes entre 2002 et 2004 dans les multiples attaques qu’ont subies les villes de Grozny, de Beslan ou bien de Moscou. Les attentats à la bombe perpétrés à Madrid et à Londres, respectivement en 2004 et 2005, sont parmi les dernières attaques majeures revendiquées par Al-Qaida en Europe, l’influence et le financement de cette organisation ayant décliné depuis le début de la guerre contre le terrorisme entreprise par le président américain Georges W. Bush à la suite des attentats du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis.

 

Ces dernières années, le groupe Etat Islamique a dirigé ses attaques contre l’Europe. La France a été visée par plusieurs attentats de grande ampleur : du 7 au 9 janvier 2015, contre le journal Charlie Hebdo et un magasin casher de Paris, puis le 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, et enfin à Nice où 86 personnes ont été tuées par un camion bélier le 14 juillet 2016.

 

Mais depuis mi-2015, c’est la Turquie qui paye le plus lourd tribut au terrorisme, car elle est devenue la cible à la fois de l’organisation Etat islamique et des indépendantistes kurdes. Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupuscule extrémiste des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) multiplient les attaques contre les forces de sécurité turques, en particulier dans le sud-est du pays. Nous n’avons pu recenser que les principales attaques, ce qui nous conduit à sous-estimer le nombre de victimes.

 

Source : LE MONDE/ 24.03.2016/ Mis à jour le 02.01.2017/ Par Alexandre PouchardAnne-Aël Durand et Gary Dagorn

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2016/03/24/les-attaques-terroristes-en-europe-ont-fait-plus-de-1-800-morts-depuis-2001_4889670_4355770.html

 

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7 – Les USA peuvent revoir leur stratégie de lutte contre Daech

 

L’administration du président américain Donald Trump peut revoir la stratégie et le projet de lutte contre les terroristes de Daech, élaborés lors de la présidence Obama. En se référant à des sources au sein de l’administration du président Trump, le Washington Post a présenté les scénarios probables de changements des actions de Washington concernant la participation des États-Unis à la lutte antiterroriste.

Ainsi, selon les journalistes du quotidien américain, le projet en cours d’élaboration de Donald Trump sur l’élimination de Daech pourrait mener à une importante inflexion de la stratégie des États-Unis en Syrie, que Trump a héritée de Barack Obama, y compris la possible réduction ou un renoncement total au soutien des États-Unis accordé à l’« opposition modérée », qui lutte contre l’armée syrienne, et de l’utilisation des Kurdes syriens.

 

Les journalistes américains estiment qu’auparavant Donald Trump a chargé le Pentagone ainsi que d’autres autorités concernées d’élaborer avant la fin février des propositions sur la lutte contre Daech. Selon les sources proches de l’administration Trump, un point important du nouveau projet est de « limiter la participation des États-Unis et de se focaliser sur une lutte plus intensive contre Daech et contre d’autres groupes terroristes, sans se laisser distraire par la guerre civile en Syrie et les besoins de construction nationale ou de l’avancée de la démocratie ».

 

Une nouvelle approche de lutte contre le terrorisme international pourrait supposer une coordination avec la Russie et la Turquie, lit-on dans l’article. Ainsi, outre l’appel à des « nouveaux partenaires », ce qui probablement comprend une coordination avec la Russie, « Trump a également demandé des recommandations pour modifier les règles d’engagement existantes qui seront même plus strictes que l’exigent les normes internationales ».

En outre, dans le cadre de l’élaboration du nouveau projet de lutte contre Daech, les autorités américaines concernées devront évaluer la pertinence de la réalisation du programme de la CIA de trois ans sur la préparation et l’entraînement des combattants de l’opposition syrienne modérée. Au cours des dernières semaines, les groupes de l’opposition se sont plaints que leurs filières d’approvisionnement avaient été suspendues, même si il n’était pas clair de savoir si cette pause est temporaire ou si l’administration a déjà pris sa décision finale d’arrêter les livraisons.

 

INTERNATIONAL/ 22:07 23.02.2017/

 

https://fr.sputniknews.com/international/201702231030212975-usa-lutte-antiterroriste-projet/

 

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8 – Une nouvelle structure antiterroriste au sein de l’Onu

 

Afin d’optimiser les efforts des Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme international, le secrétaire général de l’Onu a proposé de créer un nouveau Bureau chargé de ces dossiers. Il regrouperait les activités de plusieurs structures déjà existantes au sein de l’organisation. Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a proposé, lors d’une réunion informelle de l’Assemblée générale des Nations Unies, de créer un nouveau Bureau chargé de la lutte contre le terrorisme avec à sa tête un Secrétaire général adjoint, annonce le service de presse de l’Organisation.

 

Ce Bureau comprendrait l’actuel Bureau de l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme (CTITF) et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT) qui dépendent du Département des affaires politiques. Ces changements ne concerneraient pas l’actuelle Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (CTED), mandaté par le Conseil de sécurité, et qui ne serait pas supervisée par le nouveau Bureau chargé de la lutte contre le terrorisme.

 

« Le seul objectif est d’améliorer l’efficacité et non pas de modifier les différents mandats dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Le CTED continuera de fournir des analyses et des rapports au Conseil de sécurité », a souligné M. Guterres.

 

Selon lui, l’activité du nouveau Bureau viendrait en soutien et en complément de l’activité des États membres de l’Onu dans ce domaine : « Cette proposition de créer un nouveau Bureau pour la lutte contre le terrorisme ne porte pas atteinte à la souveraineté nationale des États membres. Toutes les activités du nouveau Bureau se feraient en appui et à la demande des États membres, qui ont la responsabilité première de mettre en œuvre la Stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme des Nations Unies », a insisté le secrétaire général de l’Onu.

 

INTERNATIONAL/ 08:11 23.02.2017/ (mis à jour 08:33 23.02.2017/

 

https://fr.sputniknews.com/international/201702231030204277-onu-lutte-terrorisme/

 

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9 – INDONESIE/ ISLAM : L’INDONESIE, BASE-ARRIÈRE DE DAECH ?

 

L’Indonésie a déjà connu des attaques terroristes islamistes, mais un assaut coordonné par une équipe de tireurs et de kamikazes, c’est sans précédent. Il rappelle les attaques de Bombay en 2008 qui avaient fait 188 morts, et plus récemment, les attaques de Paris en novembre dernier et leurs 130 morts. Le plus grand Etat musulman du monde pourrait bien devenir le centre de l’attention des jihadistes qui souhaitent en faire une tête de pont régionale de Daech. Un nombre record d’Indonésiens seraient partis en Syrie faire le jihad avec diverses milices sunnites, et des groupes islamistes indonésiens ont déjà ouvertement fait campagne pour Daech.

 

D’autres pays d’Asie du Sud-Est font face à la même menace terroriste d’inspiration Etat islamique. En septembre, la police malaisienne a déjoué un complot qui prévoyait de faire exploser des bombes dans le quartier touristique de Bukit Bintang. Les forces de sécurité malaisiennes ont aussi récemment déjoué plusieurs attaques de bases militaires où les terroristes prévoyaient de s’emparer de stocks d’armes. Aux Philippines, ces dernières semaines, quatre groupes terroristes islamiques ont joint leurs forces pour devenir un poste avancé de Daech. Parmi ces groupes, l’organisation Abou Sayyaf que l’on croit être la tête pensante de nombres d’attaques perpétrées en Asie du Sud-Est cette dernière décennie.

 

En Thaïlande, l’attentat de Bangkok en août dernier qui a tué 20 personnes dans un temple hindou dont 14 étrangers, serait l’oeuvre de groupes séparatistes. L’enquête est toujours en cours…

La force de Daech ne réside pas seulement dans son aptitude à inspirer des sympathisants, mais aussi dans sa capacité à capitaliser sur des attaques commis par d’autres, sans lien direct avec le groupe. Depuis que Daech a lancé sa “guerre mondiale”, le groupe terroriste a cherché à prouver qu’il pouvait frapper partout dans le monde. Les récentes attaques tendent hélas à prouver que c’est vrai…

Entretien avec Omar Hamid : Pour en savoir plus sur ces attaques en Indonésie, l’expert Omar Hamid, du IHS, spécialisé dans les risques terroristes en Asie du Sud a répondu aux questions du journaliste Nial O’Reilly.

 

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_ Pourquoi Etat islamique ou ses alliés attaquent-ils l’Indonésie ?

. Omar Hamid :  “L’Indonésie a toujours été un pays où il y avait des tensions et des frictions considérables en ce qui concerne le militantisme islamique. Ceci dit, l’Indonésie a très bien réussi à gérer cela, notamment des années 2002 à 2009 où il y a eu un pic d’attaques terroristes dans le pays. Le gouvernement était alors capable de gérer le problème de manière efficace, ce qui a mené à un déclin des attaques dans les années qui ont suivi. Mais, malgré tout, les composantes de base de l’insurrection islamiste et du militantisme sont restées. Et l’on a vu un nombre croissant d’Indonésiens partir et prendre part à la guerre en Irak et en Syrie au nom d’Etat islamique, et vous verrez que certains d’entre eux reviendront en Indonésie avec de nouvelles capacités…“

 

_ Est-ce une alliance de convenance entre les groupes locaux et Daech ? Partagent-ils les mêmes grands objectifs d’Etat islamique ou bien ont-ils leur propre agenda ?

. Omar Hamid : “Fondamentalement, dans un pays comme l’Indonésie, la conduite de ces groupes est dictée par le contexte local. Bien sûr, des groupes locaux vont trouver une complémentarité avec des groupes transnationaux comme Etat islamique ou Al-Qaïda. Il y aura toujours certains points communs, mais leur agenda sera dicté par des impératifs locaux.“

 

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_ Y-a-t-il un risque de contagion ? Y-a-t-il un risque pour que Daech propagent ses activités ailleurs dans la région ?

. Omar Hamid : “_Le risque n’est pas tant de voir Daech venir s’implanter directement en Asie du Sud-Est. Le risque premier est que dans nombre de pays d’asie du sud-est, y compris l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, des gens qui sont allés combattre avec des jihadistes d’Etat islamique en Irak et en Syrie reviennent dans leur pays, et cela ne va pas se produire forcément tout de suite, mais cela peut se produire à moyen terme, dans les cinq prochaines années. Et ces gens vont revenir avec des capacités de nuisance d’un niveau bien plus élevé que les militants islamistes actuels de ces pays. Il vont presque agir comme un facteur multiplicateur. 

 

En fait, si vous voulez faire un parallèle historique, c’est très similaire à ce qui s’est passé à la fin de l’invasion soviétique de l’Afghanistan à la fin des années 80 et au début des années 90, où beaucoup de ceux qui avaient combattu en Afghanistan sont rentrés dans leur pays comme les Philippines et l’Indonésie, et ont rapporté un ensemble de compétences plus élevées, ce qui a conduit à la fin des années 90 et au début des années 2000, aux premiers mouvements d’insurrections terroristes très actifs dans ces pays._”

 

Dernière MAJ:14/01/2016

 

http://fr.euronews.com/2016/01/14/l-indonesie-base-arriere-de-daech

 

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