MONDE/ USA/ CRISES ET VIOLENCES : ces ennemis intérieurs qui entretiennent les violences et les crimes (drogues, narcotrafics, criminalité, violences policières, injustice, pauvreté et inégalités…)

Publié le 25 septembre, 2016 0 Commentaire »
MONDE/ USA/ CRISES ET VIOLENCES : ces ennemis intérieurs qui entretiennent les violences et les crimes (drogues, narcotrafics, criminalité, violences policières, injustice, pauvreté et inégalités…)

 

0.1 – « USA/ ces ennemis intérieurs qui entretiennent les violences et les crimes sont pluriels. ce sont : criminels de la drogue, drogues et narcotrafics non contenus, criminalité urbaine, populations noires otages de criminels noirs dans les cités pauvres, violences institutionnelles, criminels légaux des armes (port d’armes), violences et incompétences policières, injustice, pauvreté et inégalités, diverses inégalités économiques, dépenses faramineuses et somptuaires de leadership contre pauvreté structurelle des minorités, racismes, etc. »

 

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0.2 – «  USA/ La police américaine a tué plus de 1.100 civils en 2015 : C’est une première aux Etats-Unis, cette année les bavures policières ont été comptabilisées. Et le chiffre est inquiétant. Plus de 1.100 civils ont été tués par la police américaine en 2015. La gâchette facile : Pour la première fois aux Etats-Unis, les bavures policières ont été comptabilisées de façon indépendante sur toute une année: avec plus de 1.100 civils tués, cet inquiétant bilan 2015 confirme l’urgence de réformer les modes d’intervention des forces de l’ordre. » 

 

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0.3 – « USA/ Crimes et violences : Les homicides ne traversent pas les lignes raciales : 86 % des Noirs sont tués par des Noirs, 75 % des Latinos par des Latinos, 55 % des Blancs par des Blancs. Les Noirs aujourd’hui à New York ont plus de chance d’être tués que lorsqu’ils partaient pour le Vietnam. Le taux de victimisation est dix fois plus élevé pour les Noirs que pour les Blancs (entre 15 et 44 ans) et cinq fois supérieur pour les Noires que pour les Blanches. Ces données brutes n’expliquent pas la réalité des faits. De nombreux Américains redoutent de dénoncer à la police ce dont ils ont été victimes : selon un sondage, une famille sur trois aurait subi un acte criminel grave. »

 

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(Scène de film/ pour illustration)

 

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1 – La police américaine a tué plus de 1.100 civils en 2015

 

C’est une première aux Etats-Unis, cette année les bavures policières ont été comptabilisées. Et le chiffre est inquiétant. Plus de 1.100 civils ont été tués par la police américaine en 2015.

 

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_ La gâchette facile.

Pour la première fois aux Etats-Unis, les bavures policières ont été comptabilisées de façon indépendante sur toute une année: avec plus de 1.100 civils tués, cet inquiétant bilan 2015 confirme l’urgence de réformer les modes d’intervention des forces de l’ordre. La dernière affaire plus qu’embarrassante pour les autorités s’est déroulée samedi à Chicago : appelés pour une simple dispute familiale, des agents en patrouille ont apparemment eu la gâchette facile, abattant un homme de 19 ans et sa voisine, mère de cinq enfants. Le premier, Quintonio LeGrier, brandissait une batte de base-ball et souffrait de troubles psychiatriques et la deuxième, Bettie Jones, n’a selon ses avocats fait qu’ouvrir sa porte. 

 

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_ Plus de 1.100 personnes tuées.

De telles fusillades sont fréquentes en Amérique. Deux journaux, l’édition américaine du Guardian et le Washington Post, ont donc tenu leur propre recensement en 2015, année charnière en raison de la multiplication de vidéos – amateur ou embarquées par les policiers – à la source de scandales fracassants.

 

Selon The Counted, le site du Guardian, 1.130 personnes ont été tuées par la police au jour de jeudi, que ce soit par balle, par Taser, renversées par un fourgon ou en garde à vue. Le Washington Post, qui ne compte que les personnes tuées par balle, avait lui jeudi un bilan de 979 civils tués par la police. Ces morts se partagent en trois catégories: ils étaient armés et donc représentaient une menace, ils souffraient de troubles mentaux ou suicidaires, ou ils étaient en train de fuir une interpellation. Dans la majorité des cas où les policiers ont abattu un agresseur armé, cet individu était blanc, souligne le quotidien. Mais la question de l’origine ethnique est bien centrale pour les cas où le danger était moindre, précise-t-il: les hommes noirs, qui constituent seulement 6% de la population américaine, représentent 40% des personnes non armées abattues par les policiers.

 

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_ Abus policiers contre les Noirs.

De son côté, le FBI rend public seulement son recensement des “homicides justifiés”, soit les criminels tués dans le cadre de la loi par les forces de l’ordre. En 2014, le bilan officiel avait été de 444 personnes. Mais le vent tourne, face à l’ampleur des bavures et sous la pression notamment du mouvement Black Lives Matter, à la pointe des dénonciations d’abus policiers contre des Noirs. La ministre américaine de la Justice Loretta Lynch a lancé une étude pilote en estimant que des données statistiques complètes étaient “cruciales pour la transparence et l’attribution des responsabilités”.

 

31 décembre 2015/ Modifié à 18h17, le 31 décembre 2015

 

http://www.europe1.fr/international/la-police-americaine-a-tue-plus-de-1100-civils-en-2015-2643267

 

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2 – Etats-Unis : nouvelles violences à Charlotte, l’état d’urgence décrété

 

Des militaires de la garde nationale sont arrivés en renfort pour contenir les manifestants qui dénoncent l’homicide d’un Afro-Américain mardi.

Les autorités américaines s’efforçaient, jeudi 22 septembre, d’endiguer la flambée de violences dans la ville de Charlotte (Caroline du Nord), où les militaires de la garde nationale sont arrivés en renfort pour contenir les manifestants qui dénoncent la mort de Keith Lamont Scott, un Afro-Américain de 43 ans abattu mardi par un policier. « Nous avons maintenant les ressources permettant de protéger les infrastructures et d’être nettement plus efficaces », a déclaré Kerr Putney, le chef de la police de cette ville du sud-est des Etats-Unis.

 

Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nouvelles violences avaient éclaté entre les forces de l’ordre et des manifestants. Quarante-quatre personnes ont été interpellées et l’état d’urgence a été décrété par le gouverneur de l’Etat, Pat McCrory. « Nous ne pouvons pas tolérer la violence. Nous ne pouvons pas tolérer la destruction de propriétés et nous ne tolérerons pas les attaques contre nos policiers qui se produisent en ce moment », a-t-il déclaré sur CNN.

 

Le recours à l’imposition d’un couvre-feu était également envisagé par les autorités locales après cette deuxième nuit de violences, au cours de laquelle un manifestant a été très grièvement blessé par balle et deux policiers ont subi des blessures mineures à l’œil. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène contre plusieurs centaines de protestataires qui leur faisaient face dans le centre de la ville.

 

Manifestants contre policiers mercredi soir à Charlotte

 

_ Agent suspendu en attendant l’enquête

Mardi, la manifestation, d’abord pacifique, avait déjà pris un tour « plus agressif » avec « des agitateurs », qui ont commencé par « endommager des voitures de police et lancer des pierres sur des agents », selon M. Putney. Seize membres des forces de l’ordre avaient été blessés ainsi qu’un nombre indéterminé de manifestants.

 

Selon la police, M. Scott a été mortellement blessé par balle alors qu’il refusait de lâcher son arme de poing. Ses proches affirment au contraire qu’il n’avait qu’un livre à la main. Le policier qui a abattu la victime a été identifié comme Brentley Vinson, un agent lui-même noir. Il a été suspendu en attendant les résultats d’une enquête administrative. Il faisait partie d’un groupe de policiers mandatés pour arrêter un suspect.

 

Keith Lamont Scott, qui n’était pas la personne recherchée, se trouvait dans une voiture sur un parking d’immeuble. Les agents lui ont ordonné à plusieurs reprises de lâcher son arme, selon la police. « En dépit de ces sommations orales, il est sorti de son véhicule une arme à la main », a relaté le chef de la police.

La maire (démocrate) de Charlotte, Jennifer Roberts, a appelé les habitants de la ville au calme. « Une enquête complète va être menée », a-t-elle promis. La ministre de la justice, Loretta Lynch, a de son côté fait savoir mercredi que ses services étudiaient les informations relatives à la mort de Keith Lamont Scott. L’American Civil Liberties Union, une puissante association américaine de défense des libertés, a enfin demandé à la police de rendre publique au plus vite une vidéo des faits, si elle existe.

 

LE MONDE/ 22.09.2016 / Mis à jour le 22.09.2016 /

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/22/etats-unis-un-mort-lors-de-manifestations-a-charlotte_5001585_3222.html

 

Du sang sur le sol après qu'un manifestant a été blessé par balles à Charlotte lors de nouvelles émeutes.

 

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3 – “Comment éviter de se faire tuer par la police aux États-Unis”, par nos collègues du HuffPost américain

 

ÉTATS-UNIS – Si jamais vous résidez sur le sol américain, vous courez le risque de finir sous les balles d’un policier. Peu importe que vous habitiez un endroit que vous considérez comme sûr: il n’existe aucune corrélation entre le taux de criminalité d’une ville et les tirs des policiers, qui peuvent survenir n’importe où, d’Honolulu à Oklahoma en passant par Washington. Après avoir vu Alton Sterling et Philando Castile mourir aux mains des forces de l’ordre cette semaine, nos collègues du HuffPost américain ont souhaité vous dresser un bref récapitulatif afin d’éviter de vous faire tuer par la police. Voici leur guide, en deux étapes.

 

Une manifestation contre les violences policières à New York, le 7 juillet 2016.

 

3.1. Ne soyez pas noir

Selon le Washington Post, la police a abattu 990 personnes aux États-Unis en 2015, soit une toutes les huit ou neuf heures. Ces tirs meurtriers laissent loin derrière eux les pires années de lynchage (dont 161 Afro-Américains avaient été victimes en 1892) et de peine capitale que nous ayons connues. Cette année, nous sommes en bonne voie pour dépasser les chiffres de 2015, avec 509 tirs mortels imputables aux policiers au moment où nous écrivons cet article.

 

Les hommes noirs en sont les principales victimes. L’enquête du Washington Post a révélé qu’ils constituaient 40% des victimes non armées tuées par la police l’an passé, alors même qu’ils ne représentent que 6% de la population. Après avoir également examiné les chiffres de 2015, le Guardian a signalé que les jeunes noirs de sexe masculin étaient neuf fois plus susceptibles que les autres Américains d’être tués par la police.

 

Le Washington Post indique que “dans la majorité des cas où la police a abattu une personne qui en avait attaqué une autre à l’aide d’une arme ou en brandissant un pistolet, l’assaillant-e était blanc-he. En revanche, un nombre exorbitant –trois sur cinq– de personnes tuées par les forces de l’ordre après avoir fait preuve d’un comportement bien moins menaçant étaient noires ou hispaniques”. L’article ajoute qu’un quart des victimes présentaient des troubles mentaux ou étaient en crise.

Chaque fois que l’on évoque les violences policières, il y en a pour rappeler les statistiques selon lesquelles les personnes noires commettent davantage de crimes que les personnes blanches.

 

La réalité est bien plus complexe. Si les statistiques du FBI suggèrent que les Afro-Américains sont plus enclins à être reconnus coupables de crimes violents, c’est parce que ce derniers sont arrêtés, déclarés coupables et condamnés partout dans le pays de façon disproportionnée. Une enquête a révélé que la moitié des Afro-Américains interrogés, dont 60% des hommes, disaient avoir été traités injustement par la police en raison de leur couleur de peau, contre 3% des personnes blanches. Il est également prouvé que, à crime équivalent, les Américains noirs sont plus sévèrement punis que leurs compatriotes blancs.

 

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3.2. Envisagez de vous installer dans un autre pays

Au cours des 24 premiers jours de 2015, plus de gens sont morts sous les balles de la police aux États-Unis qu’au cours des 24 dernières années en Angleterre et au Pays de Galles. Ce n’est qu’un exemple. Que ce soit en raison de notre penchant pour les armes à feu, de notre crainte que tous ceux qui nous entourent en aient une, ou du manque de formation des policiers, un grand nombre d’Américains ne s’étonnent plus de la violence armée manifeste entre civils et policiers. Les confrontations violentes entre citoyens et représentants de l’ordre ne se déroulent pas vraiment de la même manière dans beaucoup d’autres démocraties développées.

 

Un mois seulement après les attentats du 13 novembre en France, des officiers de police londoniens se sont retrouvés face à un suspect armé d’un couteau qui menaçait de les tuer. Après avoir demandé à celui-ci de baisser son arme, ils l’ont maîtrisé à l’aide d’un Taser. La même semaine, un incident similaire s’est produit à San Francisco, mais l’issue n’a pas été la même pour le suspect:

 

L’année dernière, du 1er janvier au 1er septembre, une seule personne a été abattue par la police au Royaume-Uni. Aux États-Unis, sur la même période, les policiers en ont tué 776. Comme Jerome Karabel, professeur à l’université de Berkeley (Californie), le faisait remarquer à l’époque : Un tel niveau de violence policière serait tout simplement inimaginable dans n’importe quelle autre démocratie développée: en 2012, en Allemagne, sept personnes au total ont été tuées par la police. En Angleterre, on n’en a dénombré une seule sur la période 2013-2014. Quant au Japon, un pays de 126 millions d’habitants où la culture de la non-violence est aussi forte que celle de la violence aux États-Unis, il n’a connu aucun décès suite à des violences policières ces deux dernières années.

 

Et si vous pensez qu’il y a plus de chances que la police tire sur des civils dans les zones à forte criminalité, vous vous bercez d’illusions. L’association Campaign Zero, qui milite contre les violences policières, ne fait état d’aucune corrélation entre brutalités policières et violence dans les quartiers.

 

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“Pour nous, la question est très simple. On entend constamment les mêmes arguments, sans preuves ni données pour les appuyer. Certains persistent à dire que si la police tue un grand nombre de gens –en particulier des Afro-Américains–, c’est parce que les victimes vivent dans des quartiers à forte criminalité et sont elles-mêmes potentiellement impliquées dans des activités criminelles”, expliquait l’an dernier Samuel Sinyangwe, un membre du comité organisateur de Campaign Zero.

 

Dans le même temps, les policiers ne sont que rarement mis en examen pour meurtres par balle, même si davantage de plaintes ont été déposées ces dernières années, depuis que les civils enregistrent les altercations grâce à leurs smartphones. Sur les rares officiers de police accusés de meurtre dans les dix dernières années, un tiers seulement ont été reconnus coupables. Les Afro-Américains de 2016 ne peuvent que se demander pourquoi ils sont pris pour cible. Bien sûr, devoir porter une arme et faire régner l’ordre dans sa communauté n’est pas une tâche facile.

 

“On apprend aux policiers américains à se préparer à voir les personnes qu’ils interpellent sortir une arme, qu’il s’agisse d’un cambriolage ou d’une simple contravention. Toute confrontation est potentiellement mortelle”, déclare Bill Johnson, directeur exécutif de l’Association nationale des organisations policières, au HuffPost. “Ces hommes et ces femmes ne viennent pas d’une autre planète. Ce sont vos voisins, les jeunes auprès de qui vous avez grandi. Ils s’efforcent de gérer de leur mieux une mission très difficile”. C’est sans doute vrai, mais cela ne justifie en rien la mort de ces deux hommes –et de bien d’autres– aux mains de personnes dont le devoir est de les protéger.

 

Cet article, publié à l’origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Catherine Biros et Guillemette Allard-Bares pour Fast for Word.

 

The Huffington Post / Par Andy Campbell / Publication: 10/07/2016 12h18 CEST Mis à jour: 10/07/2016 12h18 CEST /

 

http://www.huffingtonpost.fr/2016/07/10/police-etats-unis-eviter-de-se-faire-tuer-conseils_n_10913008.html

 

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4 – Fusillade de Dallas : le suspect tué avec un « robot-bombe », une première aux Etats-Unis

 

Après avoir été encerclé plusieurs heures, un sniper suspecté d’avoir tiré sur des policiers a été tué par un robot télécommandé porteur d’une bombe, vendredi 8 juillet à Dallas, au Texas. Une première pour les forces de l’ordre américaines, qui alimente la controverse sur la militarisation croissante des polices locales.

Micah Xavier Johnson, un réserviste noir de l’armée américaine de 25 ans, a été présenté par les autorités comme celui qui a fait cinq morts et sept blessés dans les rangs de la police, et tué deux civils, jeudi soir à Dallas, à la fin d’une manifestation organisée pour dénoncer la mort de deux Noirs tués cette semaine par la police. Il avait dit aux policiers que des explosifs avaient été disposés « partout » dans le centre-ville de cette ville texane.

 

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_ « Pas d’autre choix »

Le maire de Dallas, Mike Rawlings, a expliqué que la police avait laissé au suspect la possibilité de se rendre ou de rester retranché. Ce dernier a choisi la seconde possibilité. « Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’utiliser notre robot piégé, et de placer un dispositif dans son prolongement afin de le faire exploser là où était le suspect », a dit le chef de la police de Dallas, David Brown. Toute autre option qu’une explosion télécommandée pour neutraliser Micah Johnson « aurait fait courir un grand danger aux policiers », a-t-il expliqué, sans donner plus de précisions sur l’engin utilisé.

 

L’inventaire de l’équipement des services d’urgence de la ville montre qu’ils disposent d’un robot Northrop Grumman Andros, conçu pour les équipes de démineurs et l’armée. Selon des médias américains, cet engin a pu être employé dans l’opération de Dallas. Ce robot est « conçu pour contrer un large éventail de menaces, dont des véhicules piégés », selon le site de Northrop.

Les forces de l’ordre américaines ont déjà fait usage de machines télécommandées pour aider à l’arrestation d’un suspect, mais pas pour tuer, estiment des experts. De tels engins sont le plus souvent utilisés pour désamorcer des bombes sans risquer de vies humaines. « C’est la première fois qu’un robot est utilisé de cette façon par la police », a assuré sur Twitter Peter Singer, de la fondation New America, un groupe de réflexion spécialisé notamment dans les questions de sécurité. Ce spécialiste des méthodes modernes de combat a précisé qu’un appareil baptisé Marcbot « a été employé de la même façon par les troupes en Irak ».

 

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_ Une militarisation controversée

Au moins 451 robots désamorceurs de bombe ont été distribués par le Pentagone depuis 2005 aux services de police fédéraux et locaux, selon une évaluation faite par Reuters. Selon une estimation du Drone Center, à l’université de Bard College, à New York, plus de 200 services de police locaux, fédéraux ou au niveau des Etats, se sont vus attribuer au moins un robot pour engin explosif dans le cadre du déstockage organisé au Pentagone.

 

Le transfert d’équipement militaire à des services de police civils dans le cadre de ce programme, dit « programme 1033 », a été réexaminé à la suite de la mort, en août 2014, de Michael Brown, tué par un agent de la police de Ferguson, dans le Missouri. Les manifestations déclenchées par la mort du jeune homme avaient été encadrées, et parfois perturbées, par une police fortement armée, dont les véhicules blindés et autres engins militaires avaient alarmé de nombreux observateurs. Le président Barack Obama avait pris dans la foulée un décret pour réduire le programme. Certains types de véhicules blindés, notamment, ne peuvent plus être distribués à la police, et cette dernière doit justifier ses besoins en matière de drones, d’hélicoptères, et autres équipements anti-émeutes.

Depuis l’entrée en vigueur du décret, le 1er octobre 2015, les services de police locaux ont rendu 126 véhicules blindés à roues, 138 lance-grenades et 1 623 baïonnettes, énumère la porte-parole de l’agence de logistique de la défense, Michelle McCaskill.

 

Utilisés dans l’armée américaine, où ils transforment le visage de la guerre depuis plusieurs années déjà, les robots aux armes létales semblent toutefois voués à être de plus en plus employés par les forces de l’ordre. Une évolution qui ne fait pas l’unanimité : l’ONG Human Rights Watch et l’organisation International Human Rights Clinic, qui dépend de l’université de Harvard, s’inquiétaient ainsi dans un rapport en 2014 du recours à ces engins, qui « ne sont pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l’empathie, qui permettent à la police d’éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues ».

 

Le Monde.fr avec AFP / 09.07.2016/ Mis à jour le 09.07.2016/

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/07/09/des-policiers-tuent-un-suspect-avec-un-robot-bombe-une-premiere-aux-etats-unis_4966946_3222.html

 

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5 – Noirs contre Blancs : les chiffres de la discrimination aux Etats-Unis

 

La décision d’un jury populaire de ne pas poursuivre un policier blanc responsable de la mort d’un jeune Noir à Ferguson a provoqué une flambée d’indignation aux Etats-Unis. Les chiffres de la discrimination, qui ont peu changé en 60 ans, expliquent pourquoi le terreau est fertile.

 

Ils avaient le tort d’être Noirs. Walter Scott, abattu par un policier blanc en Caroline du Sud, samedi. Rumain Brisbon, tué par un policier dans l’Arizona, en décembre. Des policiers responsables de la mort d’hommes sans arme, Michael Brown à Ferguson et Eric Garner à New York blanchis par la justice. Un adolescent de 12 ans, Tamir Rice, abattu alors qu’il jouait avec un faux pistolet à Cleveland. Le biais racial de la police américaine envers les Afro-américains provoque l’indignation outre-atlantique. Il montre que la discrimination est loin d’avoir disparu, dans presque tous les domaine de la vie publique. En voici quelques exemples. 

 

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_ La population

Les Afro-Américains représentaient 13,6% de la population lors du dernier recensement de 2010, selon le Bureau des statistiques américain, en légère hausse par rapport à 2000 (12,9%). Ces chiffres incluent les personnes “d’une ou plusieurs races”, selon la classification en vigueur aux Etats-Unis. On peut en effet être répertorié comme Noir et Hispanique dans les statistiques américaines. La proportion de Noirs pourrait atteindre 15% en 2060, selon des prévisions du bureau de recensement.

 

Pourcentage de la population par "race" en 2012 et projections pour 2060

(Pourcentage de la population par “race” en 2012 et projections pour 2060)/

 

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_ Les bavures policières

Les récentes bavures en Arizona, à New York, Cleveland et Ferguson mettent en relief la disproportion qui frappe les Noirs dans les bavures policières ou les cas de personnes tuées par les forces de sécurité. Les jeunes hommes noirs tués par la police sont 21 fois plus nombreux que les jeunes hommes blancs, selon une étude du site d’investigation ProPublica. Le site du magazine Mother Jones prend pour exemple les personnes tuées par des policiers à New York entre 2000 et 2011 :  

 

 

 

 

 

 

_ La justice

C’est l’un des domaines où les discriminations sont les plus flagrantes. Les Noirs constituent 40% de la population carcérale (pour 13,6% de la population). Dans le même temps, les Blancs non hispaniques, qui comptent 64% de la population représentent 39 % de la population carcérale, rappelle le site Prison policy project.  

 

Proportion de la population carcérale

(Proportion de la population carcérale/ Prison policy Project)

 

Un écart qui se retrouve aussi dans le couloir de la mort. Depuis 1976, 34% des condamnés à mort exécutés étaient des Noirs, selon le Centre d’information sur la peine de mort

 

Ratio des Noirs exécutés depuis 1976

(Ratio des Noirs exécutés depuis 1976/ Deathpenaltyinfo.org)

 

Les disparités raciales liées au taux de criminalité ne suffisent pas à expliquer pas cet écart, relève The Atlantic. Les statistiques fédérales montrent que 84% des victimes blanches et 93% des victimes noires entre 1980 et 2008 ont été assassinés par quelqu’un de la même couleur. Pourtant, bien que près de la moitié des victimes d’homicide sont des Noirs, plus de trois quarts des victimes des condamnés à mort exécutés depuis 1976 sont des Blancs

 

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_ L’économie

Les Noirs sont largement plus pauvres que les Blancs. 27,2% des Afro-Américains sont sous le seuil de pauvreté, contre 15% pour l’ensemble des Américains. 

Le revenu médian est de 33 321 dollars pour une famille afro-américaine en 2012 contre 51 017 pour la moyenne de la population. L’écart vis-à-vis des autres catégories de la population n’a guère changé depuis les années 1960, comme le montre ce tableau de l’US Census bureau. 

 

Le revenu médian des Noirs reste toujours largement invférieur à celui de l'ensemble de la population.

(Le revenu médian des Noirs reste toujours largement invférieur à celui de l’ensemble de la population./ US Census Bureau)

  

Le taux de chômage chez les Africains-Américains est le double de celui des Blancs : 13,4% contre 6,7% en 2013, selon l’institut Pew Research. Si le taux d’activité a connu des hauts et des bas en fonction de la conjoncture, l’écart n’a quasiment pas varié en 60 ans. 

 

Le taux de chômage des Noirs est deux fois plus élevé que celui des Blancs.

(Le taux de chômage des Noirs est deux fois plus élevé que celui des Blancs./ Pew research)

 

 

_ La santé

Sans surprise, un plus grand taux de pauvreté induit des inégalités en termes de santé. Quelques exemples. Les Afro-Americains avaient, en 2009, le taux le plus élevé de mort par crise cardiaque, d’AVC, de cancer et de diabète, selon le Centre de prévention des maladies (CDC).  

Malgré un léger resserrement de l’écart, les Afro-américains vivent toujours moins longtemps que le reste de la population. L’espérance de vie moyenne à la naissance atteignait 78,7 ans en 2010, contre 75,1 ans pour les Noirs.  

 

L'espérance de vie aux Etats-Unis

(L’espérance de vie aux Etats-Unis/ CDC)

 

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_ L’éducation

Les adultes afro-américains étaient moins nombreux à avoir obtenu un diplôme à la fin du lycée (80%) que les Blancs (90%) en 2005. Un rapport paru en mars dernier soulignait la perpétuation de ces déséquilibres. Le cercle vicieux de la discrimination est renforcé par les faiblesses de l’encadrement scolaire: les étudiants noirs ont quatre fois plus de probabilité de fréquenter des écoles dont moins de 60% des enseignants ont le niveau et les diplômes requis, selon des statistiques du Département de l’Education

 

Plus grave, les inégalités se perpétuent en raison d’une véritable ségrégation spaciale. Les Africains-Américains sont plus nombreux à vivre dans des villes pauvres. Or les budgets d’éducation dépendent pour l’essentiel des collectivités locales. L’Amérique d’Obama a encore du chemin à parcourir. 

 

Par Catherine Gouëset, publié le 25/11/2014/ Mis à jour le 08/04/2015

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/noirs-contre-blancs-les-chiffres-de-la-discrimination-aux-etats-unis_1625824.html

 

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6 – États-Unis : les candidats face aux violences policières

 

Après la mort d’un homme noir tué par un policier à Charlotte, Trump soutient la police, tandis qu’Hillary Clinton dénonce les discriminations. Des scènes d’émeutes devenues presque banales : pour la troisième nuit consécutive dans la ville de Charlotte aux États-Unis, la communauté noire est en colère fait face aux forces de l’ordre. Ici comme ailleurs en Amérique, un même scénario : un homme noir abattu par la police et des manifestants qui dénoncent une bavure.

 

 

_ Donald Trump du côté des policiers

L’exaspération est à son comble, car depuis deux ans, les brutalités policières ne cessent de faire la Une de l’actualité. Face aux violences policières contre les noirs, Donald Trump a choisi le camp des forces de l’ordre. Le candidat à la présidentielle réclame même le retour aux fouilles inopinées en l’absence de tout délit, une pratique aujourd’hui interdite. Hillary Clinton préfère dénoncer les discriminations envers la communauté afro-américaine, qui déplore cette année 170 décès liés à des tirs policiers.

 

Franceinfo/ 23 septembre 2016/

 

https://fr.news.yahoo.com/%C3%A9tats-unis-candidats-face-violences-polici%C3%A8res-202259371.html

 

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7 – Silence de la NRA après les récentes bavures policières aux Etats-Unis

 

Aux Etats-Unis, il y aurait plus d’armes à feu en circulation – soit 357 millions en 2013 – que d’habitants (318 millions). Ce ratio explique en partie l’accumulation toujours plus importante d’incidents liés à l’existence de cet arsenal. Il y a d’abord les chiffres : 7 088 morts et 14 600 blessés en 2016, selon le groupe indépendant Gun Violence Archive. Les tueries de masse, comme celles de l’école de Sandy Hook (Massachusetts) en 2012, de San Bernardino (Californie) en 2015 ou d’Orlando (Floride) en 2016, sont les plus médiatisées. Ce sont les arbres qui cachent une forêt d’incidents, de drames quotidiens, de meurtres anonymes ou d’accidents tragiques au cours desquels des individus meurent ou se blessent.

 

Le bruit des armes s’est de nouveau imposé aux médias américains en cette fin de semaine. Avant que cinq policiers soient tués par un tireur isolé à Dallas, jeudi 7 juillet dans la soirée, deux bavures policières, filmées, avaient eu lieu.

 

_ Le 5 juillet, à Bâton Rouge, en Louisiane, Alton Sterling, 37 ans, est tué de plusieurs balles dans le dos et la poitrine alors qu’il est au sol. La police avait reçu un appel anonyme d’une personne disant qu’elle avait été menacée par un homme ayant un pistolet. La victime avait bien une arme sur elle, mais elle était dans sa poche au moment où les policiers ont tiré.

 

_ Le 6 juillet, à Falcon Heights, dans le Minnesota, Philando Castile, 32 ans, est tué de quatre balles alors qu’il est dans sa voiture avec sa femme et sa fille de 4 ans. Les policiers ont cru qu’il voulait prendre une arme, alors qu’il cherchait son portefeuille.

 

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_ Pas compatibles avec le « storytelling » du lobby

Dans les deux cas, les victimes étaient des trentenaires noirs. Dans les deux cas, ils étaient en possession d’une arme à feu et cela a été la principale raison qui a incité les policiers à tirer. Alton Sterling et Philando Castile n’avaient pourtant rien fait d’illégal au regard de la loi de leur Etat respectif. La Louisiane (un des Etats les plus laxistes en matière de contrôle) autorise le port d’arme caché sans licence, et le Minnesota l’autorise avec un permis, que possédait M. Castile, selon sa famille.

Il s’agissait, a priori, de deux citoyens américains usant des droits que leur confère le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui autorise la possession et le port d’arme pour se défendre. Il s’agit de la pierre angulaire de toutes les positions défendues par la National Rifle Association (NRA), le lobby pro-armes américain.

 

Or la NRA, si prompte à dénoncer toute ingérence dans les droits d’acheter ou de porter librement une arme, est restée totalement silencieuse après les deux morts. Un « no comment » qui en dit long sur le véritable positionnement de l’organisation, constatent plusieurs analyses de la presse américaine. Pour Esquire : « Alton Sterling exerçait les droits que lui donnait le deuxième amendement, de la même façon que la NRA et leurs bruyants apologistes suggèrent que nous le fassions tous. La différence est que nous ne sommes pas tous noirs. »

Salon est plus ironique envers le manque de cohérence de la NRA : « Ces affaires ne devraient-elles pas constituer une grossière injustice aux yeux des membres de la NRA ? Ils vont sûrement organiser des actions, écrire à leurs élus, exiger du ministère de la justice une assurance que chaque Américain ait le droit de porter une arme sans craindre d’être abattu par la police. Non ? »

 

Depuis le 6 juillet, la NRA n’a pas souhaité commenter les deux affaires. Sur les réseaux sociaux, ses comptes ne diffusent et ne relaient que des histoires et faits divers qui sont compatibles avec le storytelling qu’elle entend imposer, note ThinkProgress : « Un propriétaire armé qui fait fuir un cambrioleur en Pennsylvanie, un homme qui a arrêté un voleur avant l’arrivée de la police. » Le silence de la NRA conforte le constat auquel arrive le New Yorker : « Le gospel de l’arme en tant qu’outil d’autodéfense s’adresse à la classe moyenne blanche. »

 

LE MONDE/ 08.07.2016 / Mis à jour le 09.07.2016/ Par Luc Vinogradoff

 

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/07/08/le-silence-de-la-nra-apres-les-recentes-bavures-policieres-aux-etats-unis_4966561_4832693.html

 

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8 – Aux Etats-Unis, le rêve américain n’est pas fait pour les Noirs

 

Quartiers pauvres, éducation dégradée, jobs précaires, moindre accès à la propriété… La majorité des Noirs sont pris dans un cercle vicieux que l’élection d’Obama n’a pas fait disparaître. Il aura fallu la mort de Michael Brown, jeune Noir abattu par un policier blanc à Ferguson (Missouri) le 9 août, pour rappeler au monde entier que la question raciale aux Etats-Unis est un problème loin d’être réglé. Un demi-siècle après le mouvement des droits civiques et la fin des “Jim Crow Laws”, lois de ségrégation qui remontaient à la seconde moitié du XIXe siècle, quelle est la situation sociale et économique des Afro-Américains ?

 

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_ Surreprésentés dans les prisons

Les protestations qui ont suivi la mort de Michael Brown visaient le fonctionnement de la police et de la justice. Des institutions loin d’être impartiales, dans un pays ou la justice est avant tout raciale : le taux d’incarcération des Noirs est aujourd’hui 7 fois supérieur à celui des blancs. Un homme afro-américain sur 3 connaît un épisode de prison au cours de sa vie.

 

A la suite de la “War on Drugs” (guerre contre la drogue) engagée à partir des années 1970, la justice états-unienne s’est lancée dans une répression totale des crimes liés à la drogue. Début 2000, la population carcérale a augmenté de 700%. Dans le même temps, le nombre de Noirs emprisonnés pour consommation de drogue a explosé : malgré un taux de consommation légèrement plus faible, les Noirs de 18 à 25 ans sont mis en prison, dans certains Etats, presque 10 fois plus souvent pour possession de drogue que leurs homologues blancs. Le résultat “de pratiques policières qui ciblent les quartiers défavorisés, et des délits de faciès des forces de police”, estime Michael Tonry, professeur de criminologie à l’Université du Minnesota. 

 

Cette “mass incarceration” (emprisonnement de masse) de la population noire a des conséquences : de retour dans la société, les anciens prisonniers se voient dans certains Etats déchus de leurs droits civiques, exclus des aides sociales et des aides au logement, et leur casier judiciaire conduit à leur discrimination légale sur le marché de l’emploi. Ils quittent donc les barreaux de leurs cellules pour être enfermés derrière des barrières socio-économiques. “Citoyens de seconde zone”, selon l’expression de la sociologue Michelle Alexander, auteur du best-seller “The New Jim Crow”.

 

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_ Surreprésentés parmi les pauvres

L’écart entre le salaire annuel moyen d’un blanc et celui d’un Noir a beau avoir diminué, l’écart de richesse moyenne (et donc le patrimoine moyen), lui, s’est maintenu. Les Noirs n’ont que peu profité de la croissance économique et ont accédé à la classe moyenne dans un moindre mesure que les blancs. Le sociologue Thomas Shapiro a ainsi démontré en 2011 qu’un foyer noir est en moyenne 90% moins riche qu’un foyer blanc. Principale explication : très peu de familles noires sont propriétaires d’un logement. 

 

Les Afro-Américains accumulent moins de richesse au cours de leur vie en partie parce qu’ils sont discriminés sur le marché du travail, ce qui de fait réduit considérablement leur mobilité économique. Devah Pager, professeure à Harvard, explique par exemple qu’un blanc avec un casier judiciaire a plus de chance d’être rappelé pour un entretien professionnel qu’un Noir qui n’a jamais eu affaire à la justice.

 

De plus, la pauvreté aux Etats-Unis est concentrée dans les quartiers noirs. Dans les dix plus grandes villes des Etats-Unis, 84% des Noirs vivant sous le seuil de pauvreté résident dans un quartier pauvre, alors que seuls 30% des blancs également sous le seuil de pauvreté habitent un milieu défavorisé. 

 

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_ Scolarisés dans un système dégradé

Aux taux d’incarcération élevés et à la concentration de la pauvreté, s’ajoute un système éducatif défaillant. Comme les écoles aux Etats-Unis sont principalement financées par les collectivités locales et que les Noirs habitent très souvent dans des villes bénéficiant de faibles ressources fiscales, l’éducation qu’ils y reçoivent est moins performante que dans d’autres comtés plus prospères. Moins de moyens pour étudier, effectifs pléthoriques, détecteurs de métaux à l’entrée…

 

L’environnement est souvent plus répressif qu’éducatif. C’est dans ces établissements que les taux d’expulsion administrative sont les plus élevés. Et pour ceux qui finissent le lycée, le coût d’inscription dans les universités (en moyenne 21.200 euros par an pour une université privée et 15.000 euros pour une université publique) représente une barrière difficilement surmontable sans se couvrir de dettes. La discrimination positive (en anglais “affirmative action”) a bien essayé de faciliter l’accès au secondaire, mais avec peu de réussite : nombre d’Etats ont bloqué l’application efficace de mesures visant à augmenter le nombre de minorité dans les universités en prenant appui sur la Constitution, qui assure l’égalité de traitement de chaque citoyens. 

 

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_ Inégaux face à la mort

“Quand la vie d’un Noir vaudra-t-elle autant que la vie d’un blanc ?”, a-t-on entendu dans les rues de Ferguson. Aux Etats-Unis, plus que dans aucun autre pays occidental, les inégalités de santé sont avant tout des inégalités sociales et raciales. Comme le remarquent deux épidémiologistes européens, Johannes Siegrist et Michael Marmot, “la position dans la hiérarchie économique a une forte corrélation avec les taux de mortalité”. 

 

Cette réalité s’étend au pays tout entier. En 1980, un Noir vivait en moyenne 7 années de moins qu’un blanc ; en 2000 ce chiffre passait à 8,3 années pour ensuite redescendre à un peu moins de 5 années en 2010. Des efforts ont été accomplis, mais l’injustice demeure puisque les Noirs vivent non seulement moins longtemps, mais aussi dans des conditions moins bonnes. Beaucoup d’Afro-Américains vivant dans des régions industrielles, ils sont davantage exposés aux risques environnementaux. Mais ce sont surtout les modes de vie – consommation alimentaire, d’alcool ou de tabac -, eux-mêmes très liés aux caractéristiques sociales, qui ont des conséquences néfastes sur l’espérance de vie. 

 

Baptiste Fassin/ Le Nouvel Observateur/ L’Obs/ Publié le 23 août 2014/

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140822.OBS6987/aux-etats-unis-le-reve-americain-n-est-pas-fait-pour-les-noirs.html

 

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9 – Les formes modernes de la violence urbaine aux Etats-Unis

 

La description précédente pourrait s’appliquer point par point (bien que le terme carnaval soit peut-être excessif pour rendre compte du caractère jubilatoire et ludique du défoulement collectif), aux émeutes raciales des années 1960, à celles de Miami en 1980 de Los Angeles et de San Francisco en 1992, mais également aux émeutes de Brixton en Grande-Bretagne au début des années 1980 et à celles des banlieues françaises au début de la décennie suivante. A la différence près que les lignes d’identification dans les mobilisations émeutières américaines révèlent toujours une forte homogénéité ethnique et territoriale et que d’autres facteurs interviennent désormais pour distinguer la violence urbaine américaine en altérer l’ampleur, la nature, les modes d’expression et les causes.

 

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_ L’ampleur

C’est une idée américaine que les villes connaissent des cycles de vie et que, comme Detroit, lorsqu’elles ” rouillent ” dans la FrostBelt, il faut les abandonner tels les Grecs brûlant leurs vaisseaux derrière eux (les habitants de Jérusalem ou de Rome apprécieront). Dans les villes que les Américains aisés ont déserté (seuls 12 % de la population vit dans les 24 métropoles de plus de 500 000 habitants), le nombre d’homicides, de viols, d’attaques à main armée a plus que doublé en trente ans. Les statistiques de 1991 ont dépassé celles de 1990 avec 25 000 homicides recensés par le FBI, chiffre jamais atteint, soit une moyenne de 400 homicides par semaine. Soit plus du double de la France. Selon un rapport du département de la Justice émis par le Bureau des statistiques judiciaires, les taux d’homicide pour 100 000 habitants sont quatre à cinq fois plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe ; les viols le sont sept fois plus, les vols à main armée quatre à dix fois plus.

 

Quant à la petite délinquance, elle est deux fois plus répandue, elle aussi, qu’en Europe. Si, selon les statistiques officielles, un passager sur 595.000 se fait agresser dans le métro parisien, les chances de l’être sont huit fois plus élevées à New York où le métro fonctionne jour et nuit et traverse des kilomètres de quartiers dévastés. Dans toutes les grandes villes, sur dix ans, la criminalité est en augmentation : de 56 % à Boston, de 28 % à Philadelphie, Chicago, Miami, Oakland. A Washington, on a recensé plus de 8 000 homicides chez les Noirs en 1991 et à New York plus de 3 000 viols et 68 000 agressions “.

 

Tandis que 24 Américains étaient tués pendant la guerre du Golfe, dans le même temps 52 Américains étaient assassinés à Dallas. En trois jours d’émeutes raciales à Los Angeles, 58 personnes ont perdu la vie, soit plus qu’à St. Louis en 1917 (48 morts), qu’à Detroit en 1967 (43 morts) et qu’à Watts en 1965 (34 morts). Le bilan de Los Angeles donne plus de deux mille trois cents blessés et un milliard de dollars de dommages (selon les agents d’assurances) “.

 

Outre ces événements sporadiques, près de trois millions d’actes criminels et de violence se produisent chaque année dans les écoles américaines (dont 12 % sont des attaques à main armée). La mortalité par l’usage d’armes à feu chez les jeunes Américains est passée de 14 % en 1984 à 43% aujourd’hui. 39 % des jeunes vivant dans les métropoles ont déjà assisté à des échanges de coups de feu. 35 000 jeunes se rendent habituellement à l’école avec une arme et l’homicide devient la seconde cause de mortalité chez les jeunes Américains.

Ces statistiques doivent être nuancées. Non seulement certaines villes, quartiers, stations de métro sont plus propice à la violence que d’autres , mais certains groupes sont plus prédisposés à l’exprimer ou en en être victimes : les chômeurs, les jeunes, les Noirs.

 

Les homicides ne traversent pas les lignes raciales : 86 % des Noirs sont tués par des Noirs, 75 % des Latinos par des Latinos, 55 % des Blancs par des Blancs. Les Noirs aujourd’hui à New York ont plus de chance d’être tués que lorsqu’ils partaient pour le Vietnam. Le taux de victimisation est dix fois plus élevé pour les Noirs que pour les Blancs (entre 15 et 44 ans) et cinq fois supérieur pour les Noires que pour les Blanches. Ces données brutes n’expliquent pas la réalité des faits. De nombreux Américains redoutent de dénoncer à la police ce dont ils ont été victimes : selon un sondage, une famille sur trois aurait subi un acte criminel grave.

 

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_ Les modes d’expression de la violence

Hormis l’expression par l’émeute et le feu à laquelle ont recours les communautés noires et latinos pour riposter aux provocations racistes dont elles sont l’objet, celle de la violence-rupture, nouvelle stratégie d’expression lorsqu’il n’y a plus d’espoir de se faire entendre autrement qu’une arme à la main jusqu’à l’autodestruction à laquelle se livre une grande partie de la jeunesse noire contemporaine par le truchement de la drogue, la manifestation collective et individuelle de la violence est protéiforme et se nourrit d’elle-même.

Les New-Yorkais blancs qui ont passé les vingt premières années de leur vie dans cette ville, soit de 1934 à 1955, par exemple, disent qu’alors ils ne se souciaient pas de leur sécurité personnelle, tandis qu’il existe quelque chose de spécifique, de différent et d’effrayant dans la vie urbaine américaine d’aujourd’hui.

 

Certes des groupes ont recours à la violence pour une cause précise (un verdict inique), pour mobiliser leurs ressources ou accroître leurs gains. Mais dans la plupart des cas, ce n’est pas en vue d’une riposte, de demandes de formes de protection ou de sanction, comme ce fut le cas à l’époque du mouvement pour les droits civils, puis du Black Power, que surgit la violence. Elle est plutôt devenue chez les jeunes des centres villes un style de vie à base de pulsions qui autorisent à tuer pour une dent en or convoitée, pour une commande de cheeseburgers bâclée, pour un soda.

 

Parfois le meurtrier dit avoir tiré au hasard, parce qu’il en avait envie, mais il s’agit plutôt de la mise en action d’un des trois ressorts qui sont à l’origine de la violence : la peur devant une situation inconnue ou devant des personnes perçues comme des assaillants potentiels, le défi qu’on se lance à soi, l’envie d’améliorer son image de dur vis-à-vis des autres.

 

Sophie Body-Gendrot

 

https://conflits.revues.org/647

 

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10 – USA : Gangs, Mafia et politique

 

Dans les quartiers à forte criminalité, les gangs qui tiennent les rues sont, dans la majorité des cas, connus des habitants, ils sont l’émanation des quartiers populaires. New York compte 50 gangs avec 5.000 membres (de 9 à 40 ans), Chicago, 125 avec 12 500 membres ; Dallas 225 gangs, mais le record est battu avec les 600 gangs de Los Angeles qui regrouperaient quelques 70 000 jeunes, ce qui expliquerait en partie le déchaînement de violence dont la ville a fait l’objet au début du mois de mai 1992.

 

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La tradition d’insertion dans un gang urbain est ancienne. A l’époque de la Frontière, les gangs pillaient les diligences et attaquaient les saloons. Avec les vagues d’immigration, ils se sont dirigés vers le désert urbain et de chaque groupe ethnique a émané des formations de gangs. La célèbre étude de F. Trasher en dénombre 1300 à Chicago dans les années 1920.

 

A Los Angeles, un charpentier de 47 ans, père de quatre enfants, affirme : “bien que je n’aime pas tous ces coups de feu qui font partie intégrante des gangs, je suis fier que mes fils appartiennent au gang (X) car cela maintient la tradition familiale ; mon père en faisait déjà partie. Cela est dans la tradition du quartier et ce n’est pas aussi mal que les médias veulent bien le dire. Le gang a aidé notre quartier et quant à la violence, eh bien, je ne m’en fais pas parce que, c est comme s’ils étaient dans l’armée, il se pourrait qu’ils soient tués, mais ça tient à la Providence car avec la vie, va la chance.

Rationalisation, résignation ? Ce témoignage entérine l’image de valeureux guerriers que se donnent les gangs. Pour certains, les gangs sont la seule expérience affective qu’ils aient jamais eue. En faire partie correspondrait dans d’autres cultures à l’engagement chez les scouts ou aux jeunesses communistes.

 

Pour qui ne les connaît que par le truchement des médias, il est impossible de comprendre l’essence des actes de violence perpétrés par les gangs et l’absence de remords après les forfaits les plus violents. Or dans ces quartiers populaires, la violence est un état naturel et nécessaire à la survie. Elle sert à maintenir la crédibilité de l’individu, à le protéger des exactions perpétrées par ses clients, sa bande, ses voisins. Elle doit être systématique et répétitive de manière à établir une réputation. La violence est monnaie courante dans un monde hobbesien où les habitants sont en état de guérilla permanente pour s’approprier les moindres ressources. Telles des mafias, les gangs exercent un contrôle territorial sur des zones que l’appareil d’Etat ne cherche plus à contrôler.

 

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La violence est d’autant plus dure à supporter qu’une partie de la population exerce un travail tout en habitant dans un quartier où règne une forte insécurité. Mais pour le gang, la violence est la monnaie de son économie, avec toutefois des contraintes imposées dans son usage, de peur de représailles, de souffrances, et en raison d’un code de conduite assez vague faisant référence au respect et à l’honneur. Des rituels guerriers pour exorciser la peur donnent aux membres des gangs le sentiment de leur invulnérabilité et de leur immortalité. Interviewés, les jeunes membres des gangs évoquent à tout propos ceux des leurs qui sont “tombés” pour le gang dix ou vingt ans plus tôt, constituant de ce fait une histoire orale mythique qui anesthésie la peur de la mort et ses représentations.

 

L’action des gangs commence par des mesures routinières de représailles contre des gangs voisins appartenant à d’autres ethnies, Italiens, Irlandais, Africains-Américains, Coréens, Chicanos détenteurs de territoires et des ressources convoitées. Si la répression tarde à venir, si le pouvoir “flotte” comme dans le cas de Los Angeles, leur rituel de violence dépasse la limite des quartiers minoritaires, elle prend un tour symbolique, de portée “thérapeutique”, visant la destruction des propriétés matérielles voire des vies des Blancs, témoins d’un rêve inaccessible.

 

“Quand on se sent frustré, l’avantage de se défouler dans un autre quartier, c’est qu’on s’éclate sans peur de représailles à quoi cela servirait de changer sa frustration en anxiété ?” s’exclame Kite, membre d’un gang jamaïcain à New York. “J’ai défoncé le pare-brise de la Jaguar de ce Blanc, de ce fils à papa. J’ai lancé une brique dessus parce que je hais ces enculés. Ils ont tout parce qu’ils sont blancs et que leurs pères se font du fric en vampirisant les autres. Je vais vous dire, cela me fait du bien de leur en faire baver un peu. (Portoricain, New York)”.

 

Sophie Body-Gendrot

 

https://conflits.revues.org/647

 

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11 – USA : Les nouvelles causes de la violence

 

Criminalité, gangs, drogue et armes à feu sont liés. Les guerres de gangs ont fréquemment pour objet le contrôle du trafic de stupéfiants. Selon l’enquête sur la toxicomanie réalisée par le Département de la santé et des ressources humaines (HHS), les Etats-Unis consomment 60 % de la production mondiale de drogue, soit 13 millions de foyers toxicomanes en 1990 (on en dénombre 150 000 en France), 4,5 millions de cocaïnomanes et 750 000 héroïnomanes. Non seulement les Etats-Unis consomment, mais ils sont devenus les seconds producteurs de marijuana. Il y a donc là un marché lucratif que le syndicat du crime n’est plus seul à contrôler. De plus en plus de jeunes s’adonnent à ce commerce, parce que l’économie de la drogue est le seul employeur et le seul pourvoyeur de ressources dans ces quartiers abandonnés des investisseurs et des institutions.

 

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Prenons l’exemple de Milwaukee. Entre 1979 et 1986, 50 000 emplois ont été supprimés dans l’industrie, et les premiers touchés ont été les Afro-Américains : ils travaillaient à 40 % dans le secteur secondaire en 1980, dans les ghettos noirs ils ne sont plus qu’un quart à avoir ce type de travail en 1989. Près de la moitié d’entre eux et les deux tiers de leurs enfants sont désormais dépendants de l’assistance publique (welfare). Dans ces conditions, la coupure naturelle avec le gang qui s’opérait vers l’âge de vingt ans, âge d’entrée dans la vie active ne se fait plus, les plus âgés restent là, s’impliquent dans les activités illégales et y entraînent les plus jeunes. Leur modèle n’est ni Jesse Jackson ni Martin Luther King mais Al Capone. Le gang devient dysfonctionnel pour le quartier. Les plus jeunes, grâce à l’argent de la drogue, forment les nouveaux chefs de famille. La drogue leur procure à la fois des revenus et des raisons de vivre.

 

Comme le note le sociologue Ph. Bourgois, ils partagent une idéologie, des valeurs et des symboles qui sont partie intégrante d’une culture de rue exclue du reste de la société américaine et de son économie mais qui en sont aussi l’émanation. Ces parias, en fait, n’acceptent pas d’être relégués au fond d’une ornière. Ils utilisent tous les moyens, tout comme les chefs d’industrie au tournant du siècle et comme les Golden Boys de Wall Street aujourd’hui pour gagner rapidement de l’argent, se donner une image de durs, structurer leur vie. Mais, c est ce processus même contre et à l’intérieur du système qui exacerbe le traumatisme de leur communauté et détruit annuellement par la violence qu’il engendre des centaines de vie à l’échelon individuel.

 

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Les gangs sont armés. L’accès des gangs aux armes les plus sophistiquées est sans aucun doute la cause principale du taux d’homicide élevé des Etats-Unis. La dernière livraison des fabricants de Floride propose des armes particulièrement légères pour les enfants et imperméables aux empreintes digitales. La vente des armes militaires semi-automatiques d’attaque a décuplé en deux ans, après les émeutes de Los Angeles, les armuriers de la ville en ont vendu quatre fois plus qu’à l’accoutumée. Il y a aujourd’hui presqu’ autant d’armes que d’adultes aux Etats-Unis. Or, 60 % des meurtres se font par armes à feu.

 

La technologie facilite l’attrait psychologique des jeunes pour les armes. Biggie, Chicano de 16 ans s’en explique : “Je me souviens quand le gang m’a demandé pour la première fois de descendre quelqu’un. J’étais tendu, mais j’avais ce pistolet automatique et quand j’ai commencé à tirer, mon vieux, c’est devenu facile. C’est pour ça que c’est si facile, c’est rapide et il n y a rien de personnel comme quand on utilise un couteau. Eh, tu sais ce qui me plaît, quand je porte ce pistolet, c’est qu’on te respecte qui que tu sois ou quelle que soit ta taille (Biggie fait 1,60 m), cela remet tout à niveau”.

 

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Certes, dans la vie quotidienne, la fonction des gangs est d’assurer la défense du territoire, de se poster aux coins des rues, de repérer tout mouvement suspect ; ils agissent comme des “pairs vigiles” contre les prédateurs, les spéculateurs, les parasites de leur quartier. Mais inversement, des débordements pathologiques peuvent se produire, tenant à la guerre des gangs. En 1988, à Los Angeles, les Crips et les Bloods (145 sections) se sont mis à tirer de leur voiture au hasard comme pour signifier aux habitants de certains quartiers que leurs gangs étaient inaptes à les protéger.

 

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Les habitants n’ont pas tardé à faire exceptionnellement appel à la police, tant le niveau de tension intra-communautaire entre les familles pauvres détentrices d’emploi et les gangs de l’underclass était devenu intolérable. Sans appui des institutions communautaires de quartier, églises, travailleurs sociaux qui se trouvent désormais à la périphérie des ghettos, les habitants n’avaient d’autres ressources que de s’armer, appeler la police ou déménager. Cette guerre, en effet, avait causé des centaines de morts et de blessés. Mais les opérations de police à large envergure (“sweep”) sont rares, car la police se sert des gangs pour obtenir un certain nombre d’informations sur la vie de la rue et les gangs ne sont pas sans coopérer à la corruption de certains membres de la police. D’où un ajustement mutuel, des “transactions collusoires”, selon l’expression de M. Dobry, plutôt qu’un véritable contrôle.

 

Sophie Body-Gendrot

 

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Avis des internautes

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